L'OTAN s'inquiète des missiles russes en Crimée

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Une source militaire a annoncé le déploiement de 14 avions de chasse en Crimée où la Russie dispose d'une base militaire aérienne rénovée. Ci-dessus, un prêtre orthodoxe russe bénit un SU-27 SM sur le tarmac de l'aéroport militaire de Belbek, en Crimée, le 26 novembre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA, Eric RANDOLPH
Agence France-Presse
KIEV

Le commandant en chef de l'OTAN, le général américain Philip Breedlove, a dénoncé mercredi à Kiev le déploiement de missiles russes en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars par Moscou, estimant qu'il s'agissait d'une menace pour les pays bordant la mer Noire.

Il est toutefois resté évasif sur les perspectives atlantistes de Kiev alors que les autorités pro-occidentales ukrainiennes tentent de relancer leur projet d'adhésion à l'OTAN après la perte humiliante de la Crimée et la partition de facto du bassin minier du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, contrôlé en partie par les rebelles prorusses qui combattent l'armée ukrainienne.

«Nous sommes très inquiets de la militarisation de la Crimée», a déclaré le général au cours d'une conférence de presse à Kiev en disant craindre le déploiement d'armes nucléaires et «surveiller» les développements à ce sujet.

«Les équipements qui sont en train d'être installés en Crimée (...), les missiles de croisière et les missiles antiaériens sont capables d'atteindre la totalité de (la région) de la mer Noire», a-t-il poursuivi.

Ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence militaire en Crimée. Elle a notamment décidé d'y rouvrir une station d'alerte antimissile et de consacrer plus de 1,75 milliard d'euros d'ici à 2020 au développement de sa flotte de la mer Noire.

En outre une source militaire a annoncé mercredi à l'agence de presse russe TASS le déploiement de quatorze avions de chasse en Crimée où la Russie dispose d'une base militaire aérienne rénovée. À terme, l'escadrille comptera 30 appareils.



Une adhésion à l'OTAN «très difficile»

Après s'être entretenu avec le président ukrainien Petro Porochenko et le premier ministre Arseni Iatseniouk qui ont fait de l'adhésion de Kiev à l'OTAN une priorité, le général Breedlove a souligné que ce n'était pas l'OTAN qui cherchait de nouveaux membres, mais «ce sont eux qui cherchent à rejoindre l'OTAN».

«Nous devons être suffisamment clairvoyants pour réaliser que cela pourrait inquiéter l'autre partie», a-t-il souligné dans une allusion évidente à la Russie.

M. Porochenko s'était engagé lundi à organiser un référendum à ce sujet lorsque les critères nécessaires seraient «remplis», sans plus de précisions.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance doivent se réunir le 2 décembre à Bruxelles où ils aborderont notamment la situation en Ukraine en présence du chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine et du Secrétaire d'État américain John Kerry, selon un responsable de l'OTAN.

Toutefois, même les alliés les plus fidèles de Kiev sont sceptiques sur la perspective d'adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique.

La responsable du département d'État américain chargée des affaires européennes, Victoria Nuland a déclaré mercredi dans une interview au site d'information russe indépendant Meduza qu'il serait «très difficile» pour l'Ukraine d'adhérer à l'OTAN.

Cette perspective crispe Moscou qui veut maintenir l'Ukraine dans sa sphère d'influence et dément toute implication dans le conflit dans l'Est qui a fait plus de 4300 morts depuis le lancement de l'«opération antiterroriste» ukrainienne à la mi-avril.

Le général Breedlove qui avait dans le passé accusé la Russie de déployer dans l'Est rebelle de l'Ukraine des troupes et de l'équipement lourd, ce que Moscou dément catégoriquement, a précisé mercredi que le rôle de ces troupes était d'«équiper» et d'«entraîner» les rebelles sans évoquer leur implication directe dans les combats.

Sollicitées par Kiev, les autorités américaines refusent de fournir à Kiev des armes létales mais prévoient en revanche de positionner environ 150 chars et véhicules blindés dans plusieurs pays membres de l'OTAN, dont une partie en Europe de l'Est, inquiète pour sa sécurité.

Renforts russes dans l'Est 

Kiev a de son côté affirmé mercredi avoir repéré plusieurs dizaines de camions transportant des hommes et de l'artillerie, et traversant la frontière russe pour se rendre dans l'Est séparatiste.

Le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a fait état de mouvement enregistré la veille de «deux colonnes d'équipement militaire en provenance de Russie et en direction de Lougansk via le poste-frontière d'Izvariné» sous contrôle des séparatistes prorusses.

«Il s'agit d'une quarantaine de camions accompagnés de deux véhicules blindés et d'une voiture. Sept véhicules transportaient du personnel et plus de 20 autres tractaient de l'artillerie», a-t-il précisé.

Alors que Kiev a suspendu toutes les allocations sociales aux territoires sous contrôle rebelle dans l'Est, le premier ministre Iatseniouk a accusé mercredi le Kremlin d'être responsable d'une «catastrophe humanitaire» dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

À Donetsk, bastion des séparatistes prorusses, aucun distributeur de billets ne fonctionnait mercredi et la plupart des commerces n'acceptaient pas le paiement par carte bancaire, Kiev ayant demandé la suspension des activités bancaires dans les régions rebelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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