France: la ministre Taubira critiquée pour ne pas avoir chanté l'hymne national

La ministre française de la Justice Christiane Taubira... (PHOTO JACKY NAEGELEN, ARCHIVES REUTERS)

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La ministre française de la Justice Christiane Taubira souffle un baiser alors qu'elle quitte l'Élysée à vélo, le 13 mars.

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Agence France-Presse
PARIS

Pour ne pas avoir chanté l'hymne national lors d'une commémoration de l'abolition de l'esclavage et s'être défendue en disant avoir voulu écouter la soliste l'interprétant plutôt que de se prêter à un «karaoké d'estrade», la ministre française de la Justice s'est attiré les foudres.

Récemment victime d'attaques racistes, cible privilégiée de l'extrême droite et de la droite qui la taxent régulièrement de «laxisme», la ministre noire Christiane Taubira s'est aussi attiré les vives critiques d'une frange conservatrice de la population pour avoir défendu la loi sur le mariage homosexuel, adoptée en 2013.

Lors d'une cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage samedi dernier, Mme Taubira a expliqué n'avoir pas chanté la Marseillaise à deux reprises en estimant que «quand, à la note exacte, au-dessus de l'orchestre, la voix de la soliste se détache... (elle) écoute».

«Certaines circonstances appellent davantage au recueillement... qu'au karaoké d'estrade», a plaidé la ministre dans une longue tribune publiée sur sa page Facebook.

Cette posture lui a valu un tir nourri de critiques.

«Le plus profondément choquant, c'est qu'elle ait pu qualifier le fait de ne pas chanter l'hymne national en parlant de "karaoké d'estrade". Il y a un moment où il faut quand même que chacun assume ses responsabilités», a réagi lundi le président du parti d'opposition de droite, l'UMP, Jean-François Copé.

«Elle est ministre de la République. Il y a des choses qu'on ne peut pas dire, qu'on n'a pas le droit de dire, et je suis, je pense, comme des millions de Français, profondément choqué qu'elle ait pu utiliser ce type de formules», a-t-il ajouté.

Le parti d'extrême droite, le Front national (FN) a, lui, demandé sa démission, fustigeant le «mépris» du gouvernement «pour la France».

Pour la présidente du FN, Marine Le Pen, «ce dérapage inacceptable est en effet une preuve symbolique de premier ordre de leur mépris pour la France, pour son histoire, et pour son peuple, qui lui aime chanter son hymne, et en est fier».

Le ministre de l'Éducation nationale Benoît Hamon a pris sa défense, soulignant que lui-même n'avait pas chanté la Marseillaise au même moment «comme la plupart des autres ministres. Pourquoi? Parce qu'elle est chantée par une soliste».

M. Hamon a souligné qu'on ne lui reprochait pas à lui ce qu'on reproche à la ministre originaire de Guyane. «Pourquoi, parce qu'elle est devenue le symbole aujourd'hui de conquêtes, d'une forme de démocratie vivante, de République vivante, qui assume la diversité de la société française», a-t-il jugé.




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