François Hollande, premier dirigeant non-african en zone Ebola

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Donnant l'exemple, le président français s'est fait prendre sa température.

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Mouctar BAH, Sabine WIBAUX
Agence France-Presse
CONAKRY

Le président français François Hollande s'est rendu vendredi en Guinée, la première visite d'un dirigeant non africain dans l'un des pays ravagés par l'Ebola, brisant symboliquement l'isolement international et la stigmatisation dénoncés par ces États.

«Nous avons le devoir de vous soutenir» dans «l'épreuve que votre pays traverse», a déclaré M. Hollande peu après son arrivée vers 13 h 30, heure locale (8 h 30 à Montréal), à Conakry. Il effectue une étape sur la route de Dakar, où il assistera au XVe sommet de la Francophonie samedi et dimanche.

«Nous sommes ensemble dans cette lutte, dans cette bataille», a-t-il ajouté, remerciant la Guinée, dont «l'effort de prévention et de soin évite au monde entier, et donc à l'Europe et à la France, d'être contaminé par ce terrible virus».

«Demain au sommet de la Francophonie, je lancerai un nouvel appel à la mobilisation internationale. Mais la France doit montrer l'exemple», a dit M. Hollande, accueilli par une foule en liesse pour cette première visite d'un président français depuis 1999, rappelant l'engagement de 100 millions d'euros (plus de 141 millions de dollars) de Paris.

Le chef de l'État guinéen Alpha Condé a salué «un très très grand symbole».

«Si le président d'un pays aussi important que la France vient en Guinée, cela veut dire que tout le monde peut venir en Guinée», s'est-il félicité.

«C'est plus important même que l'aide qu'il nous apporte sur le plan médical», a-t-il estimé.

Dans une lettre publiée avant l'arrivée de M. Hollande, l'opposition l'a également remercié pour sa «venue en Guinée, au moment où ce pays fait l'objet de mesures d'isolement et ses citoyens de stigmatisation partout dans le monde».

Au-delà de l'aide matérielle, livrée par la France à cette occasion, «c'est l'aide humaine qui est la plus significative», a dit M. Hollande, accompagné d'experts et de médecins, dont le directeur de l'Institut Pasteur, Christian Bréchot.

Le clou de la visite a été à l'hôpital Donka où, devant une longue haie de personnels soignants, M. Hollande a longé le camp de Médecins sans frontières (MSF), une ONG à la pointe de la lutte anti-Ebola.

Avant d'entrer dans l'établissement, les deux chefs d'État, comme leurs accompagnants, se sont lavé les mains et se sont fait prendre la température.

Avancées contre l'Ebola

Le dirigeant français va également signer un accord de coopération pour la création d'un Institut Pasteur à Conakry fin 2016.

Ce centre se focalisera «sur les maladies à haut potentiel épidémique, responsables de plusieurs épisodes majeurs et sévères en Guinée ces dernières années» comme l'Ebola et d'autres fièvres hémorragiques virales, selon M. Bréchot.

Partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, l'épidémie a fait au moins 1260 morts dans ce pays, sur quelque 5700 décès recensés, dont plus de 3000 au Liberia et quelque 1400 en Sierra Leone, deux pays voisins.

Mais la lutte progresse, avec un ralentissement de la propagation, notamment en Guinée et au Liberia, même si la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a appelé vendredi à éviter «tout excès de confiance».

Autre bonne nouvelle : l'élaboration de nouveaux tests de dépistage en 15 minutes, dont un, mis au point par l'Institut Pasteur de Dakar, va faire l'objet d'essais à Conakry.

Mais la visite de François Hollande en Guinée a attisé les tensions politiques dans cette ex-colonie française.

L'opposition a dénoncé, dans sa lettre à M. Hollande, «une démocratie de façade», accusant le pouvoir de M. Condé de «refuser le dialogue».

Une élection présidentielle est prévue en 2015, au terme du mandat du président Condé, au pouvoir depuis 2010. Cet ancien opposant est le premier chef d'État démocratiquement élu dans ce pays indépendant depuis 1958, régulièrement dirigé depuis par des pouvoirs dictatoriaux.

L'épidémie d'Ebola a déjà fait monter la tension en Guinée.

Le président Condé a justifié mercredi le recours à la force contre des populations récalcitrantes pour arrêter le virus.

«Il y a des gens qui refusent qu'on prenne leur température», a-t-il fustigé. «C'est un véritable danger pour notre économie, nos hôtels sont vides».

Il a aussi vertement récusé les critiques portant sur la liberté de la presse. «Je m'en fous de ce que Reporters sans frontières (RSF) va écrire», a-t-il lancé, assurant faire respecter la loi.

RSF a dénoncé «une diatribe acerbe et confuse», plaidant pour «une information libre».

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