Rentrée sanglante dans l'est de l'Ukraine: dix morts

Une roquette s'est abattue vers 10h sur un... (PHOTO SHAMIL ZHUMATOV, REUTERS)

Agrandir

Une roquette s'est abattue vers 10h sur un autobus, faisant six morts et un blessé, a rapporté l'administration régionale.

PHOTO SHAMIL ZHUMATOV, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Simon VALMARY, Ioulia SILINA avec Patrick BAERT à Kiev
Agence France-Presse
Donetsk

La rentrée des classes a viré au carnage mercredi dans l'est de l'Ukraine, avec 10 morts dans des bombardements, dont quatre dans une école, soit le bilan le plus lourd pour les civils en un mois de cessez-le-feu théorique entre armée régulière et rebelles prorusses.

L'ONG Amnesty International dont les responsables ont visité la zone touchée par les tirs a mis cette attaque sur le compte de l'armée ukrainienne tout en estimant que les rebelles qui «placent des cibles militaires dans des quartiers d'habitation» devaient «partager la responsabilité».

Plusieurs heures après un tir de roquette sur un arrêt de bus à Donetsk, la principale ville aux mains des séparatistes, des journalistes de l'AFP ont vu cinq corps, dont un à bord d'un autobus calciné et deux autres à une cinquantaine de mètres de distance, témoignant de la violence de l'explosion.

Selon l'administration régionale, l'explosion a fait six morts et un blessé.

A 500 mètres de là et presque au même moment, un obus est tombé tout près d'une école, provoquant la mort de quatre adultes et faisant huit blessés selon la même source. Plus de 200 personnes se trouvaient dans l'établissement, ont précisé les autorités régionales.

L'obus est tombé au moment où les élèves reprenaient le chemin de l'école dans la zone sous contrôle des indépendantistes, un mois plus tard que dans le reste de l'Ukraine.

Les élèves ont passé la fin de la matinée dans les caves de l'établissement avant de pouvoir rentrer chez eux.

Cesser les tirs aveugles

Les séparatistes ont accusé l'armée d'être à l'origine des tirs, expliquant ne pas disposer des munitions retrouvées sur place. L'armée a démenti être responsable des explosions, dont le bilan est le plus lourd parmi les civils en une seule journée depuis le cessez-le-feu conclu le 5 septembre à Minsk. Les combats ont au total fait 68 morts, civils et militaires, depuis cette date.

«Les forces ukrainiennes doivent immédiatement cesser des tirs dans des zones habitées», a également souligné John Dalhuisen, directeur de l'Amnesty pour l'Europe et l'Asie dans un communiqué.

«J'étais avec une amie, elle a été tuée sur le coup. Elle avait une fille d'un an et sept mois, comment va-t-elle faire pour vivre maintenant? Les gens qui font ça ne sont pas humains, c'est inhumain.»

Vika Stegaïlo,
une passagère de 33 ans, blessée dans le bombardement du bus
Une femme blessée lors du bombardement qui a... (PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP) - image 3.0

Agrandir

Une femme blessée lors du bombardement qui a touché un autobus.

PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP

Pendant une visite mercredi de la zone touchée par les bombardements, les responsables de l'ONG ont vu une pièce d'artillerie rebelle «placée à moins de dix mètres d'une maison».

«En effectuant des opérations militaires dans le quartier, les rebelles partagent la responsabilité de ces dernières attaques avec les forces ukrainiennes», a ajouté M. Dalhuisen.

«Il y avait tellement de gens, tellement de sang», a dit Vika Stegaïlo, une passagère âgée de 33 ans, dont les deux jambes ont été cassées, en s'en prenant au président ukrainien Petro Porochenko. «Qu'a-t-on fait pour mériter ça? Nous avons des enfants qui ont le même âge que tes petits-enfants. Tu le paieras», promet-elle.

Malgré le regain de violences constaté depuis lundi, des observateurs des deux camps ainsi que de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont pris leurs quartiers le long de la ligne de partage entre les deux camps afin de surveiller le cessez-le feu, a indiqué le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Lyssenko.

Guerre du gaz 

Après des combats qui ont fait plus de 3.200 morts depuis avril, les prorusses contrôlent une zone d'environ 230 km sur 160, ce qui représente quelque 3% du territoire ukrainien, mais 9% de sa population, dans le bassin minier et sidérurgique du Donbass.

Russes et Ukrainiens s'opposent notamment sur le dossier du gaz, Moscou ayant coupé en juin l'approvisionnement de Kiev pour exiger le remboursement d'une dette désormais évaluée à 5,3 milliards de dollars.

Le ministre ukrainien de l'Energie, Iouri Prodan, a indiqué qu'il se rendrait jeudi à Bruxelles pour des discussions avec l'Union européenne, qui redoute des coupures cet hiver pour ses 28 pays membres si Moscou ne reprend pas ses livraisons à l'Ukraine. Une réunion à trois avec la Russie pourrait avoir lieu vendredi, a-t-il ajouté.

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a mis en garde le président russe Vladimir Poutine contre la mise en place de nouvelles barrières commerciales à l'encontre de l'Ukraine, à la suite de l'adoption d'un décret par lequel Moscou menace Kiev de taxes à l'importation.

Ce décret nourrit de «vives préoccupations» au sein de l'UE, a assuré M. Barroso, rappelant que le Kremlin s'est engagé à maintenir le régime commercial préférentiel octroyé à l'Ukraine en échange du report à fin 2015 de l'accord de libre-échange entre Kiev et l'UE.



Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer