Xi Jinping en France: le faste de Versailles après les contrats

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Le président chinois Xi Jinping et le président de l'Assemblée nationale français, Claude Bartolone

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Marianne BARRIAUX
Agence France-Presse
PARIS

Un dîner fastueux au château de Versailles avec François Hollande devait marquer jeudi la fin d'une visite du président chinois Xi Jinping au lendemain de la conclusion de contrats commerciaux pour 18 milliards d'euros (27,65 milliards $CAN).

Le numéro un chinois, marié à la chanteuse populaire Peng Liyuan et qui impose un style plus décontracté que ses prédécesseurs, a prononcé un discours à l'Unesco : c'était la première visite d'un président chinois à l'agence onusienne.

«L'humanité voudrait, à travers les échanges culturels, semer la paix», a dit Xi Jinping après s'être entretenu avec la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

Son épouse, Peng Liyuan, a été nommée envoyée spéciale de l'Unesco pour la promotion de l'éducation des filles et des femmes.

Après un déjeuner avec le premier ministre Jean-Marc Ayrault, M. Xi devait avoir des entretiens avec les présidents des chambres du Parlement avant de rejoindre le président François Hollande au Quai d'Orsay pour une allocution consacrée aux 50 ans des relations diplomatiques entre la Chine et la France.

La soirée au château de Versailles, une première pour un chef d'État chinois, sera le point final d'une visite de trois jours pendant laquelle Paris s'est fait l'ardent avocat d'un rééquilibrage des relations commerciales entre les deux pays. Le couple chinois et le président français visiteront la célèbre Galerie des Glaces avant d'assister à un concert privé à l'Opéra Royal.

Au programme: musiques traditionnelles et contemporaines chinoises et airs célèbres français. Et ensuite direction le Grand Trianon pour un dîner privé préparé par le chef multi-étoilé Alain Ducasse.

«Éliminer toute forme de protectionnisme»

La journée de mercredi avait été consacrée à une moisson de contrats commerciaux entre les deux pays pour un montant de 18 milliards de dollars.

Parmi ces contrats, la commande par la Chine de 70 Airbus d'une valeur de 7 milliards d'euros, la production conjointe de 1000 hélicoptères par la société européenne et la chinoise Avicopter ou encore la formalisation de l'accord sur l'entrée au capital du groupe PSA Peugeot Citroën de l'État français et du constructeur automobile chinois Dongfeng.

Jeudi, le ministre chinois du Commerce Gao Hucheng a appelé la France à «faciliter davantage l'implantation d'investisseurs chinois sur le plan législatif», lors d'un forum économique franco-chinois à Paris.

Il a appelé à «travailler avec la France pour éliminer toute forme de protectionnisme» et a affirmé que «la Chine était prête à importer plus de produits français».

L'an dernier, la France accusait encore un déficit de 26 milliards d'euros à l'égard de la Chine, soit près de 40% du total du déficit de son commerce extérieur.

«Dix-huit milliards d'euros de contrats, c'est de l'emploi», avait dit mercredi le président français François Hollande au moment même où étaient annoncés de très mauvais chiffres du chômage pour le mois de février en France, avec un nouveau record de 3,34 millions demandeurs d'emploi.

Le quotidien Libération relativisait jeudi l'importance de ces contrats pour l'emploi en France, soulignant que la plupart d'entre eux «seront réalisés sur le sol chinois».

Au-delà du commerce, François Hollande a souhaité que la Chine organise «très prochainement» un sommet du G20, ce qui constituerait une première, manière de souligner son rôle croissant sur la scène internationale.

Il a souligné aussi les convergences de vues entre les deux pays sur les grands dossiers internationaux, la Syrie, l'Iran, le Moyen-Orient et l'Ukraine. Dans une allusion au rattachement de la Crimée à la Russie, il a relevé que Paris tout comme Pékin avaient «voulu que le XXIe siècle ne soit pas celui des annexions et des séparatismes».

Il n'en a pas moins mentionné brièvement les «droits de l'Homme auxquels la France est attachée» lors d'un échange de toasts avec son hôte chinois à l'occasion du dîner d'État qui les réunissait dans la soirée à l'Élysée.

Jeudi matin, l'association Reporters sans frontières (RSF) a mené une opération de protestation à Paris : un portrait géant du président chinois faisant un bras d'honneur, grâce à un photomontage, et qui portait la mention «sans liberté de l'information, pas de contre-pouvoir» a été déployé devant la Tour Eiffel.




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