Mort de Litvinenko: un «suicide par accident»

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Dans une lettre dictée sur son lit de mort, Litvinenko a accusé le président Vladimir Poutine d'avoir commandité son meurtre. Le Kremlin, qui refuse d'extrader les deux principaux suspects, a toujours nié cette accusation.

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Agence France-Presse
MOSCOU

L'opposant russe Alexandre Litvinenko, décédé en 2006 à Londres, n'a pas été assassiné, mais s'est empoisonné lui-même «par accident» au polonium, a assuré mercredi l'un des principaux suspects de son meurtre, Dmitri Kovtoun.

L'homme d'affaires russe Dmitri Kovtoun est recherché par la police britannique qui le soupçonne d'avoir empoisonné l'opposant russe avec la complicité d'un ancien agent secret, Andreï Lougovoï, en versant dans son thé du polonium-210, substance radioactive extrêmement toxique et quasiment indétectable.

Mais le suspect a affirmé mercredi aux journalistes russes que M. Litvinenko était malade avant sa rencontre avec les deux hommes dans un hôtel londonien.

«Litvinenko m'avait dit qu'il ne pouvait rien manger parce que, la nuit précédant son terrible empoisonnement, il était en train de vomir toute la nuit et avait appelé une ambulance», a raconté M. Kovtoun, qui ne peut pas quitter la Russie, car étant sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

«Cela prouve notre innocence totale, cela prouve qu'il avait déjà été en contact avec du polonium, peut-être même plusieurs jours avant notre rencontre», a-t-il ajouté.

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L'homme d'affaires russe Dmitri Kovtoun.

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L'homme d'affaires se dit «plus que certain que Litvinenko avait eu affaire à du polonium sans même le savoir». Pour lui, sa mort ressemble à un «suicide par accident».

«La question reste de savoir où il a trouvé du polonium», a-t-il remarqué.

En mars, M. Kovtoun avait créé la surprise en demandant à être entendu, s'il obtient le statut de «participant central», ce qui lui permettra d'avoir accès aux preuves réunies par la police de Londres.

Jusqu'ici, il avait refusé, comme M. Lougovoï, de participer de quelque manière que ce soit à l'enquête, qui se penche sur la possible implication du gouvernement russe dans le meurtre.

«Si je n'obtiens pas ce statut, je ne participerai pas», a martelé M. Kovtoun aux journalistes. Dans le cas contraire, il sera interrogé par vidéo le 27 juillet, sans quitter le territoire russe.

Première victime connue d'un «assassinat radioactif», M. Litvinenko est décédé le 23 novembre 2006, après trois semaines de longue agonie.

Dans une lettre rédigée sur son lit de mort, Alexandre Litvinenko, ex-agent des services secrets russes, avait accusé le président Vladimir Poutine d'avoir commandité son meurtre, ce que Moscou a toujours nié.

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