Les formateurs militaires canadiens pourront se rendre en Ukraine

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Le ministre Jason Kenney (veston noir) lors de sa visite du centre international de formation de Yavoriv, en Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Murray Brewster
La Presse Canadienne
Kiev, Ukraine

La plupart des obstacles juridiques et diplomatiques qui empêchaient le déploiement de formateurs militaires canadiens en Ukraine ont été surmontés, affirme le ministre de la Défense, Jason Kenney.

M. Kenney a visité samedi, le centre international de formation de Yavoriv, près de la frontière polonaise, où quelque 200 instructeurs militaires s'installeront au cours des prochaines semaines.

Des formateurs provenant des États-Unis et du Royaume-Uni sont présents au centre d'entraînement depuis le printemps et donnent une formation militaire de base aux membres de la garde nationale ukrainienne.

La contribution du Canada a été annoncée en grande pompe à la mi-avril, mais il pourrait falloir attendre jusqu'au mois d'août pour que l'ensemble du contingent soit en poste.

«Nous n'avons pas encore d'accord d'assistance technique avec l'Ukraine, a expliqué le ministre Kenney en entrevue avec La Presse Canadienne. Nous avons besoin d'un cadre juridique avant le déploiement complet de nos formateurs ici. C'est l'une des raisons de ma visite. C'est pour résoudre certaines questions juridiques techniques en suspens.»

M. Kenney n'a pas précisé quels pourraient être les points de friction, mais a indiqué que les États-Unis avaient travaillé sur un accord technique avec l'Ukraine un an avant le Canada et que les Américains étaient en meilleure position pour avancer rapidement dans ce dossier.

Le ministre a également expliqué que le Pentagone n'avait donné que tout récemment le feu vert au Canada pour que les deux pays partagent le centre d'entraînement qui, à l'origine, avait été loué à l'OTAN à l'époque où l'ancienne république soviétique était en voie de se joindre à l'alliance.

«Nous avons réalisé que nous pouvions économiser beaucoup d'argent si nous logions avec les Américains dans la même base d'entraînement et partagions la logistique, et qu'il y avait des économies d'échelle à faire ici. Mais pour des raisons internes, ils ne pouvaient nous donner le feu vert jusqu'à tout récemment», a affirmé M. Kenney.

Un délai semblable avait été observé lorsque le gouvernement Harper avait annoncé à l'automne le déploiement de troupes pour combattre le groupe armé État islamique au Moyen-Orient. Les autorités canadiennes avaient dû échanger une série de notes diplomatiques avec l'Irak afin de définir les protections juridiques pour les troupes et les pilotes qui seraient appelés à faire usage d'une force létale.

Le gouvernement Harper avait finalement choisi de ne pas conclure un accord exhaustif avec Bagdad, mais plutôt de créer une convention sur le statut des forces, un choix qui avait suscité l'inquiétude des partis de l'opposition.

En fin de journée samedi, Jason Kenney a annoncé une aide financière «supplémentaire» de 15 millions de dollars - dont 3 millions déjà annoncés en mars 2014 - qui serviront à «améliorer le journalisme d'enquête» dans les médias ukrainiens.

La majorité des fonds, soit 12,4 millions de dollars, seront destinés à la «réforme fondamentale du système judiciaire».

Il y a actuellement environ 40 Canadiens en poste en Ukraine, qui mènent une mission de reconnaissance et préparent le déploiement d'un plus gros contingent.

L'essentiel de ce contingent, qui sera déployé à Yavoriv, donnera de la formation sur le maniement d'armes de combat, mais certains Canadiens seront envoyés dans d'autres centres de formation, notamment le centre de déminage du ministère ukrainien de la Défense à Kamianets-Podilski, dans le sud-ouest du pays.

Il y aura aussi des formateurs médicaux, des instructeurs de la police militaire, des spécialistes de la sécurité aérienne et d'autres qui montreront aux Ukrainiens comment mettre sur pied une chaîne d'approvisionnement militaire efficace.

Des responsables militaires ukrainiens ont toutefois déclaré en privé que les Canadiens seraient particulièrement appréciés pour leurs compétences en détection et en neutralisation d'engins explosifs improvisés, acquises lors de la guerre en Afghanistan.

La semaine dernière, l'OTAN a annoncé la mise sur pied d'un nouveau fonds de fiducie pour l'Ukraine visant le déminage et la neutralisation des engins explosifs improvisés.

Sept soldats ukrainiens ont été tués plus tôt en juin lorsque leur camion a roulé sur une mine près de Krasnogorivka, à l'ouest de Donetsk. Un autocar de civils a également explosé en passant sur une mine dans la même région au printemps, un incident qui a fait trois morts.

L'UNICEF a prévenu que les munitions et les mines non explosées représentaient un risque particulier pour les enfants dans l'est de l'Ukraine.

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