Le pape appelle l'Église à «se réorienter»

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Plus de 50 000 personnes se pressaient sous ses fenêtres, selon le Vatican, plus de 100 000 selon la mairie de Rome.

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Françoise KADRI et Eleanor Ide
Agence France-Presse
VATICAN

Le pape Benoît XVI a appelé dimanche l'Église à «se réorienter» et se «renouveler» devant une foule de plus de 50 000 personnes rassemblées pour l'avant-dernier Angélus précédant sa démission programmée pour le 28 février.

«L'Église appelle tous ses membres à se renouveler et à se réorienter de manière décidée vers Dieu en reniant l'orgueil et l'égoïsme», a lancé le pape depuis ses appartements du Palais Apostolique donnant sur la Place Saint-Pierre.

Plus de 50 000 personnes se pressaient sous ses fenêtres, selon le Vatican, plus de 100 000 selon la mairie de Rome qui avait fermé à la circulation la Via della Conciliazione, la large avenue qui mène au Vatican.

Lorsque le pape est apparu, la foule formée en majorité d'Italiens, a hurlé «Benedetto» en italien. De nombreux fidèles et curieux prenaient des clichés avec leurs téléphones portables pour immortaliser ce moment historique.

Les participants, beaucoup de familles, retraités et religieuses, agitaient des pancartes disant: «grazie» ou «danke» (merci en italien et allemand). «Nous t'aimons énormément», avaient écrit des scouts sur leur banderole.

Imperturbable, le pape allemand vêtu et coiffé sobrement de blanc a appelé à ne pas «avoir peur» d'affronter «le combat contre l'esprit du mal», «à repousser les tentations (...) et à remettre Dieu au centre de notre vie». Des mots que certains ont interprétés comme une référence à la crise de l'Église face au monde moderne et aux tensions au sein de la Curie.

Sans revenir sur les raisons qui l'ont poussé à partir, le pape a remercié les fidèles d'être «aussi nombreux» à manifester leur «affection et proximité spirituelle en ces jours». Sa décision n'a qu'un seul précédent historique: la renonciation de Célestin V en 1294, retourné à sa vie de moine ermite, cinq mois après avoir été élu pape.

À la fin de l'Angélus, les cloches de Saint-Pierre se sont mises à sonner à toute volée, pendant que les fidèles s'éloignaient comme à regret de la majestueuse place délimitée par les colonnes du Bernin.

Dimanche, les spéculations continuaient sur le profil idéal et l'identité possible du successeur de Joseph Ratzinger. Certains parient sur un pape venant d'Afrique, continent avec l'Asie et l'Amérique latine où les catholiques sont les plus nombreux, avec en tête de liste le Ghanéen Peter Turkson, 64 ans, tandis que d'autres évoquent le nom du cardinal canadien Marc Ouellet, 68 ans, un conservateur aux idées proches de Benoît XVI.

Pour Margherita Yager, une fidèle de 61 ans venue d'Allemagne, ce dernier a vécu un pontificat difficile marqué par les critiques et tentatives d'affaiblissement, et «quel que soit son successeur, il devra avoir les nerfs solides». Christine Rénier, une enseignante de 48 ans originaire de Paris, a reproché à Benoît XVI d'avoir été «trop rigide, ce qui a éloigné les jeunes. Il faut un pape qui se débarrasse de la bureaucratie et recentre l'Église sur ses racines, peut-être un Africain».

À 17H00 GMT dimanche, le pape se retirera pour les traditionnels exercices spirituels de Carême avec la Curie romaine. Benoît XVI a choisi pour diriger les méditations quotidiennes son «ministre de la Culture», Mgr Gianfranco Ravasi, un «papabile» de 71 ans. Selon Marco Tosatti, vaticaniste de La Stampa, le pape a suivi le conseil du numéro deux du Vatican, Mgr Tarcisio Bertone, qui voulait ainsi «lancer son poulain» dans la course à la succession.

D'ici à son départ, le pape fera encore deux apparitions publiques: le 24 février, pour un ultime Angélus, et le 27 pour une audience générale organisée exceptionnellement Place Saint-Pierre.

À 19H00 GMT le 28 février, Benoît XVI quittera ses fonctions et s'ouvrira la période dite de «siège vacant» pendant laquelle un Conclave sera convoqué pour élire un nouveau pape. La date n'est pas fixée, mais il pourrait être commencé avant le 15 mars, selon le Vatican.

Les 117 cardinaux électeurs se réuniront alors dans le plus grand secret sous les magnifiques fresques de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine pendant aussi longtemps que nécessaire pour réunir une majorité des deux tiers sur le nom du successeur de Benoît XVI.

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