Débarquement de Normandie: 70 ans après «le chaos»

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Le président Baracak Obama (à gauche) et son homologue français François Hollande regardent vers Omaha Beach, alors qu'ils participent aux cérémonies marquant le 70e anniversaire du Jour J.

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Hervé GAVARD
Agence France-Presse
OUISTREHAM

Hommage aux victimes des bombardements, recueillement dans les cimetières de toutes les Nations dont les hommes ont péri sur le sol français: les cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie ont suscité vendredi une vive émotion autour des derniers survivants du «jour le plus long».

«Le sort de l'humanité s'est joué le 6 juin 44», a lancé le président français François Hollande lors de la cérémonie internationale organisée sur la plage d'Ouistreham, la plus à l'est de toutes celles où les Alliés débarquèrent le 6 juin 1944.

«Merci d'avoir été là à l'été 44», a-t-il lancé au millier d'anciens combattants du Jour J présents à la cérémonie. «Vous serez toujours ici par l'esprit sur ces plages du Débarquement», leur a-t-il assuré.

Cette commémoration est vraisemblablement le dernier anniversaire décennal auquel des anciens combattants, aujourd'hui presque tous nonagénaires, sont encore présents.

Sous un soleil radieux et par 25 degrés à l'ombre, M. Hollande a rendu hommage à «toutes les victimes du nazisme», y compris allemandes, et au rôle de l'Armée rouge sur le front est.

Les spectateurs ont ensuite assisté à un spectacle de 50 minutes évoquant la Seconde Guerre mondiale, qui s'est achevé par une émouvante accolade entre d'anciens combattants allemand et français.

«Un morceau d'Europe libéré» 

À leur arrivée sur la plage d'Ouistreham, mieux connue sous son nom de guerre, «Sword Beach», le président américain Barack Obama et la reine Elizabeth II d'Angleterre ont salué quelques-uns de ces survivants.

Les deux dirigeants avaient auparavant déjeuné au château de Bénouville, un symbole de la Résistance, en compagnie des autres chefs d'État. Le repas a donné lieu à des échanges diplomatiques consacrés à la crise ukrainienne et à une poignée de main très attendue entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko.

Lors d'une cérémonie franco-américaine au cimetière américain de Colleville-sur-Mer, tout près d'Omaha Beach où se sont déroulés les combats les plus sanglants du «D-Day», M. Obama a évoqué les hommes qui ont brisé «le Mur d'Hitler» et se battaient pour changer bien «plus que le cours de la guerre, mais pour (changer) le cours de l'histoire de l'Humanité».

«Omaha Beach, en Normandie, était la tête de pont de la démocratie», a martelé le président des États-Unis.

Dans un moment d'émotion, les vétérans, y compris ceux qui, à plus de 90 ans, ont du mal à marcher, se sont levés, comme s'ils répondaient à l'appel de leur commandant en chef qui les a longuement applaudis.

«Mon principal souvenir est de patauger dans la mer avec de l'eau jusqu'à la poitrine.»

Ken Godfrey
vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, 89 ans
Des vétérans américains font le salut militaire durant... (PHOTO DAMIEN MEYER, AFP) - image 3.0

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Des vétérans américains font le salut militaire durant les cérémonies du 70e anniveraire du Jour J, à Colleville-sur-Mer, le 6 juin.

PHOTO DAMIEN MEYER, AFP

«Cette bataille fut aussi celle des civils»

La France «n'oubliera jamais ce qu'elle doit aux États-Unis», a déclaré pour sa part François Hollande présent à Colleville aux côtés de M. Obama. Il a salué le 6 juin, «une date mémorable de notre histoire où nos deux peuples se sont confondus dans un même combat, celui de la liberté».

François Hollande avait tenu à souligner plus tôt dans la matinée le rôle et le martyre des civils français, dont près de 20 000 ont péri dans les bombardements et les combats contre les soldats allemands entre le 6 juin et la fin de la bataille de Normandie le 22 août 1944.

«Cette bataille fut aussi celle des civils», a insisté M. Hollande, rendant hommage «aux familles entières qui connaissent le chaos et la mitraille».

Il a aussi rendu hommage au «courage des Allemands, victimes aussi du nazisme, entraînés dans une guerre qui n'était pas la leur».

«Ce 6 juin 44 n'est pas le jour de la libération définitive, mais c'est le début de la libération. C'est un jour ou nous nous rappelons les sacrifices où nous exprimons notre profonde gratitude vis a vis des Alliés qui ont lancé ce mouvement de libération pour nous libérer définitivement du nazisme», a assuré la chancelière Angela Merkel à Ranville, première commune libérée après le débarquement.

À Bayeux, où se déroulait une cérémonie en mémoire des soldats britanniques en présence de la reine Elizabeth, des vétérans ont été salués par une foule criant «Thank you!», «Merci!», «Bravo!».

Ses médailles cliquetant au rythme de ses pas, Ken Godfrey, 89 ans, s'est arrêté un instant pour faire un baise-main galant à une femme qui applaudissait les anciens soldats.

«Mon principal souvenir est de patauger dans la mer avec de l'eau jusqu'à la poitrine», a raconté à l'AFP ce vétéran. «Mais je n'aime pas parler des combats. On a eu des sueurs froides. Je suis chanceux d'avoir survécu».

La reine Elizabeth, la seule des grands présents à Ouistreham à avoir porté l'uniforme pendant la Deuxième Guerre mondiale a été fêtée dans la soirée à Paris. Le président français a donné en son honneur un dîner d'État au palais de l'Élysée, avec 240 convives triés sur le volet.

L'occasion pour la souveraine de dire sa «grande affection pour le peuple français».

«Mon principal souvenir est de patauger dans la mer avec de l'eau jusqu'à la poitrine», a raconté à l'AFP ce vétéran. «Mais je n'aime pas parler des combats. On a eu des sueurs froides. Je suis chanceux d'avoir survécu», a-t-il dit.




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