Turquie: polémique sur la maternité qualifiée de «carrière»

Habitué des déclarations à l'emporte-pièce, M. Erdogan s'est... (Photo Turkish Presidential Press Service, AP)

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Habitué des déclarations à l'emporte-pièce, M. Erdogan s'est lui aussi illustré récemment par une série de sorties sur le même thème qui ont outré les féministes.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

La polémique lancée par le président islamoconservateur turc Recep Tayyip Erdogan sur la place «naturelle» des femmes a rebondi vendredi en Turquie après une sortie de son ministre de la Santé jugeant que la maternité était leur seule «carrière» possible.

À la faveur jeudi d'une tournée des premiers bébés de l'année dans les maternités d'Istanbul, le ministre a dispensé quelques conseils à leurs mères.

«Les mères ne doivent pas mettre d'autres carrières que la maternité au centre de leur vie. Élever de nouvelles générations doit être au centre de leurs préoccupations», a lancé Mehmet Müezzinoglu cité par les médias turcs.

Ces déclarations ont suscité une volée de critiques sur les réseaux sociaux.

«La maternité n'est pas une carrière», a réagi sur son compte Twitter l'écrivaine à succès Eli Safak, «les femmes turques doivent décider elles-mêmes de leur chemin dans la vie (pas se la faire imposer par des hommes politiques)».

Une députée de l'opposition, Aylin Nazliaka, a pour sa part suggéré à M. Müezzinoglu «d'arrêter de parler». «Il a des motifs cachés derrière ces déclarations. Leur but est de faire des femmes des citoyennes de seconde zone», a-t-elle écrit sur Twitter.

Droit dans ses bottes, le ministre de la Santé a réitéré ses propos vendredi.

«La maternité n'est pas une carrière ouverte à tous (...) c'est une carrière indiscutable et sacrée», a-t-il insisté devant la presse.

Habitué des déclarations à l'emporte-pièce, M. Erdogan s'est lui aussi illustré récemment par une série de sorties sur le même thème qui ont outré les féministes.

Fin novembre, il avait jugé l'égalité homme femme «contre nature» et souligné que l'islam avait «défini une place pour les femmes: la maternité». Le mois dernier, le chef de l'État, qui milite fermement pour que les femmes aient au moins trois enfants, avait également comparé la contraception à une «trahison».

M. Erdogan, qui a dirigé le gouvernement pendant onze ans avant son élection à la présidence en août dernier, est régulièrement accusé par ses détracteurs de vouloir islamiser la société turque, en limitant notamment le droit des femmes.

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