Kiev demande un contingent international de maintien de la paix

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L'Occident a fermement dénoncé la prise de Debaltseve, qui risque de ruiner le très fragile cessez-le-feu, mettant en cause Moscou.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Oleksandre STACHEVSKIY, Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
Artemivsk et Kiev

Les séparatistes prorusses ont infligé mercredi un nouveau revers à Kiev en contraignant son armée à abandonner la ville stratégique de Debaltseve, poussant le président ukrainien Petro Porochenko à demander l'envoi d'une mission policière de l'UE sous mandat de l'ONU pour maintenir la paix dans l'est du pays.

Mais pour les rebelles, l'important est ailleurs: en prenant Debaltseve, verrou stratégique pour le contrôle de l'est de l'Ukraine, ils ont parachevé leurs avancées militaires amorcées pendant l'été.

La zone qu'ils contrôlent est maintenant homogène, faisant la jonction entre les territoires séparatistes des régions de Lougansk et de Donetsk. La question qui se pose désormais: les rebelles vont-ils s'arrêter là ou continuer de gagner du terrain plus à l'ouest, ou vers le sud maritime et le port de Marioupol?

Face à cette éventualité, M. Porochenko a voulu prendre les devants. Mercredi, en préambule d'une réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense, il a annoncé que Kiev demanderait l'envoi d'une mission policière de l'Union européenne dans l'est de l'Ukraine.

Ce serait «la meilleure option (...) pour garantir la sécurité, dans une situation où le cessez-le-feu n'est respecté ni par la Russie ni par ceux qui la soutiennent», a affirmé M. Porochenko.

Le principe d'un contingent de paix international, qui surveillerait la frontière russo-ukrainienne, poreuse, et la ligne séparant l'Ukraine des territoires séparatistes, a été adopté par le Conseil de sécurité nationale et de défense, mais doit encore être voté au Parlement.

Le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et M. Porochenko devaient se parler dans la soirée au cours d'une conférence téléphonique à quatre, selon Paris.

Mercredi, le président ukrainien a annoncé l'abandon de Debaltseve, avant de gagner le front à la rencontre des soldats qui avaient fui la ville.

Il a assuré que cette évacuation avait été «planifiée et organisée», des propos mis en doute par des soldats ukrainiens sortis de l'encerclement.

«On n'a entendu aucun ordre. On s'est seulement rendu compte qu'il y avait une retraite quand les blindés ont commencé à partir», a déclaré à l'AFP un soldat ukrainien à Artemivsk, ville située à 35 kilomètres de Debaltseve et où les troupes ukrainiennes se sont repliées.

Des journalistes de l'AFP avaient vu des dizaines de blindés et de véhicules militaires, en provenance de Debaltseve, arriver à Artemivsk avec à leur bord des soldats pas rasés et visiblement épuisés. Selon Kiev, 2.475 soldats ont quitté Debaltseve mercredi.

L'offensive rebelle contre cette ville est intervenue malgré une nouvelle trêve arrachée la semaine dernière à l'issue de négociations marathon à Minsk entre les dirigeants allemand, français, russe et ukrainien.

Le nombre de morts fait débat

L'Occident a fermement dénoncé la prise de Debaltseve, qui risque de ruiner le fragile cessez-le-feu, mettant en cause Moscou. «La Russie et les séparatistes doivent immédiatement et pleinement mettre en oeuvre les engagements pris à Minsk», a déclaré le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini.

Les États-Unis ont lancé un appel similaire à la Russie, tout en soulignant que pour eux l'accord de cessez-le-feu du 12 février était toujours d'actualité.

«Nous ne considérons pas qu'il est mort, non», a déclaré la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki, lors d'un briefing au cours duquel elle a fait état d'une nouvelle conversation téléphonique entre le secrétaire d'Etat John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov.

M. Kerry «a pressé le ministre des Affaires étrangères Lavrov de mettre fin aux attaques séparatistes et russes contre des positions ukrainiennes à Debaltseve et à d'autres violations du cessez-le-feu», a déclaré la porte-parole.

La Russie est accusée par l'Ukraine, l'UE et les États-Unis d'armer les séparatistes et d'avoir déployé des troupes régulières en Ukraine, ce que Moscou dément.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a répété cette accusation à Riga en marge d'une réunion informelle des ministres européens de la Défense, qui prend fin jeudi. «Les troupes russes, l'artillerie, les unités de défense antiaérienne, de même que les éléments de commandement et de contrôle, sont toujours actifs en Ukraine», a-t-il affirmé.

Les rebelles ont de leur côté appelé mercredi Kiev à respecter les accords de Minsk, et ont même affirmé avoir commencé le retrait de leurs armes lourdes de la ligne de front.

Le nombre de morts à Debaltseve fait débat. L'armée évoque 22 soldats tués et plus de 150 blessés «ces derniers jours», dont six morts lors de l'évacuation, mais certains médias ukrainiens ont fait état d'une quarantaine de morts. Le directeur de la morgue d'Artemivsk a indiqué à l'AFP avoir reçu mercredi 13 corps de soldats ukrainiens.

Les médias russes ont affirmé qu'au moins 72 militaires ukrainiens s'étaient rendus aux rebelles. Kiev a confirmé la capture de soldats sans dévoiler leur nombre.



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