Kentucky: la greffière opposée au mariage gai libérée de prison

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Très émue, Kim Davis est d'abord restée de longues minutes sans s'exprimer, entourée de Mat Staver (à droite), l'un de ses avocats, et de Mike Huckabee, un ténor de la droite conservatrice, prétendant à la Maison-Blanche.

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Agence France-Presse
Washington

Une fonctionnaire d'État civil, écrouée jeudi pour refuser d'enregistrer des mariages homosexuels au nom de ses convictions religieuses, a été libérée mardi de prison après une forte mobilisation en sa faveur.

Kim Davis, une chrétienne évangélique du Kentucky, est sortie de son centre de détention sous les vivats d'une foule rassemblée en son soutien, tandis que les télévisions américaines assuraient une couverture en direct de l'événement.

Très émue, la femme de 49 ans est d'abord restée de longues minutes sans s'exprimer, entourée de Mat Staver, l'un de ses avocats, et de Mike Huckabee, un ténor de la droite conservatrice, prétendant à la Maison-Blanche.

Puis la greffière est montée sur une tribune, en levant le poing en signe de victoire, tandis que retentissait la musique de Rocky III, un tube du groupe américain Survivor.

«Merci tellement à vous tous», a-t-elle lancé à ses partisans, qui pour certains brandissaient des croix blanches, dans cette région rurale des Appalaches aux traditions bien ancrées.

«Je veux rendre gloire à Dieu. Son peuple s'est rassemblé et vous êtes les forces vives de ce peuple!», a-t-elle poursuivi, secouée par les sanglots. «N'abandonnez pas, car Il est là. Il en vaut la peine. Je vous aime».

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Un partisan de Kim Davis lit des versets de la Bible lors d'une manifestation d'appui devant le centre de détention où elle était enfermée pendant le long week-end. 

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À ses côtés sur la scène avaient également pris place son mari Joe Davis, vêtu d'une salopette et coiffé d'un chapeau de paille, et Ted Cruz, un républicain également aligné dans la course à la présidence.

Libérée par le même juge qui l'a incarcérée cinq jours auparavant, Kim Davis se voit interdire d'interférer dans le travail de ses adjoints, qui ont repris la délivrance des certificats de mariage, a précisé dans sa décision le magistrat David Bunning.

Mme Davis, qui fait partie des chrétiens convertis («born again»), «ne fera rien qui trahirait sa conscience», a lancé Mat Staver, en exigeant que la fonctionnaire bénéficie d'un aménagement lui permettant de continuer à exercer son travail sans être forcée d'enregistrer des unions entre personnes du même sexe.

En refusant obstinément d'appliquer la nouvelle loi sur le mariage gai, estimant que «l'autorité de Dieu» primait sur ses obligations professionnelles, Mme Davis a relancé un débat national aux États-Unis, opposant la suprématie du droit et la liberté de culte.

Sa posture de défi a été approuvée par des millions de chrétiens traditionalistes américains. Mais la justice fédérale ne l'a pas entendu ainsi, choisissant de punir sévèrement la «désobéissance volontaire» de la greffière. Au risque de la faire passer pour une «martyre», une brèche dans laquelle se sont engouffrés des responsables politiques comme Ted Cruz ou Mike Huckabee.

«Elle a déclenché quelque chose dans tout ce pays où les gens en ont assez de la tyrannie d'un système judiciaire qui confisque les libertés», a affirmé mardi M. Huckabee, un ex-gouverneur de l'Arkansas crédité de peu de chances d'atteindre la Maison-Blanche.

La Cour suprême des États-Unis a légalisé fin juin le mariage des homosexuels dans tout le pays, une décision historique arrachée au terme de nombreuses années de débats passionnés.

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