Un tweet de Trump contre les démocrates met le feu aux poudres

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L'affront de Donald Trump n'a pas été du goût de Nancy Pelosi et Chuck Schumer, chefs des démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat.

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Jerome CARTILLIER, Ivan COURONNE
Agence France-Presse
Washington

Les négociations politiques et budgétaires entre la Maison-Blanche et l'opposition démocrate du Congrès ont été rompues brusquement mardi après un simple tweet de Donald Trump, laissant augurer d'âpres combats dans les semaines à venir.

Soucieux d'étoffer un bilan législatif squelettique, le président américain avait convié à la Maison-Blanche les leaders des deux bords mardi, afin de trouver un terrain d'entente sur le budget, mais aussi la fiscalité, la frontière ou l'immigration, à l'approche d'une date-butoir budgétaire cruciale le 8 décembre.

D'un tweet matinal, le président septuagénaire a fait capoter la réunion très attendue. «Je ne vois pas d'accord!», a-t-il lancé vers 9 heures du matin, accusant avec virulence ses adversaires de vouloir «que les clandestins continuent à inonder notre pays sans contrôle».

Le coup de menton de celui qui vantait dans un best-seller ses qualités de négociateur n'a pas été du goût de Nancy Pelosi et Chuck Schumer, chefs des démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat.

Ces derniers ont pris le milliardaire au mot et annoncé, dans un communiqué cinglant à 11h30, qu'ils ne participeraient plus à une vaine réunion «pour les caméras».

«Si le président change d'avis et décide d'être une force constructive», a ensuite dit Chuck Schumer, «nous serons heureux de le voir où il veut, quand il veut».

Et de suggérer une solution alternative: laisser majorité républicaine et minorité démocrate négocier entre elles, sans interférence du milliardaire, «ce qui fonctionne généralement beaucoup mieux».

Entouré des seuls chefs républicains, à l'heure dite, Donald Trump a renouvelé ses reproches.

«Nos positions sont très éloignées sur la criminalité, l'immigration, l'armée...» a-t-il martelé.

«Après le tir de missile nord-coréen, il est plus important que jamais de financer notre gouvernement et notre armée!», a-t-il ajouté dans un tweet mardi soir. «Les démocrates ne devraient retenir le financement des soldats en otage pour l'amnistie et l'immigration clandestine.»

«Shutdown» en décembre ?

Au lieu d'une percée politique, la journée de mardi aura conduit à un regain de tensions politiques, les chefs républicains du Congrès s'en prenant à leur tour aux démocrates pour leur coup d'éclat.

Les républicains ont beau avoir la majorité au Congrès, les démocrates disposent d'une minorité de blocage au Sénat, qu'ils sont bien déterminés à utiliser pour arracher des concessions, notamment sur la régularisation de centaines de milliers d'immigrés clandestins arrivés enfants aux États-Unis, les «Dreamers».

La date-butoir du 8 décembre accapare tous les esprits. Les élus doivent voter avant cette date les crédits de fonctionnement de l'Etat, au risque d'un «shutdown», la fermeture automatique de l'administration fédérale. Beaucoup de démocrates veulent en profiter pour y glisser une loi de régularisation.

La dernière rencontre entre le président et les quatre personnages les plus puissants du Capitole, début septembre, avait pourtant donné lieu à un épilogue surprenant.

Désavouant ses partenaires républicains, M. Trump s'était mis d'accord avec les chefs démocrates pour relever temporairement le plafond de la dette.

Quelques jours plus tard, lors d'un dîner qui allait faire couler beaucoup d'encre, il négociait même directement avec l'opposition sur la question sensible de l'immigration.

Depuis, le ton a changé. Donald Trump dénonce régulièrement «l'obstruction» démocrate.

Fin d'année embouteillée

D'autres dossiers sensibles sont aussi sur la table.

La priorité des priorités est le vote d'une grande baisse d'impôts, promesse de campagne du magnat envers «la classe moyenne» et garantie, selon lui, d'une croissance plus robuste.

Donald Trump a franchi mi-novembre une première haie, avec l'adoption d'un texte par la Chambre. L'étape du Sénat, cette semaine, est la plus ardue. Dans ce cas les démocrates n'ont pas de pouvoir d'obstruction, en raison du déclenchement d'une procédure spéciale. Mais la fragile majorité républicaine de 52 sièges sur 100 risque de se fissurer.

Soucieux de mobiliser son camp, le dirigeant a répondu pendant une heure aux questions des sénateurs du «Grand Old Party» au Capitole, mardi midi.

Il a apporté son soutien à des voies de compromis avancées par la modérée Susan Collins, qui menaçait de faire défection.

Mais, a reconnu le chef du Sénat Mitch McConnell, tenter d'unifier le groupe majoritaire dans le très complexe dossier fiscal est un exercice analogue à finir un cube Rubik.




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