Ebola: le Liberia et la Sierra Leone se barricadent

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Zoom DOSSO, Rod MAC JOHNSON
Agence France-Presse
MONROVIA et FREETOWN

Deux pays en état d'urgence face au virus Ebola, le Liberia et la Sierra Leone, ont placé jeudi en quarantaine trois villes de la zone contaminée, fermant des routes et lieux de loisirs, des efforts de plus en plus désespérés pour enrayer l'épidémie.

L'Europe a pour sa part accueilli jeudi un premier malade d'Ebola rapatrié, un missionnaire espagnol contaminé au Liberia, quelques jours après le rapatriement de deux patients originaires des États-Unis qui ont porté leur alerte sanitaire au niveau le plus élevé.

La diplomatie américaine a par ailleurs déconseillé aux Américains de reporter tout voyage «non essentiel» au Liberia et ordonné aux proches du personnel de son ambassade de Monrovia de quitter le pays.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui achevait une réunion de deux jours pour déterminer si l'épidémie constituait une «urgence de santé publique de portée mondiale», devait annoncer vendredi des mesures à l'échelle internationale.

Face à la plus grave épidémie depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique en 1976, avec plus de 930 morts, les appels aux moyens extraordinaires se multipliaient, suscitant une polémique sur l'éventuelle utilisation de traitements prometteurs encore expérimentaux.

Au Liberia, l'armée a reçu ordre de limiter les mouvements de la population et contrôlait strictement les accès à la capitale, Monrovia, en provenance des provinces touchées.

Des centaines de personnes étaient bloquées par des barrages militaires entre le nord et Monrovia, avant même la déclaration dans la nuit de l'état d'urgence par la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

Relevant «l'ampleur et l'échelle de l'épidémie, la virulence et la mortalité du virus», Mme Sirleaf a estimé que la situation «exigeait des mesures extraordinaires pour la survie de l'État».

Elle a décrété l'état d'urgence pour 90 jours, prévenant que «le gouvernement prendrait des mesures extraordinaires, y compris, si nécessaire, la suspension de certains droits et privilèges».

Le ministre libérien de la Défense Burnie Samuka a officialisé le lancement par l'armée de «l'opération Bouclier blanc», annonçant la mise en place de barrages dans plusieurs localités pour limiter, voire arrêter complètement les déplacements.

Dans la province de Lofa, limitrophe de la Sierra Leone et de la Guinée, également en proie à l'épidémie, la ville de Gbakedou sera mise en quarantaine, a précisé le ministre.

En Guinée, où l'épidémie s'est déclarée au début de l'année, la fièvre Ebola affecte 11 des 33 préfectures du pays, selon le chef de la prévention et la lutte contre la maladie, le Dr Sakoba Keïta.

Inhumation sur place

En Sierra Leone, les villes de «Kenema et Kailahun ont été mises en quarantaine», a annoncé un porte-parole du gouvernement, Abdulai Bayratay, ajoutant que cette mesure sera «maintenue le temps qu'il faudra». Cela pourrait durer 60 à 90 jours, selon lui comme d'autres décisions relevant de l'état d'urgence décrété le 1er août par le président Ernest Bai Koroma.

La présidence sierra-léonaise a annoncé en outre la limitation de la circulation des motos-taxis de 7 h à 19 h et la fermeture immédiate des boîtes de nuit, salles de cinéma et vidéoclubs. De plus, «les malades d'Ebola qui meurent doivent être inhumés sur le lieu de leur décès», selon la présidence.

Au Nigeria, où une deuxième mort a été enregistrée mercredi - une infirmière qui avait soigné un passager du Liberia décédé le 25 juillet -, les médecins des hôpitaux publics, en grève depuis le 1er juillet, ont annoncé jeudi la suspension de leur mouvement, eu égard à la gravité de la situation.

Les deux décès d'Ebola au Nigeria sont survenus à Lagos, ville la plus peuplée d'Afrique subsaharienne, avec de plus de 20 millions d'habitants, où cinq cas confirmés ont été placés en quarantaine.

À Lagos, le ministère de la Santé a annoncé qu'il allait établir un contrôle des passagers des lignes aériennes qui quittent le pays. Ceux qui auraient contracté le virus seront priés de ne pas se rendre à l'étranger.

Au Liberia, le syndicat des personnels de Santé a menacé de se mettre en grève si le gouvernement ne lui fournissait pas le matériel nécessaire contre Ebola. «Nous n'avons pas de gants, ni combinaisons et autres équipements requis», a déclaré Deemi Dearzrua, secrétaire général du syndicat.

La Commission économique des États de l'Afrique de l'Ouest, regroupant 15 pays a, de son côté, décidé de suspendre durant le mois d'août, voir plus longtemps si nécessaire, toutes les réunions qui devaient mettre en contact des représentants des pays frappés par l'épidémie.

Aux États-Unis, de hauts responsables sanitaires ont jugé inévitable jeudi que des personnes ayant voyagé dans les pays africains touchés par l'épidémie d'Ebola entrent infectées aux États-Unis, mais ont affirmé ne pas craindre pour autant une épidémie étendue dans le pays.

L'agence américaine des médicaments (FDA) a partiellement levé des restrictions sur un traitement expérimental de la société canadienne Tekmira. «Cette décision nous permet d'utiliser potentiellement TKM-Ebola chez des personnes infectées par le virus Ebola», estime la firme.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés. Il provoque une fièvre caractérisée par des hémorragies, vomissements et diarrhées. Son taux de mortalité varie de 25 à 90 %.

Deux villes en quarantaine

Les villes de Kailahun et Kenema, dans l'est de la Sierra Leone en proie à l'épidémie d'Ebola, ont été placées en quarantaine et des lieux de loisirs, dont les boîtes de nuit et cinémas ont été fermés avec effet immédiat dans le pays, ont annoncé jeudi les autorités.

«C'est officiel: Kenema et Kailahun ont été mises en quarantaine. Les infirmiers sont actuellement aidés par des responsables de la police et de l'armée pour faire en sorte que nous ayons accès à tous les cas suspects qui n'ont pas été signalés au ministère de la Santé», a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Abdulai Bayratay.

«Ce qui est en train d'être fait relève de la coordination, non pour créer la panique, mais pour permettre aux travailleurs sanitaires d'accomplir leur mission sans interruption», a assuré le porte-parole à des journalistes.

«La mesure de quarantaine sera maintenue le temps qu'il faudra», a-t-il ajouté, indiquant qu'elle pourrait durer 60 à 90 jours, comme d'autres décisions relevant de l'état d'urgence décrété le 1er août par le président Ernest Bai Koroma et ratifié à l'unanimité jeudi par l'Assemblée nationale.

Les populations sous quarantaine ne doivent pas se déplacer en dehors des zones concernées, «il y a toujours un petit nombre de personnes qui nient l'existence de la maladie, et d'autres qui emmènent des malades suspects d'Ebola dans des cliniques privées au lieu d'informer le ministère de la Santé,» a expliqué M. Bayratay.

«Le gouvernement a pris des dispositions pour approvisionner en nourriture les populations dans les villes en quarantaine», en utilisant des financements initialement prévus pour «la construction des routes, l'agriculture et l'éducation», a-t-il précisé, sans fournir de montant.

La présidence a de son côté annoncé de nouvelles mesures de restriction pour lutter contre l'épidémie.

Ainsi, les motos-taxis ne sont désormais autorisées à circuler que de 7h00 à 19h00 dans tout le pays, «les boîtes de nuit, salles de cinéma et vidéo-clubs sont fermés avec effet immédiat», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

En outre, «les malades d'Ebola qui meurent doivent être inhumés sur le lieu de leur décès, et le transport des zones épicentres est désormais limité».

Selon le ministère de la Santé, l'épidémie touche actuellement onze des douze districts du pays. Seul celui de Koinadugu (nord) «n'a signalé aucun cas confirmé d'Ebola» jusqu'à jeudi.




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