Vote jeudi sur l'abrogation de la loi santé d'Obama

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Selon une étude non partisane du Congrès réalisée en mars, 24 millions de personnes supplémentaires se retrouveraient sans assurance d'ici 2026 par rapport à la loi actuellement en vigueur.

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Michael Mathes
Agence France-Presse
Washington

La majorité républicaine de la Chambre des représentants aux États-Unis, sous pression pour donner une victoire législative au président Donald Trump, vote jeudi sur l'abrogation de la loi emblématique sur la santé de Barack Obama.

Les responsables des élus républicains ont annoncé mercredi qu'ils allaient tenter une deuxième fois de faire adopter un texte pour abroger et remplacer «Obamacare», après un échec le 24 mars dernier.

«Nous avons suffisamment de votes», a assuré aux journalistes mercredi soir Kevin McCarthy, chef de la majorité, «ça va passer. C'est un bon texte».

Après des semaines d'ajustements pour tenter de rallier le plus possible de représentants républicains, le vote pourrait être serré. Aucun démocrate ne soutient le nouveau texte.

Les républicains devront donc serrer les rangs pour rassembler les 216 voix nécessaires à son adoption, malgré leurs dissensions internes. Ils ne peuvent s'offrir que 22 défections.

Il y a aujourd'hui 238 républicains et 193 démocrates à la Chambre. Si le texte était adopté, il sera examiné dans les prochaines semaines au Sénat où il serait amendé en profondeur.

Mercredi, le suspense a duré toute la journée, au fil de réunions au Capitole. Les chefs de groupe et la Maison-Blanche négociaient avec les ailes modérées et conservatrices du parti afin d'élaborer un texte capable de recueillir une majorité dans l'hémicycle.

Sur le fond, de nombreux modérés s'inquiétaient de ce que le projet de réforme autoriserait les États à se débarrasser de l'obligation faite aux assureurs de couvrir tous les patients de la même façon, même ceux qui ont des antécédents médicaux.

L'un des acquis majeurs d'Obamacare (2010) est l'interdiction de discrimination entre les assurés.

Insuffisant

La réforme républicaine ne toucherait que les Américains qui s'assurent sur le marché dit «individuel» des assurances santé. La majorité de la population est assurée par les employeurs ou des couvertures publiques non concernées par ce type de réforme.

La première version du texte d'abrogation avait été retirée juste avant le vote le 24 mars, faute de consensus au sein du parti majoritaire. Ce devait être le premier grand succès législatif du mandat de M. Trump.

À l'époque, les conservateurs du groupe Freedom Caucus reprochaient au texte de laisser intacts de trop grands pans de l'«Obamacare», notamment des aides et garanties publiques. Et les républicains modérés s'inquiétaient de voir des subventions et autres acquis disparaître. Un petit groupe de parlementaires tentait depuis de rédiger une version amendée.

Le représentant républicain du Missouri Billy Long, dont le ralliement mercredi avec celui de Fred Upton, élu du Michigan, a finalement permis de reprogrammer le vote, a raconté mercredi sa discussion avec M. Trump, qui s'est personnellement engagé en contactant des élus républicains par téléphone ou les recevant.

«Le président m'a dit: "Billy, nous avons vraiment besoin de vous" (...), j'ai dit "ne comptez pas sur moi"», a raconté M. Long à des journalistes à la Maison-Blanche. Il a expliqué s'être rallié après le feu vert donné par le président à un amendement ajoutant 8 milliards de dollars pour la couverture des «hauts risques», celle de personnes atteintes d'affections comme le cancer.

Toutefois, de nombreux experts en politique de santé estiment que ce financement supplémentaire de 8 milliards, étalé sur cinq ans, reste insuffisant.

«Non seulement cette proposition de loi éliminerait la couverture santé de millions d'Américains, mais, dans certains cas, supprimerait l'interdiction de faire payer bien plus à ceux qui souffrent d'affections de longue durée», a déploré dans un communiqué Andrew Gurman, président de l'Association médicale américaine (AMA).

«Ce texte lâche va faire du mal à beaucoup, beaucoup plus d'Américains», a assuré sur MSNBC le sénateur démocrate Cory Booker.

Les républicains n'ont pas chiffré l'impact du nouveau projet. Selon une étude non partisane du Congrès réalisée en mars, aux termes du projet d'alors 24 millions de personnes supplémentaires se retrouveraient sans assurance d'ici 2026 par rapport à la loi actuellement en vigueur.




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