Turquie: le président Erdogan dévoile son fastueux palais

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Très fièrement que le président turc a fait les honneurs de son nouveau et controversé palais au pape.

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Burak AKINCI
Agence France-Presse
ANKARA

La Turquie entière en parlait, mais personne ne l'avait vu. Après des semaines de polémique sur son luxe et son coût, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dévoilé vendredi son nouveau et controversé palais à la faveur de la visite du pape François.

Jusque là, seules quelques images de son imposante façade ou de son locataire au pied d'un monumental balcon aux dorures improbables avaient été distribuées aux médias. De quoi nourrir les critiques, mais sûrement pas de juger le bâtiment sur pièces.

Pour en avoir le coeur net, quelque 250 journalistes turcs et étrangers ont donc saisi le prétexte de la visite du souverain pontife, son premier hôte de marque, pour faire le déplacement dans la très lointaine banlieue d'Ankara.

Leur visite a été très encadrée. Sitôt dans l'enceinte du «palais blanc» («aksaray» en turc), les représentants de la presse ont été placés sous stricte surveillance de nombreux policiers et agents de sécurité en civil ou en uniforme.

Les visiteurs ont pu admirer les nombreux atriums et colonnades, ainsi que la gigantesque esplanade dallée de marbre vert, recouverte pour l'occasion d'un long tapis bleu clair cerné de militaires en capotes du même ton.

D'inspiration ottomane et seldjoukide, la première dynastie turque du XIe au XIIIe siècle, le nouveau palais présidentiel dispose d'un millier de pièces et s'étale sur 200 000 m2, un peu moins de la moitié de la superficie de l'État du Vatican...

Il remplace le modeste siège historique de la présidence sur les hauteurs du quartier de Cankaya, demeure depuis 1923 des chefs d'État de la République de Turquie inaugurée par son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk.

«Bonjour soldat!»

Les dimensions hors du commun du nouveau complexe ont suscité la polémique. Trop grand, trop luxueux, a dénoncé l'opposition, qui y a vu un nouveau signe de la folie des grandeurs qu'elle reproche à M. Erdogan.

Son coût, 1,3 milliard de livres turques soir près de 693 millions de dollars, l'a fait qualifier par les détracteurs du régime islamo-conservateur qui dirige le pays depuis 2002 de «nouveau Versailles» ou assimiler au palais du dictateur roumain Nicolae Ceaucescu. Même les écologistes sont montés au créneau, dénonçant la trouée que sa construction, pourtant stoppée par une décision de justice, a percé dans la forêt environnante.

Le locataire du nouveau palais a balayé sèchement toutes ces critiques. «Ce palais n'est pas une propriété privée, il appartient à la République (...) il représente le prestige de la Turquie», a plaidé Recep Tayyip Erdogan.

Très remontée, la chambre des architectes de Turquie avait écrit au pape pour lui demander de bouder le nouveau palais et de ne pas cautionner une construction contraire «au respect de l'environnement».

Le Vatican n'a naturellement pas donné suite.

C'est donc très fièrement que le président turc a fait les honneurs de la maison au pape, l'accueillant derrière son immense grille de fer.

Hymnes, revue des troupes, les deux responsables ont ensuite sacrifié au protocole. François s'est même adressé en turc à la garde en lui lançant en turc «merhaba asker !» («bonjour soldat !»). Avant d'arborer un large sourire, manifestement surpris, ou amusé, par les traditions militaires locales.

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