Planned Parenthood: deux militants pro-vie accusés

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Des militants pro-vie manifestent devant une clinique de Planned Parenthood en septembre, à Jackson, au Michigan.

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Paul J. Weber
Agence France-Presse
Austin

Un jury du très conservateur Texas a inculpé lundi des opposants à l'avortement dans une affaire de vente supposée de tissus de foetus par un centre de planification familiale, marquant un nouveau revers pour les jusqu'au-boutistes de la lutte contre l'avortement.

Un jury populaire (grand jury) du comté de Harris a disculpé Planned Parenthood, une organisation de santé qui procure de très nombreux services gynécologiques et permet, dans certains centres, aux femmes d'avorter.

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Il a en revanche inculpé David Daleiden et Sandra Merritt, de l'organisation anti-avortement Center for Medical Progress, pour falsification de dossier du gouvernement, un chef d'accusation qui peut leur valoir jusqu'à 20 ans de prison. M. Daleiden a été en outre inculpé pour un délit relatif à l'achat d'organes humains.

David Daleiden avait filmé en caméra cachée pendant plus de deux ans ses rencontres avec des responsables d'un centre de planification familiale en se faisant passer pour le représentant d'une société fictive faisant l'intermédiaire entre cliniques d'avortement et milieu de la recherche.

Ses vidéos, affirmait-il, montrent des responsables discutant de la vente de tissus de foetus, ce qui serait illégal.

Mais Planned Parenthood a dénoncé des montages sélectifs et a assuré que la seule discussion d'argent concernait le dédommagement pour frais.

Ces allégations, écartées lundi par le grand jury, ont cependant conduit Planned Parenthood à modifier en octobre ses pratiques pour interdire toute indemnisation lors d'un don de tissus foetal à la recherche médicale.

Elles ont aussi conduit les républicains au Congrès à tenter par tous les moyens de bloquer les financements fédéraux pour les 700 centres américains de planification familiale. À l'heure actuelle, cet argent fédéral ne peut être utilisé pour des avortements, mais doit servir aux autres missions des centres.

«Comme je l'ai dit au début de cette enquête, nous devons aller là où les indices nous mènent. Tous les indices au cours de cette enquête ont été présentés au grand jury. Je respecte leur décision dans cette affaire difficile», a affirmé la procureure du comté de Harris, Devon Anderson.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a noté que la décision du grand jury n'aurait pas d'impact sur l'enquête menée par son État dans cette même affaire.

«L'État du Texas continuera à protéger la vie, et je continuerai à soutenir la législation qui interdit la vente ou le transfert de tissus de foetus», a ajouté le gouverneur républicain.

Selon un éditorial d'un des inculpés, David Daleiden, publié lundi par le quotidien USA Today, Planned Parenthood et le gouvernement fédéral «ne sont plus du tout en phase avec l'opinion».

La Cour suprême des États-Unis a par ailleurs rejeté lundi un pourvoi présenté par l'État du Dakota du Nord, visant à limiter fortement la possibilité pour les femmes de se faire avorter.

Ces affaires s'inscrivent dans une série d'offensives conservatrices aux États-Unis cherchant à remettre en cause la légalisation de l'avortement en 1973.

Cette décision au Texas s'inscrit dans une série d'offensives conservatrices aux États-Unis cherchant à remettre en cause «Roe v. Wade», la décision historique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973.

Les opposants à l'avortement ont subi un autre échec lundi quand la Cour suprême des États-Unis a rejeté un pourvoi présenté par l'État du Dakota du Nord, visant à limiter fortement la possibilité pour les femmes de se faire avorter.

L'avortement au Texas sera à nouveau examiné par la Cour suprême le 2 mars. La Haute cour évaluera la légalité des restrictions posées par l'État du Texas aux cliniques pratiquant des avortements.

Selon un sondage Gallup de 2015, 50 % des Américains se décrivent comme «pro-choix» c'est-à-dire favorables au droit à l'avortement, et 44 % «pro-vie» soit opposés à l'avortement.

Les centres de planification familiale sont régulièrement la cible des opposants à l'avortement.

Un homme de 57 ans, Robert Lewis Dear, a tué par arme à feu fin novembre trois personnes dans un centre de planification familiale du Colorado affirmant vouloir ne plus voir de «bébés en petits morceaux».

Les démocrates avaient estimé que cette tuerie était la conséquence de la virulente campagne anti-avortement des conservateurs, tandis que les républicains avaient mis l'accent sur les troubles mentaux du tireur.

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