Ebola: des tests des vaccins bientôt réalisés dans les zones de contamination

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La directrice générale adjointe de l'OMS, la docteure Marie Paule Kieny

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
GENÈVE

Les tests cliniques sur plusieurs dizaines de milliers de personnes de deux vaccins potentiels contre la fièvre hémorragique Ebola vont commencer dès la fin janvier dans les zones contaminées d'Afrique de l'Ouest, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Marie-Paule Kieny, directrice générale adjointe de l'OMS et responsable de la mobilisation contre Ebola auprès de l'organisation, a précisé aux journalistes que ces tests, dits de «phase 3», seront menés sur des personnes saines.

Il faudra ensuite attendre de deux à quatre semaines pour avoir les données sur l'immunisation procurée par ces vaccins, qui ont déjà été testés sur des volontaires dans divers pays «avec des résultats acceptables en matière de sécurité».

Les premiers tests commenceront fin janvier au Liberia et seront réalisés ensuite en février en Guinée et en Sierra Leone, a indiqué Mme Kieny. Les fabricants des deux vaccins doivent déterminer d'ici là la dose à administrer.

18 000 personnes seront au total vaccinées avec les deux vaccins. En Guinée, les tests concerneront dans un premier temps 4500 personnes puis, plus tard, un second groupe de 4500 personnes sera vacciné. 6000 personnes seront vaccinées en Sierra Leone et au Liberia.

Ces décisions ont été prises par l'OMS après la réunion, jeudi par téléconférence, de 87 experts du monde entier sur les vaccins. Il n'existe pas de vaccins homologués contre Ebola et la communauté sanitaire mondiale avance à marche forcée pour en trouver un ou plusieurs, bousculant les protocoles habituels de validation d'un nouveau produit.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels, d'où un très fort risque de contamination pour les soignants et les proches des malades.

Ebola a affecté au moins 20.972 personnes, entraînant le décès d'au moins 8.259 d'entre elles, selon le dernier bilan jeudi de l'OMS. La grande majorité des victimes provient de Guinée, Sierra Leone et Liberia.

Une fois la phase 3 des tests réalisée et validée, il sera possible de passer à une utilisation généralisée. Des millions de doses vaccinales sont espérées d'ici la fin du premier semestre 2015 et il pourrait y en avoir des dizaines de millions en 2016, selon  la responsable de l'OMS. .

Depuis Ebola, la rougeole flambe

Les deux vaccins actuellement testés sont le rVSV-ZEBOV ou rVSV, produit par le laboratoire américain Merck et développé par l'agence de santé publique du Canada, et le ChAd3 (ou cAd3-ZEBOV) développé par la firme britannique GSK.

Ces produits doivent être conservés dans un froid intense et des réfrigérateurs spéciaux ont été déployés dans les trois pays concernés, a précisé le Dr Kieny.

Un troisième vaccin, développé par Jansen, une filiale de la firme américaine Johnson and Johnson, est également sur les rangs mais sa production ayant pris du retard, il est en période test de phase 1 en Grande-Bretagne pour s'assurer qu'il est sûr et bien toléré avant de pouvoir être testé en Afrique, selon le Dr Kieny.

Les tests de phase 1 ont été réalisés sur des volontaires au Mali et au Gabon, afin de s'assurer que ces tests tiennent compte des différences entre les populations européennes et africaines, ainsi qu'aux États-Unis, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Allemagne et au Canada.

L'effondrement des systèmes de santé dans les pays affectés par l'épidémie a affecté le traitement des autres maladies. L'Unicef, l'agence des Nations Unies pour l'aide à l'enfance, a annoncé vendredi une augmentation du nombre de cas de rougeole pour les enfants dans ces pays et le renforcement des programmes de vaccination.

«Le nombre de cas de rougeole a fortement augmenté dans ces pays, où les systèmes de santé sont débordés et des dizaines de milliers d'enfants exposés à des maladies mortelles», a indiqué l'Unicef dans un communiqué.

«La rougeole est une cause majeure de décès d'enfants, mais on peut facilement l'arrêter avec un vaccin sûr et efficace», a déclaré Manuel Fontaine, directeur régional de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest et centrale.

«Les taux de vaccination ont diminué considérablement, ce qui met encore plus en danger la vie des enfants», a-t-il ajouté.

En Guinée, où une flambée de rougeole s'était déclarée début 2014 - avant Ebola -, le nombre de cas de rougeole confirmés a presque quadruplé, passant de 59 pour la période janvier-décembre 2013 à 215 pour la même période en 2014, selon l'OMS.

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