François Hollande: un célibataire en visite d'État

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Le drapeau français flotte sur Pennsylvania Avenue et devant plusieurs édifices publics de Washington en prévision de la visite d'État de François Hollande.

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(New York) Au moins, François Hollande ne risque pas de revivre la fâcheuse expérience de Georges Pompidou à l'occasion de sa visite d'État aux États-Unis, qui débute aujourd'hui.

Et quelle est cette expérience? De voir sa femme se faire bousculer par des Américains! Le 19e président de la République française avait été le témoin horrifié d'une telle scène à Chicago, où sa décision de vendre des avions à la Libye avait attiré une foule de manifestants très peu diplomatiques.

«Pompidou avait accepté les excuses de son hôte, Richard Nixon, et compris les circonstances entourant l'incident, mais on dit souvent que sa chaleur envers les États-Unis n'avait jamais plus été la même par la suite», a déclaré à La Presse Erik Goldstein, professeur de relations internationales à l'Université de Boston et spécialiste des visites d'État.

L'actuel chef d'État français n'aura évidemment pas à craindre pour la sécurité de sa concubine aux États-Unis. Il arrivera à Washington en célibataire, fait rarissime en pareilles circonstances. En novembre dernier, Barack et Michelle Obama s'étaient pourtant dits «impatients d'accueillir le président Hollande et Valérie Trierweiler pour une visite avec un dîner d'État à la Maison-Blanche le 11 février».

On connaît la suite, qui a eu un certain retentissement dans les médias américains.

Cela étant, Barack Obama ne devrait pas tenir rigueur à son invité d'effectuer en solo une visite dont le point culminant, le dîner d'État, est connu non seulement pour son faste, mais également pour son protocole.

«Cela ne représentera aucun problème pour son hôte américain, si l'on fait exception du plan de table, qui devra être changé», dit le professeur Goldstein, en se demandant qui prendra la place de Valérie Trierweiler à la droite de Barack Obama.

Le spécialiste aurait également pu mentionner l'inconvénient d'avoir à détruire et refaire quelque 300 invitations qui avaient été imprimées avec le nom de l'ancienne première dame française.

Mais les raisons qui ont incité Barack Obama à honorer la France et son président n'ont pas changé depuis novembre. À l'évidence, il sortait le grand jeu, oubliant son peu d'enthousiasme pour les visites d'État. Après tout, il n'en avait organisé que six depuis son arrivée à la Maison-Blanche (contre 35 pour Ronald Reagan et 23 pour Bill Clinton).

«Je pense qu'il voulait faire quelque chose pour dédommager le président Hollande», dit Erik Goldstein, rappelant notamment que la volte-face de Barack Obama sur la Syrie avait été perçue en France comme une gifle humiliante pour son allié.

Durant la visite, les deux présidents discuteront des possibilités de renforcer la coopération franco-américaine en matière d'économie et de sécurité, comme on dit en langage diplomatique. Mais, compte tenu des circonstances, les médias et le public auront sans doute du mal à s'en tenir à des sujets aussi austères que le conflit syrien, le nucléaire iranien ou les écoutes de la NSA.

«Je me demande s'il [François Hollande] va demander à la première dame de danser avec lui», a confié au New York Times Walter Scheib, chef de la Maison-Blanche sous Bill Clinton et George W. Bush. «Cela ferait la une de tous les tabloïds - «Un Français fait la conquête de la première dame!»

Monticello... (Photo: AFP) - image 2.0

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Monticello

Photo: AFP

Selon le journaliste et écrivain James Atlas, plusieurs personnes se poseront également la même question en voyant François Hollande au côté de Barack Obama à l'occasion de la conférence de presse conjointe qu'ils tiendront demain midi ou du dîner d'État auquel ils assisteront plus tard en soirée: «Qu'est-ce que les femmes peuvent bien voir en lui?»

Thomas Jefferson

Le programme de la visite de François Hollande présentera aussi un détour croustillant. À peine arrivé à Washington, il s'envolera avec Barack Obama à bord d'Air Force One vers Charlottesville, en Virginie, où se trouve Monticello, résidence du troisième président des États-Unis et «ministre plénipotentiaire» à Paris à l'aube de la Révolution française, «Monticello reflète l'affection de [Thomas] Jefferson pour les Français, les relations entre nos deux démocraties et les valeurs que nous partageons et qui nous sont chères», a fait savoir la Maison-Blanche en expliquant le choix de cette destination.

Et d'ajouter: «Le président Obama est heureux de montrer ce témoignage de notre histoire partagée au président Hollande.»

Le communiqué de la Maison-Blanche ne disait pas si l'hôte américain avait l'intention d'évoquer devant son invité volage l'histoire de Sally Hemings, l'esclave noire dont Thomas Jefferson aurait fait sa concubine et qui lui aurait donné au moins un fils.

François Hollande serait sans doute intéressé d'apprendre que le premier journaliste à éventer cette liaison en 1802 avait été accusé de confondre la vie publique du président des États-Unis avec sa vie privée.




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