Lampedusa: cérémonie commémorative sans des survivants du naufrage

Plusieurs dizaines de personnes parmi les 155 survivants... (PHOTO MARCELLO PATERNOSTRO, AFP)

Agrandir

Plusieurs dizaines de personnes parmi les 155 survivants du naufrage n'ont pas pu se rendre à la cérémonie commémorative.

PHOTO MARCELLO PATERNOSTRO, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

La cérémonie officielle en hommage aux 366 victimes du naufrage du 3 octobre au large de l'île italienne de Lampedusa s'est tenue lundi après-midi à Agrigente (Sicile) en l'absence des survivants, a constaté un photographe de l'AFP.

Commencée avec quarante minutes de retard, en présence des ministres italiens de l'Intérieur, Angelino Alfano, de l'Intégration Cécile Kyenge et de la Défense, Mario Mauro, la cérémonie multiconfessionnelle, qui s'est déroulée sur le quai San Leone, a duré une petite heure.

Venus en bus, des centaines d'Érythréens vivant en Italie, à Rome et Milan notamment, mais également en Europe, étaient présents, alors que plusieurs dizaines des 155 survivants du naufrage, en majorité érythréens et hébergés dans un centre d'accueil à Lampedusa, n'avaient pas pu s'y rendre.

Ces migrants, parmi lesquels des proches des 366 victimes, avaient tenu un sit-in dans la matinée à Lampedusa afin de demander à participer à cette cérémonie, et une délégation avait été reçue à l'hôtel de ville, mais en vain.

Dans l'après-midi, ces réfugiés ont jeté à la mer des couronnes de fleurs depuis les côtes de Lampedusa.

À l'issue de la commémoration, alors qu'il répondait à la presse, Angelino Alfano a été contraint par la sécurité de quitter les lieux tandis que fusaient à son encontre des «assassins, assassins, non à la loi Bossi-Fini» (qui pénalise l'immigration clandestine en Italie, ndlr) jetés par quelques participants.

Depuis Rome, où elle devait rencontrer le président de la République italienne Giorgio Napolitano dan l'après-midi, la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, qui avait annoncé qu'elle boycotterait la cérémonie, a souhaité que la journée du 3 octobre soit désormais consacrée au «souvenir de tous les migrants morts en mer en voulant traverser la Méditerranée».

À la suite du naufrage, le gouvernement italien avait annoncé la tenue de funérailles nationales pour les victimes mais, entre-temps, environ 200 d'entre elles ont été inhumées dans des cimetières d'Agrigente et de ses environs, sans la présence des autorités nationales.

Interrogé à ce sujet, M. Alfano avait rétorqué dans la matinée que le gouvernement avait «assuré une assistance aux survivants, une sépulture digne aux morts et qu'il était désormais temps de faire la chasse aux marchands de morts».

Ce naufrage est la pire tragédie de l'immigration en Italie depuis plus de dix ans.

Rome a renforcé la semaine dernière son dispositif militaire en Méditerranée afin d'éviter de nouveaux drames.

Alors que le flux de migrants clandestins est en hausse, l'Italie et Malte, où un naufrage le 11 octobre avait fait au moins 36 morts, pour la plupart syriens, ont vu arriver plus de 32 000 migrants au large de leurs côtes depuis le début de l'année.

Rome, qui a demandé l'assistance de l'Union européenne, souhaite que cette question soit évoquée au sommet européen de Bruxelles cette semaine.

Selon les ONG, près de 20 000 migrants et réfugiés ont péri en tentant de traverser la Méditerranée ces 20 dernières années.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer