Enfant britannique malade: la G.-B. s'interroge sur un excès de zèle

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Jacques KLOPP
Agence France-Presse
LONDRES

La Grande-Bretagne se demandait lundi si la police n'était pas allée trop loin en traitant comme criminelle la tentative désespérée des parents d'Ashya King pour sauver leur enfant atteint d'une tumeur au cerveau, alors qu'ils étaient présentés à un juge à Madrid.

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Les parents Naghemeh et Brett King du jeune malade avaient fait sortir jeudi dernier le petit garçon d'un hôpital de Southampton, dans le sud de l'Angleterre. Ils avaient ensuite gagné le sud de l'Espagne afin de «vendre une maison qu'ils possèdent à Malaga pour chercher un meilleur traitement» en République Tchèque, a expliqué leur avocat.

PHOTO AFP / POLICE DU HAMPSHIRE

D'abord désignés comme des «kidnappeurs» pour avoir retiré leur garçon de cinq ans d'un hôpital de Southampton (sud) jeudi, Naghemeh et Brett King commençaient à susciter des vifs élans de sympathie dans la presse et l'opinion après avoir pu donner leur version de l'histoire.

Lorsque la police britannique a donné l'alarme vendredi sur la disparition d'Ashya, elle a évoqué un enfant «en danger de mort» confronté à la perspective de voir s'épuiser la batterie de la sonde qui le nourrit.

Les parents étaient dépeints comme des êtres irresponsables et on allait aussi rapidement savoir qu'ils étaient Témoins de Jehovah.

«Trouvez ce garçon», titraient samedi le Sun et le Daily Mail, alors qu'une chasse transeuropéenne s'organisait pour traquer la famille, finalement localisée et arrêtée dimanche en Espagne.

Après avoir adopté le ton alarmiste de la police, la presse a commencé à nuancer sa couverture lorsque la famille King a publié tard samedi soir une vidéo dans laquelle le père explique longuement sa démarche.

Il explique avoir quitté le Royaume-Uni en désespoir de cause pour trouver à l'étranger un traitement alternatif de radiothérapie, utilisant des protons, que le service public de santé britannique NHS n'offrirait pas pour l'instant.

Selon différents journaux, la famille s'est rendue en Espagne pour y vendre sa maison de vacances afin de pouvoir financer le nouveau traitement, en République tchèque.

Le père confie aussi son impression de ne pas avoir été écouté par les médecins et sa hantise qu'on finisse par lui retirer l'enfant, d'où la «fuite» à l'étranger.

L'hôpital de Southampton a répondu en assurant avoir «offert la possibilité d'un deuxième avis et proposé son assistance pour organiser une prise en charge à l'étranger».

Mais, dans une nouvelle vidéo postée dimanche juste avant l'arrestation des parents, Naveen, l'un des frères d'Ashya, accusE de nouveau les médecins de ne pas avoir écouté son père qui a «passé des heures sur internet à la recherche de traitements de substitution».

«Cruauté inimaginable»

Le frère montre aussi l'équipement spécial et la nourriture achetés pour le voyage d'Ashya qui était, au moment de la vidéo, «manifestement heureux et en aucun cas en danger ou négligé».

Quant à la batterie, dont on craignait tellement pour sa durée de vie, elle a été alimentée en continu.

Ces développements ont contraint la police à devoir se justifier dès dimanche soir face à des accusations d'excès de zèle.

Le commissaire adjoint Chris Shead a concédé que la manière avec laquelle la police avait géré l'affaire avait «fait beaucoup parler». «Mais je préfère être critiqué sur notre détermination à agir plutôt que d'avoir à expliquer pourquoi un enfant est mort», a-t-il ajouté.

«Nous avons des experts médicaux qui nous disaient qu'Ashya était en grave danger. Dans ces conditions, je ne vais pas présenter d'excuses», a-t-il insisté.

Mais la mère de Brett King, Patricia King, ne décolère pas que la police soit venue fouiller son appartement et a toujours gravées à l'esprit les images de son fils arrêté et menotté.

«Scandalisée» par les méthodes employées par la police, elle a fustigé à la BBC la «cruauté inimaginable des autorités qui ont pris le pauvre petit Ashya, mourant, et empêchent ses parents de le voir».

Elle a reçu le soutien de Janice Atkinson, députée européenne du parti populiste UKIP, qui s'est déclarée «choquée par l'arrestation des parents d'Ashya». «Ce petit garçon a besoin de sa mère en ce moment. Il a cinq ans, ne parle probablement pas l'espagnol et se trouve sur un lit d'hôpital, désespéré», a-t-elle souligné.

Interrogé lundi quant au sentiment du premier ministre sur cette affaire, un porte-parole de David Cameron a déclaré: «Je suis évidemment persuadé que chaque parent cherche ce qu'il y a de mieux pour son enfant».




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