Élections britanniques: les scénarios envisageables

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À deux jours d'un scrutin qui s'annonce particulièrement serré, tous les scénarios semblent possibles le soir du 7 mai. Majorité? Minorité? Coalition? Parlement suspendu? Voyons voir.

Que disent les sondages?

Aux dernières nouvelles, les deux camps se trouvaient à égalité, avec environ 270 sièges chacun, le reste se divisant entre le SNP (entre 50 et 59 sièges, selon les maisons de sondage), les libéraux-démocrates (15), le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) (5), Plaid Cymru (3), les Verts et les partis d'Irlande du Nord (DUP et Sinn Fein). On serait ainsi dans une situation de Parlement minoritaire, ou de «Parlement sans majorité» (hung Parliament), comme disent les Britanniques.

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C'est le nombre de sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Chambre des communes, où l'on compte 650 sièges. Pour le moment, aucun des deux grands partis (travailliste et conservateur) ne semble en voie d'atteindre ce chiffre magique.

Que se passe-t-il dans ce cas?

Si aucun parti n'obtient la majorité, le premier ministre sortant, en l'occurrence David Cameron (conservateurs), a le premier mandat de former un gouvernement. Il peut former un gouvernement minoritaire, avec l'appui ponctuel de petits partis, ou former une coalition avec un autre parti, comme ce fut le cas en 2010 entre les conservateurs (qui avaient remporté 307 sièges) et les libéraux-démocrates (57). S'il ne parvient pas à former ce gouvernement, où qu'il est défait par un vote de non-confiance, il doit remettre sa démission à la reine. Le chef du principal parti de l'opposition - le travailliste Ed Miliband, dans ce cas - serait à son tour invité à former un gouvernement minoritaire ou une coalition.

À quoi s'attendre?

Tous les scénarios sont possibles, mais certains sont plus probables que d'autres. Les conservateurs pourraient former une nouvelle coalition avec les libéraux-démocrates, mais ces derniers sont en voie de s'effondrer (on ne leur prédit pas plus d'une quinzaine de députés), et le tandem serait encore à court de sièges. L'UKIP, parti europhobe et anti-immigration, pourrait rejoindre le groupe, mais ne pourrait pas faire la différence s'il ne remporte que les cinq ou six sièges annoncés. Les chefs des deux partis (Cameron et Nigel Farage) ont en outre écarté cette option, leurs différends étant bien connus. Le DUP d'Irlande du Nord (Democratic Unionist Party), à qui l'on prédit environ neuf sièges, et dont les vues réactionnaires sont bien connues (homophobie, antiavortement, créationnisme), pourrait aussi faire partie de l'équation, en cas de nécessité.

Et l'autre scénario?

Cameron ne parvient pas à former son gouvernement et doit céder la place aux travaillistes. Le chef du Labour Ed Miliband a ouvertement rejeté l'option d'une alliance avec le Parti national écossais (SNP). Mais ce serait probablement sa seule chance de former un gouvernement, puisque le SNP détiendra vraisemblablement la balance du pouvoir avec sa cinquantaine de sièges ou plus. Ce front de gauche pourrait en outre réunir les Verts (un à trois sièges) et le Plaid Cymru gallois (entre trois et cinq sièges). Les libéraux-démocrates pourraient se joindre à cette alliance «arc-en-ciel», en cas de non-avenue avec les conservateurs. Tout comme le DUP irlandais qui, bien que radicalement à droite, serait «ouvert à toutes les propositions», selon la politologue Nicola McEwen.

Et après?

Si aucune alliance ne fonctionne, de nouvelles élections seront déclenchées. Si, en revanche, un gouvernement est formé, il faudra s'attendre à cinq années divertissantes à Westminster. Dans une Chambre des communes aussi fragmentée, les compromis seront sans doute aussi nombreux que les différents programmes. À suivre.

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