Barbie, l'informaticienne qui ne savait pas programmer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Barbie est-elle trop sotte pour programmer un ordinateur?

C'est ce que Pamela Ribon, auteure et scénariste pour les studios d'animation Disney, a conclu il y a quelques semaines en feuilletant un livre qui traînait chez une amie. Publié en 2010, et tiré d'une collection sur les différents métiers que Barbie pourrait exercer, le livre Je peux être une ingénieure en informatique l'a d'abord réjouie. Wow, s'est dit Pamela Ribon, quel bel exemple pour les petites filles trop souvent réticentes par rapport aux sciences et à l'informatique.

Mais en feuilletant la publication, son ravissement s'est vite transformé en grosse déception: dans les faits, Barbie semble plutôt démunie devant un ordi. Dans le livret publié par Random House, Barbie est conceptrice d'un jeu informatique. Sauf qu'au fil du récit, elle avoue elle-même n'être que la conceptrice du design du jeu. Ce sont ses amis - deux garçons - qui se chargent de la programmation afin d'en faire un «vrai jeu».

Quelques pages plus loin, Barbie transmet par erreur un virus à l'ordinateur de sa petite soeur, qui perd son travail scolaire, car elle avait oublié d'en faire une copie. Encore une fois, Barbie se tourne vers ses amis masculins pour l'aider à réparer les dégâts.

Toute cette histoire est présentée dans un environnement rose bonbon: Barbie est vêtue de rose, ses cheveux sont retenus par une barrette rose et elle porte des lunettes roses. Il n'en fallait pas plus pour que Pamela Ribon grimpe aux rideaux. Choquée par ce qu'elle qualifie d'idées sexistes et décourageantes pour les filles, l'auteure de la série télé Samantha Who? a décidé de créer un blogue: «Allez, a-t-elle écrit, on refait les pages de ce livre! Aidez Barbie à devenir une programmeuse compétente et indépendante.»

À l'heure des réseaux sociaux - et quelques semaines seulement après le GamerGate, qui dénonçait le sexisme dans l'industrie du jeu vidéo -, l'initiative de Pamela Ribon n'est pas passée inaperçue. Le mot-clic #BarbieFeministHacker est né, ainsi qu'un mouvement de dénonciation qui a duré plusieurs jours. Une application a également été conçue pour réécrire une version moins sexiste du livre de Barbie.

Au total, des centaines de propositions de dialogues moins sexistes sont arrivées de partout. Dans la version «corrigée», Barbie y est dépeinte comme une geek qui n'a pas peur de l'ordinateur, qui programme et qui ne s'en laisse pas imposer par ses amis. Une fille qui a confiance en ses moyens, quoi!

Devant cette vague d'indignation, Mattel a présenté des excuses sur la page Facebook de Barbie, la semaine dernière.

«L'image de Barbie dans cette histoire ne reflète pas la vision de ce qu'elle représente pour Mattel. Nous croyons que les filles devraient être encouragées à penser que tout est possible et que nous vivons dans un monde sans limites. Nous nous excusons si ce livre ne reflétait pas ces valeurs. Tous les titres de Barbie à venir seront écrits dans le but d'inspirer les filles et de représenter Barbie comme quelqu'un qui a du pouvoir sur sa vie.»

Le livre a été retiré du site Amazon, mais on peut toujours y acheter la poupée ingénieure en informatique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer