Une fusillade au tribunal de Milan fait trois morts

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Peu après les tirs, des ambulances et de nombreux policiers étaient présents devant le tribunal, dont les accès étaient bloqués et l'évacuation en cours.

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Amélie HERENSTEIN
Agence France-Presse
MILAN

Un homme poursuivi pour faillite frauduleuse a ouvert le feu jeudi matin au tribunal de Milan, provoquant la mort de trois personnes, dont un juge et un avocat.

Les tirs ont également fait deux blessés, l'un dans un état grave après avoir été touché à l'abdomen et un autre blessé à une cuisse.

«Ce n'est pas la première fois que cela arrive, mais ce doit être la dernière», a lancé le chef du gouvernement, Matteo Renzi, alors que les assassinats de magistrats ont marqué l'histoire récente de l'Italie.

Évoquant un drame «incompréhensible et très grave», M. Renzi a répété qu'il était «impensable de pouvoir entrer dans un tribunal avec une arme» et promis que «toutes les enquêtes nécessaires» seraient menées.

Selon le procureur de Milan, Edmondo Bruti Liberati, les détecteurs de métaux aux entrées du complexe fonctionnaient tous, mais il est possible que le tireur ait utilisé l'entrée des avocats, magistrats et membres du personnel du tribunal, exemptés de détecteur.

Âgé de 57 ans, il comparaissait pour la faillite en 2008 d'une agence immobilière dont il était l'un des propriétaires. Selon l'agence Ansa, il a déclaré aux enquêteurs avoir voulu «se venger de ceux qui l'avaient ruiné».

Il a d'abord ouvert le feu dans la salle d'audience au troisième étage du tribunal, tuant un avocat qui avait renoncé à le défendre, avant de descendre au deuxième étage tuer le juge dans son bureau.

Un troisième homme a été retrouvé mort, mais son corps ne portait pas de trace de tirs, selon les secours, ce qui laissait plutôt envisager une crise cardiaque provoquée par la panique.

Alors que les forces de l'ordre le pensaient encore caché dans l'immense complexe du tribunal, l'homme s'est enfui à moto, mais sa plaque d'immatriculation a été repérée par le réseau de vidéosurveillance et il a été arrêté à Vimercate, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Milan, a expliqué le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

Selon le ministre, il était «prêt à tuer d'autres personnes à Vimercate». Conduit à une caserne des carabiniers, il a fait un malaise et a été conduit à l'hôpital.

«Un peu paranoïaque»

Un avocat, Valerio Maraniello, a raconté à l'AFP l'avoir défendu pendant un an, avant d'y renoncer parce que ce dernier ne suivait pas ses conseils.

«J'étais l'avocat de ce monsieur, avec un collègue (celui tué jeudi, NDLR)», a-t-il expliqué. «C'était un client particulier, une personne agressive, un peu paranoïaque, il était toujours convaincu qu'on cherchait à l'avoir».

Anna Bernasconi Deluca, journaliste de l'agence OmniMilano, se trouvait dans l'atrium devant la salle où a eu lieu la fusillade.

«J'ai entendu au moins quatre coups de feu et j'ai vu des gens fuir de la salle», a-t-elle raconté à l'AFP. «Apparemment, il a d'abord tiré sur son avocat, puis il s'est tourné vers le public et a tiré sur ses co-accusés».

Après de longues minutes de confusion, les forces de l'ordre ont invité les femmes à évacuer le bâtiment, situé dans le centre historique de Milan, avant de faire sortir les hommes en contrôlant leur identité et leurs affaires.

Jeudi matin, un sommet de sécurité avait lieu à Milan, en présence de ministres et de hauts responsables, en vue de l'Exposition universelle qui doit accueillir des millions de visiteurs à Milan à partir du 1er mai.

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les failles dans les mesures de sécurité.

«Je suis très inquiet», a ainsi lancé Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord. «Si l'on a le même niveau de sécurité à l'Expo, j'imagine ce que peuvent envisager des terroristes potentiels».

«Il y a un temps pour tout», a répliqué M. Renzi en appelant à ne pas «instrumentaliser les événements» et en assurant que le pays n'était pas «plongé dans un état de terreur généralisée».

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