L'ex-otage Lazarevic de retour en France

L'ex-otage Serge Lazarevic serre le président François Hollande... (PHOTO BERTRAND GUAY, AFP)

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L'ex-otage Serge Lazarevic serre le président François Hollande dans ses bras lors de son retour en sol français, le 10 décembre.

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Juliette MONTESSE, Hervé ASQUIN
Agence France-Presse
BASE AÉRIENNE DE VILLACOUBLAY, France

«La vie est belle de retrouver la liberté», a lancé Serge Lazarevic, dernier otage français dans le monde arrivé à Paris mercredi matin, après plus de trois ans de captivité au Sahel aux mains d'Al-Qaïda et dont la libération est entourée de questions.

L'ex-otage a été accueilli peu après 7 h 45 (1 h 45 à Montréal) à la base aérienne de Villacoublay, au sud de Paris, par le président François Hollande qui a demandé à ses compatriotes d'éviter les zones à risques : «faites en sorte de ne pas aller où vous pouvez être enlevés (...) Nous sommes dans un monde dangereux». Le président s'est aussi félicité qu'il n'y ait plus «d'otage français» dans le monde.

Aucune information n'a été donnée sur les conditions de cette libération.

Officiellement, la France ne verse pas de rançon, mais elle n'exclut pas, à l'instar d'autres pays européens, des remises d'argent par des tiers.

«Il y a à la fois des négociations, des relais diplomatiques» et «la discrétion», s'est borné à dire mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

«Remise en liberté de preneur d'otages»

L'association «Les amis de Ghislaine Dupont», la journaliste de Radio France internationale (RFI) assassinée il y a un an au Mali, assure que «la libération de Serge Lazarevic a donné lieu à la remise en liberté (par le Mali) de plusieurs preneurs d'otages (...) dont Mohamed Ali Ag Wadossene et Heiba Ag Acherif, ceux-là mêmes qui avaient participé à l'enlèvement de Serge Lazarevic et de Philippe Verdon en 2011». Ce dernier a été tué en juillet 2013.

L'association rappelle que le groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ayant revendiqué l'enlèvement «est le même qui a revendiqué l'assassinat ignoble», le 2 novembre 2013, de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, technicien de RFI.

Le ministre des Affaires étrangères nigérien Mohamed Bazoun, interrogé par la radio RFI, est resté discret, mais a néanmoins souligné que «la libération n'aurait pas été possible si les services du Mali et du Niger n'avaient pas travaillé de concert et si le président (malien Ibrahim Boubacar) Keita n'avait pas été tout aussi engagé que le président (nigérien Mahamadou) Issoufou».

Enlevé le 24 novembre 2011 au Mali, M. Lazarevic, reçu mardi soir à Niamey par le président Issoufou, avait remercié le Niger.

L'ancien juge antiterroriste français Alain Marsaud a lui affirmé sur la radio RTL : «Quelqu'un a payé, si ce n'est pas le gouvernement, c'est quelqu'un, une entreprise, une compagnie d'assurances...»

François Bayrou, ex-ministre de droite et ancien candidat à la présidentielle, a estimé sur la radio France Info que, «bien sûr qu'il y a des contreparties, mais si c'est votre frère, votre fils ou père, vous considérez qu'elles sont bienvenues. C'est aussi l'honneur de la France de dire : nous sommes un pays qui n'abandonne pas les siens», a-t-il ajouté.

À Paris, M. Lazarevic a brièvement évoqué sa captivité. «Quand on est malmené, perdu, quand on est au bord de la mort, on pense plus à la vie», a souligné le colosse franco-serbe de 51 ans, dont la barbe fournie vue sur la dernière vidéo de ses ravisseurs a laissé la place à un bouc poivre et sel bien taillé.

M. Lazarevic, qui a embrassé sa mère, sa soeur, mais aussi le fils de Philippe Verdon présents sur le tarmac, a ensuite été conduit dans un hôpital militaire pour des examens de santé.

Il travaillait sur un projet de cimenterie lorsqu'il a été enlevé dans un hôtel dans le nord du Mali, en compagnie de Philippe Verdon.

En février 2013, la France avait compté jusqu'à 15 otages en même temps dans le monde. Elle en déplorait encore six au 1er janvier 2014. Quatre journalistes enlevés en Syrie ont été libérés en avril. Un mouvement djihadiste a annoncé la mort de Gilberto Rodrigues Leal, capturé en novembre 2012 au Mali. Le guide de montagne Hervé Gourdel a, lui, été tué fin septembre, en Algérie par un groupe lié aux djihadistes de l'État islamique.

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