En quatre mots: Le Pen contre Le Pen

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Marine et Jean-Marie Le Pen, à Lyon, le 29 novembre dernier.

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(PARIS) Entre Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, parti d'extrême droite devenu la troisième force politique en France, et sa fille Marine, l'actuelle présidente du FN, les mésententes sont fréquentes et publiques. Mais une interview donnée par Jean-Marie Le Pen, figure historique d'une certaine extrême droite française, au journal Rivarol a définitivement déterré la hache de guerre. Décryptage.

Rivarol

Jean-Marie Le Pen a choisi, pour déclarer les hostilités à sa fille, un média ami: Rivarol. Fondé par des nostalgiques du régime de Vichy (régime collaborationniste et fasciste dans la France non occupée par les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1945), le journal reste fidèle à une ligne de pensée d'extrême droite traditionnelle. Rivarol a soutenu Jean-Marie Le Pen pendant sa carrière politique, mais beaucoup moins sa fille, accusée de vider le parti de sa substance. «Le journal est très hostile à Marine Le Pen, car elle s'écarte du pétainisme et de l'extrême droite traditionnelle pour dédiaboliser et ratisser large», dit l'historien des médias Patrick Eveno à l'hebdomadaire français Le Point.

Collaboration

Dans cette entrevue, Jean-Marie Le Pen revient sur une obsession: la Seconde Guerre mondiale. Condamné il y a près de 30 ans par la justice française pour avoir qualifié les chambres à gaz de «détail» de l'histoire, Le Pen récidive. «Je ne suis pas homme à changer d'avis ni à ramper [...] J'ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l'âge de 18 mois», dit-il. Il réhabilite aussi le maréchal Pétain (tête dirigeante du régime de Vichy), avec qui «l'on a été très sévère à la Libération». «Je n'ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître à la nation», poursuit-il. Rien de nouveau, mais la provocation fonctionne.

Opposition père-fille

La réaction de Marine Le Pen n'a pas tardé: son père, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié sur le site du Front national, prend le parti en otage, «entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique». Hier, la benjamine de Jean-Marie Le Pen, qui a mis en place une véritable stratégie de normalisation de son parti en se tenant loin des écarts de langage et provocations dont Le Pen est coutumier, a laissé sa colère exploser dans les médias français. Ses proches sont aussi montés au créneau.

Rupture

Pour la première fois, Marine Le Pen a aussi annoncé qu'elle s'opposerait à ce que son père, âgé de 86 ans, soit sur la liste des candidats du Front national lors des élections régionales de la fin de l'année. L'opposition est donc totale, bien que certains observateurs voient, dans ces déchirements, un spectacle destiné uniquement à contenter la base historique du Front national, échaudée par sa «modernisation». «La boucle ne sera vraiment bouclée que quand le bureau politique du FN - et pas Marine Le Pen ou Floriant Philippot à titre personnel - dira quelle est la ligne officielle du mouvement, sur le maréchal Pétain et d'autres questions», dit le politologue Jean-Yves Camus au Monde.

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