Russie: de hauts-gradés militaires accusent les É.-U. de déstabiliser l'ex-URSS

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Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
MOSCOU

De hauts responsables militaires russes ont vertement critiqué jeudi les États-Unis, accusant Washington de financer des révolutions et d'élargir l'OTAN avec pour seul but de contrer l'influence de la Russie dans les pays d'ex-URSS.

Alors qu'il s'exprimait à Moscou devant un parterre composé principalement de ses homologues, venus de Corée du Nord, de Grèce mais aussi du Pakistan, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a consacré son discours à la «menace» américaine.

«Nous sommes inquiets: la stabilité établie après la Seconde Guerre mondiale commence à s'effriter», a-t-il lancé au cours de cette Conférence annuelle sur la sécurité internationale. «Certains pays qui se considèrent comme les vainqueurs de la Guerre froide tentent de dicter leur volonté aux autres».

«Nous sommes à un tournant décisif de l'Histoire. Nous sommes ceux qui vont déterminer les paramètres de l'ordre mondial», a-t-il martelé.

M. Choïgou, qui a de nombreuses fois utilisé l'expression «certains pays» pour se référer aux États-Unis, a accusé Washington de déstabiliser l'ex-URSS et d'attirer les anciennes républiques soviétiques hors de la zone d'influence de Moscou.

«Le principal objectif est de couper les liens entre la Russie et ces pays qui y sont attachés par leur culture et leur histoire», a-t-il assuré, affirmant que les Américains n'hésitaient pas à investir massivement dans le pays ou à provoquer des révolutions populaires pour atteindre leurs fins.

«Bien sûr, la plus grande des tragédies parmi les "révolutions de couleur", c'est l'Ukraine», a-t-il jugé, estimant qu'elle contrastait avec le rattachement «pacifique» de la Crimée à la Russie.

Avant de l'annexer en mars 2014, Moscou avait déployé ses forces dans la péninsule ukrainienne en février, quelques jours après la destitution par un soulèvement populaire du président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch.

Le rattachement de la Crimée a été le détonateur d'une crise sans précédent entre Russes et Occidentaux, et a été suivi en avril 2014 d'une guerre dans l'est de l'Ukraine entre troupes ukrainiennes et séparatistes prorusses, un conflit qui a fait plus de 6000 morts en un an.

«Les pays (membres) de l'OTAN cherchent à rafler de l'espace géopolitique, à renforcer le potentiel militaire de l'Europe de l'Est et de se rapprocher (des frontières) de la Russie», a-t-il soutenu.

Dans le sens des remarques de M. Choïgou, le discours du chef d'état-major russe Valeri Guerassimov à la conférence s'est focalisé sur la quête de «domination absolue» des États-Unis sur un monde qu'ils souhaitent «façonner selon leurs désirs».

Cette conférence se tenait en parallèle de la session télévisée annuelle de questions-réponses du président Vladimir Poutine, au cours de laquelle il a déclaré, citant le tsar Alexandre III, que «la Russie n'a que deux alliées: son armée et sa flotte militaire».

«Nous ne considérons aucun pays comme notre ennemi. Et nous ne conseillons à personne de nous considérer comme son ennemi», a souligné M. Poutine.

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