La Russie veut interdire l'adoption par les homosexuels

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Les mariages entre personnes de même sexe sont autorisés actuellement dans 14 pays, dont le Canada, la Belgique, l'Espagne, et récemment la France.

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Agence France-Presse
MOSCOU

Le Parlement russe a voté mardi en deuxième lecture un projet de loi interdisant l'adoption d'enfants russes par des couples homosexuels ou des célibataires dans les pays ayant légalisé les unions entre personnes de même sexe.

Ce projet de loi a été approuvé par 443 députés. Aucun n'a voté contre.

Il doit être voté en troisième lecture à la Douma le 21 juin, selon l'agence Ria Novosti.

Ensuite, il devra encore être approuvé par la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, et signé par le président russe Vladimir Poutine, qui a d'ores et déjà indiqué début juin qu'il signerait un tel texte s'il lui était proposé.

Selon le texte, voté mardi, l'adoption d'enfants russes est interdite aux «personnes de même sexe dont l'union est reconnue comme un mariage et qui a été enregistrée dans un État où une telle union est autorisée, ainsi qu'aux citoyens de tels États qui ne sont pas mariés».

«L'adoption de ce projet de loi élimine de facto toute possibilité que des étrangers ayant, comme on dit, une orientation sexuelle non-traditionnelle, puissent adopter des enfants russes», a déclaré Elena Mizoulina, un des auteurs des amendements, selon des images de la télévision.

D'après le texte, les couples mariés hétérosexuels pourraient, eux, encore adopter des enfants russes. Mais les célibataires en seraient privés.

Les mariages entre personnes de même sexe sont autorisés actuellement dans 14 pays, dont le Canada, la Belgique, l'Espagne, et récemment la France.

Début juin, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré qu'il signerait, si elle lui était présentée, une loi interdisant l'adoption d'enfants russes par les couples homosexuels, en réponse à une question sur la légalisation du mariage gay en Europe.

En décembre, Moscou a déjà interdit les adoptions d'enfants russes par les Américains, en réponse à la «liste Magnitski», une loi américaine sanctionnant des responsables russes impliqués dans la mort en prison en 2009 de l'avocat Sergueï Magnitski.

Depuis plusieurs mois, une campagne de défense des «valeurs traditionnelles» a été lancée en Russie et la semaine dernière la Douma a adopté une loi controversée punissant tout acte de «propagande» homosexuelle devant mineur.

Selon la loi, une personne physique risque de 4000 à 5000 roubles d'amende (130-160$), une personne dépositaire de l'autorité publique, de 40 000 à 50 000 roubles (1300-1600$) et une entité juridique, de 800 000 à un million de roubles (25 500-32 000$).

Les sanctions sont encore plus sévères si cette propagande est effectuée sur internet, et prévoient que les entités juridiques pourront être fermées jusqu'à 90 jours.

Les étrangers risquent aussi une amende pouvant aller jusqu'à 3100 dollars, et pourront en outre être détenus 15 jours et expulsés.

Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, ont d'ores et déjà dénoncé cette loi jugée discriminatoire.

L'homophobie est largement répandue dans le pays, où l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999.

Récemment, plusieurs cas de meurtres de personnes en raison de leur homosexualité ont été recensés dans le pays.

Selon un sondage de l'institut Vtsiom publié en juin, 88% des Russes soutiennent l'interdiction de la «propagande» homosexuelle. Par ailleurs, 54% des Russes pensent qu'il faut punir l'homosexualité.




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