É.-U.:un officier chargé des crimes sexuels soupçonné d'agression sexuelle

Environ 5400 cas d'agressions sexuelles ont été recensés... (PHOTO MANJUNATH KIRAN, ARCHIVES AFP)

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Environ 5400 cas d'agressions sexuelles ont été recensés en 2013 dans l'armée américaine, un bond de 60% par rapport à l'année précédente.

PHOTO MANJUNATH KIRAN, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
WASHINGTON

Un officier américain, qui dirige tous les procureurs militaires chargés de poursuivre les auteurs d'agressions sexuelles, est lui-même soupçonné d'agression sexuelle et a été suspendu le temps de l'enquête, a annoncé jeudi le Pentagone.

Le lieutenant-colonel Joseph Morse est accusé d'attouchements sur une juriste travaillant pour lui. Il aurait également cherché à l'embrasser, selon l'accusatrice. Les faits présumés se seraient déroulés dans une chambre d'hôtel en 2011 à l'occasion d'une conférence sur la lutte contre les agressions sexuelles.

«Cette affaire fait l'objet d'une enquête et l'individu en question a été suspendu de ses fonctions, dans l'attente des résultats des investigations», a affirmé à l'AFP un responsable de l'armée de Terre américaine, confirmant une information révélée par le quotidien spécialisé Stars and Stripes.

Le lieutenant-colonel Morse était à la tête d'une unité qui formait les procureurs militaires chargés des poursuites dans les affaires de crimes sexuels, de violences domestiques et contre les enfants.

Il avait lui-même été le procureur dans le procès contre le sergent Robert Bales, un militaire américain qui avait tué 16 villageois afghans en 2012.

Le Pentagone est confronté à une recrudescence des cas recensés d'agressions sexuelles dans les rangs de l'armée. Environ 5400 cas ont été recensés en 2013, un bond de 60% par rapport à l'année précédente.

Les victimes ont davantage confiance pour dénoncer ces agressions depuis que les élus et les responsables de la Défense ont pris conscience du problème et encouragé les victimes à dénoncer ces agressions sans craindre que cela nuise à leur carrière, estime le Pentagone pour expliquer cette augmentation.

Cette affaire intervient alors qu'un général, Jeffrey Sinclair, comparaît depuis mardi devant une cour martiale à Fort Bragg (Caroline du Nord) pour des accusations de viol à l'encontre d'une subordonnée avec qui il entretenait une liaison.

Cette ancienne étoile montante de l'US Army a plaidé coupable des faits d'adultère et de «conduite inconvenante pour un officier et un gentleman», punissables par le code de justice militaire, mais il encourt la réclusion à perpétuité si le viol est reconnu.

La multiplication des affaires d'agression sexuelle a conduit plusieurs élus, menés par la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, à tenter de réformer le code de justice militaire. La proposition de loi vise à retirer l'autorité des commandants d'unité sur l'opportunité des poursuites contre des militaires soupçonnés de certains délits, dont celui d'agression sexuelle.

Ces partisans n'ont obtenu jeudi lors d'un vote au Sénat que 55 des 60 voix nécessaires pour adopter la loi. Les observateurs considéraient que la mesure n'avait quasiment aucune chance de passer.




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