Ukraine: le président nomme un nouveau ministre de la Défense

M. Poltorak commande actuellement la Garde nationale, qui regroupe... (PHOTO EFREM LUKATSKY, ARCHIVES AP)

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M. Poltorak commande actuellement la Garde nationale, qui regroupe les bataillons de volontaires, souvent issus de la contestation proeuropéenne du Maïdan, engagés aux côtés de l'armée dans l'Est.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Germain MOYON, Olga SHYLENKO
Agence France-Presse
KIEV

Le président ukrainien Petro Porochenko a nommé lundi ministre de la Défense Stepan Poltorak, jusqu'alors chef des volontaires engagés contre les séparatistes dans l'est, où la recherche d'une solution pacifique fait l'objet de rendez-vous diplomatiques cruciaux cette semaine.

M. Porochenko, qui se prépare sur le front intérieur à des législatives anticipées le 26 octobre, doit rencontrer Vladimir Poutine vendredi à Milan, en présence de dirigeants européens, avec l'espoir de relancer le processus de paix.

Les attentes sont renforcées par l'accalmie qui semble s'amorcer sur le terrain ces derniers jours, notamment dans le principal fief des séparatistes prorusses, Donetsk, après un mois de constantes violations du cessez-le-feu décrété à Minsk le 5 septembre.

C'est dans ce contexte d'apaisement, dans un conflit qui a fait plus de 3600 morts en six mois, que le président Porochenko a choisi de nommer lundi Stepan Poltorak, 49 ans, ministre de la Défense à la place de Valéri Gueleteï, limogé la veille.

M. Poltorak commande actuellement la Garde nationale, qui regroupe les bataillons de volontaires, souvent issus de la contestation proeuropéenne du Maïdan, engagés aux côtés de l'armée dans l'Est.

M. Porochenko, cité par la présidence, a loué ses «efforts pour créer à partir de zéro la Garde nationale connue pour la discipline».

Ce choix doit être validé par un vote du Parlement mardi.

«Grâce à lui, la Garde nationale est passée de l'état de rassemblement de bataillons de volontaires à celui de véritable armée», estime l'expert militaire Guéorgui Mantchoulenko. Ce spécialiste estime que la nomination de M. Gueleteï, issu de la police, était une «erreur» et son remplacement s'explique par l'approche des législatives et la volonté de «montrer que les erreurs sont corrigées».

Troisième ministre de la Défense nommé depuis l'arrivée au pouvoir de prooccidentaux à Kiev en février dernier, M. Gueleteï n'est pas parvenu à reprendre le contrôle d'une partie du bassin houiller russophone du Donbass.

Pour le politologue ukrainien Olexandre Souchko, il «a fait preuve d'incompétence dans de nombreuses situations critiques, il est en particulier en partie responsable de la tragédie d'Ilovaïsk».

Des forces ukrainiennes s'étaient fait piéger en août dans cette ville stratégique de la région de Donetsk, avec à la clé un bain de sang: Kiev avait reconnu la mort de 108 soldats, mais les médias ont évoqué un bilan près de deux fois plus lourd.

Le chef du bataillon de volontaires Donbass, particulièrement endeuillé dans cette bataille, s'est félicité du départ de M. Gueleteï, «un signal important que le président d'Ukraine a écouté ses électeurs».

Kerry s'envole pour Paris 

Petro Porochenko, élu fin mai, se prépare à des élections législatives anticipées le 26 octobre qui décideront de la composition du Parlement dans une période particulièrement difficile, entre conflit armé dans l'Est, conflit gazier avec la Russie et profonde récession économique.

Avant cette échéance, d'importants contacts diplomatiques doivent tenter de redonner un nouveau souffle à l'espoir de paix né de l'accord de Minsk.

Le chef de la diplomatie américain, John Kerry, s'est envolé lundi du Caire pour Paris, où il doit discuter de la crise ukrainienne mardi avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Vendredi, une rencontre est prévue entre M. Porochenko et Vladimir Poutine, en présence de dirigeants européens, lors d'un sommet à Milan.

Moscou, que Kiev et les Occidentaux accusent d'avoir armé les rebelles et d'avoir déployé des forces régulières pour les soutenir, semble jouer la désescalade: M. Poutine a ordonné samedi le retour à leurs bases de 17 600 soldats déployés à la frontière ukrainienne.

Un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a en outre indiqué que les troupes régulières russes présentes sur le territoire ukrainien avaient commencé à le quitter.

Visée par des sanctions occidentales sans précédent, la Russie se trouve au bord de la récession et sa monnaie, la plus affectée cette année parmi les grandes économies émergentes, est tombée lundi sous son record de faiblesse du printemps face à l'euro.

Dans un discours à la nation, M. Porochenko a prévenu dimanche s'attendre à «des négociations difficiles». Il a néanmoins dit espérer «un cessez-le-feu total dans les jours qui viennent».

Malgré une baisse d'intensité des combats, la mairie de Donetsk a fait état lundi midi de tirs à l'arme lourde et l'armée a annoncé la mort d'un militaire en 24 heures.

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