Steven Mnuchin, pressenti pour le Trésor, critiqué au Congrès américain

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Agence France-Presse
Washington

Steven Mnuchin, choisi par Donald Trump pour être secrétaire au Trésor, a été mis en difficulté au Congrès jeudi, accusé par des élus démocrates d'avoir profité de la crise immobilière de 2008 ou d'avoir géré des fonds offshore.

Ex-partenaire de Goldman Sachs, directeur financier de la campagne du président élu Donald Trump, M. Mnuchin, 54 ans, s'est vigoureusement défendu durant son audition de confirmation devant la Commission des finances du Sénat.

Il a affirmé être la victime de «calomnie» lorsqu'on l'accuse d'avoir «exploité le malheur des autres pour gagner de l'argent» pendant la crise immobilière.

En 2008, en pleine crise financière, M. Mnuchin a racheté aux enchères avec des partenaires une banque californienne en faillite, IndyMac, spécialisée dans les prêts immobiliers à risque dits «subprime». Rebaptisé OneWest, l'établissement a vite renoué avec les bénéfices au prix d'évictions tous azimuts.

Le sénateur démocrate Ron Wyden a résumé ses accusations en comparant M. Mnuchin à une «machine à saisies immobilières».

«Ce n'est pas une description correcte de mon rôle à la banque», a rétorqué le secrétaire au Trésor désigné, accusant les réglementations en place d'avoir forcé la banque à mettre en oeuvre ces saisies.

Un sénateur citant le cas d'une femme de 90 ans dont la maison a été saisie pour une erreur de paiement de 27 centimes, M. Mnuchin toutefois a reconnu «des erreurs» de la part de sa banque.

Critiqué pour avoir transféré offshore, dans les îles Caïmans et à Anguilla, certaines entités de son fonds d'investissements Dune Capital, M. Mnuchin a affirmé que ces comptes n'avaient été ouverts «que pour accueillir des organisations à but non-lucratif ou des fonds de pensions».

«Je n'ai pas utilisé «ces comptes offshore» pour fuir les impôts américains», a-t-il affirmé, se défendant également d'avoir omis dans un premier temps de signaler au Congrès qu'il avait été «directeur» de ces fonds établis offshore.

Les élus démocrates n'étant pas en position de bloquer seuls la confirmation de M. Mnuchin, ces critiques ne devaient pas, sauf coup de théâtre, compromettre le processus de nomination.

L'ancien banquier de Goldman Sachs a assuré avoir cédé tous ses investissements qui pourraient créer des conflits d'intérêts avec sa fonction à la tête du ministère des Finances.

Sur la défensive

Interrogé sur le refus de Donald Trump de placer ses actifs dans un fonds fiduciaire sans droit de regard, comme ses prédécesseurs, M. Mnuchin a assuré que le président élu suivait la loi.

Sur la défensive et visiblement nerveux, M. Mnuchin a plusieurs fois montré de l'impatience: «vous m'inondez de questions (...) sans me laisser répondre», a-t-il lancé aux sénateurs. Pour cette audition de plus de quatre heures, il était venu en famille, avec sa «fiancée» et ses trois enfants, d'un mariage précédent.

Interrogé sur le niveau du dollar que Donald Trump a jugé trop fort -un commentaire qui avait fait chuter le billet vert- M. Mnuchin s'est gardé d'ajouter de l'huile sur le feu: «si je suis confirmé en tant que secrétaire au Trésor, je ne pense pas que ce soit mon rôle (...) de commenter le niveau du dollar». Mais il a assuré qu'un dollar fort à long terme était «important».

Il s'est prononcé pour le maintien des sanctions financières contre la Russie à moins que le président élu n'obtienne un «meilleur accord», a-t-il affirmé sans donner plus de précision.

Pressé par la sénatrice démocrate Claire McCaskill de dire quel montant des dettes de Donald Trump était détenu par des créanciers étrangers, M. Mnuchin a admis son ignorance, mais reconnu que c'était «une question pertinente».

Il a par ailleurs promis une réforme des impôts, notamment sur les sociétés, «une priorité», affirmant qu'il fallait «faire revenir l'argent» des multinationales aux États-Unis.

Quant à l'impôt sur le revenu, il sera plus simple et devrait baisser pour la classe moyenne, a-t-il assuré. Il a entre autres souhaité une modernisation du service de collecte des impôts (IRS) qui manque de moyens et d'effectifs. «Je peux vous assurer que le président élu comprend que nous avons besoin de bras pour faire de l'argent. Il l'entend parfaitement. Ce sera une conversation rapide», a dit M. Mnuchin.




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