La Russie fait face à un demi-million de réfugiés ukrainiens

L'accueil d'un flot continu de citoyens ukrainiens depuis... (Photo DANIL SEMYONOV, AFP)

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L'accueil d'un flot continu de citoyens ukrainiens depuis le début des affrontements dans l'Est russophone de l'Ukraine représente un défi pour les autorités russes.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Maxime POPOV
Agence France-Presse
MOSCOU

L'arrivée sur le territoire russe de plus d'un demi-million de réfugiés ukrainiens fuyant les combats dans l'Est de leur pays est devenue un problème criant pour les autorités russes, qui tentent de les ancrer en Russie.

«Depuis le 1er avril, plus de 515 000 personnes sont arrivées du Sud-est de l'Ukraine. Plus de 80% d'entre elles sont localisées dans les zones frontalières», expliquait mardi le chef du service russe de l'immigration (FMS) Konstantin Romodanovski.

L'accueil de ce flot continu de citoyens ukrainiens depuis le début des affrontements dans l'Est russophone de l'Ukraine représente un défi pour les autorités russes, qui cherchent à créer un centre de coordination au niveau fédéral pour décharger les régions de ce fardeau.

«Le flot de réfugiés ne s'est pas tari. Beaucoup veulent retourner chez eux une fois que le conflit sera terminé, mais de plus en plus de familles viennent au complet, avec l'intention de rester en Russie», explique à l'AFP Ella Pamfilova, déléguée aux droits de l'Homme auprès du Kremlin.

Parmi ces réfugiés, près de 144 000 se sont tournés vers les services russes de l'immigration pour obtenir un statut spécial, dont 38 000 personnes demandant l'asile, selon les chiffres officiels révélés par le FMS au cours d'une réunion sur le sujet en présence du premier ministre russe Dmitri Medvedev.

«Nous n'excluons pas que la plupart d'entre eux puissent demander également la citoyenneté russe», affirme M. Romodanovski.

La frontière engorgée

Pour faire face à cet afflux, les autorités russes ont ouvert 400 camps d'accueil temporaire, la plupart situés dans la région de Rostov-sur-le-Don (Sud), frontalière de l'Ukraine.

«Depuis le 4 juin, plus de 220 000 personnes ont franchi la frontière ukrainienne vers la région de Rostov», a annoncé mardi son gouverneur, Vassili Goloubev.

«Selon les enquêtes que nous menons sur place, près de 2000 personnes franchissent chaque jour la frontière vers la Russie», ajoute-t-il.

«La région de Rostov et les régions frontalières atteignent leur capacité d'accueil maximale. Nous faisons ce que nous pouvons, mais lorsque l'hiver arrivera, tout sera plus difficile», explique de son côté Ella Pamfilova.

Si le coût de l'accueil des réfugiés reposait jusque-là sur le budget des régions, le gouvernement a décidé de leur allouer quelque 74 millions d'euros pour faire face.

«Au total, le gouvernement a engagé 4 milliards 940 millions de roubles (150 millions $ CAN) pour l'aide aux réfugiés. Il s'agit d'une somme conséquente», s'est félicité Dmitri Medvedev.

«Beaucoup d'entre eux ont vécu un choc. (...) Ils sont venus en Russie chercher notre protection et notre soutien. Notre but est de les traiter avec le plus grand soin et de leur fournir toute l'assistance nécessaire», a-t-il justifié.

Ancrer les populations

Pour désengorger les régions frontalières, les autorités ont également commencé à relocaliser les camps vers d'autres parties du territoire russe, notamment en Russie centrale, avec l'espoir d'y ancrer ces populations.

«Certains réfugiés vivent chez un habitant qui les nourrit. Cette situation ne peut pas durer éternellement», témoigne Anna Serdioukova de l'Assistance civique, une ONG qui s'occupe de défendre les droits des réfugiés de Chakhty, une ville de la région de Rostov.

«En juin, beaucoup d'entre eux disaient : 'restons ici puis on retournera à la maison'. Aujourd'hui, ils sont de moins en moins nombreux à penser ainsi», ajoute-t-elle.

Les autorités russes ont notamment élaboré un projet de décret qui prévoit la possibilité pour ces réfugiés ukrainiens, en grande majorité russophone, de bénéficier d'une procédure simplifiée pour obtenir la nationalité russe.

«La Russie manque d'habitants et de main-d'oeuvre. Et là se trouvent quelques dizaines de milliers de gens qui sont proches de notre mentalité, de notre langue et de notre culture», explique à l'AFP Evguéni Gontmakher, le directeur du centre de politique sociale de l'Institut d'économie de Moscou.




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