Pas de confirmation du retrait total des troupes russes

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Selon les gardes-frontières ukrainiens, les soldats russes et leur matériel ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Olexandr SAVOCHENKO, Karim TALBI avec Marion THIBAUT à Marioupol
Agence France-Presse
Kiev

À quatre jours d'une présidentielle cruciale pour l'avenir du pays, les autorités ukrainiennes reconnaissent ne plus observer de mouvement des troupes russes juste de l'autre côté de leur frontière avec la Russie mais n'ont pu confirmer leur retrait total.

Selon les gardes-frontières ukrainiens, les soldats russes et leur matériel ont reculé d'au moins dix kilomètres de la frontière. En visite à Berlin, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part affirmé ne pas être en mesure de confirmer leur retrait.

Le Kremlin a annoncé à plusieurs reprises un retrait des troupes massées depuis mars pour des manoeuvres à la frontière- 40 000 hommes, selon l'OTAN - sans toutefois que les Occidentaux puissent le confirmer. L'absence d'activité est toutefois en soi un signe de la volonté de la Russie de faire baisser la tension.

L'OTAN a indiqué de son côté ne pas avoir constaté de «changement» à la frontière avec l'Ukraine.

Les autorités de Kiev organisent mercredi une 3e table ronde pour le «dialogue national» censé désamorcer la crise.

Les États-Unis ont annoncé par ailleurs l'envoi d'un croiseur lance-missiles en mer Noire pour continuer de rassurer les alliés est-européens de l'OTAN inquiets des actions russes en Ukraine, a annoncé mardi le porte-parole du Pentagone.

«Le Vella Gulf, un croiseur de la Navy, va aller en mer Noire, probablement plus tard cette semaine», a affirmé le contre-amiral John Kirby.

La Russie a annoncé de son côté un test de missile balistique de longue portée depuis l'une de ses bases proche de la mer Caspienne.

Caméras thermiques 

«Nous n'observons aucune troupe russe à une distance proche de notre frontière, soit 10 kilomètres. Notre avion de reconnaissance a fait un vol de nuit, a parcouru 820 kilomètres de frontière et a analysé le territoire avec ses caméras thermiques», a déclaré à l'AFP Serguiï Astakhov, un haut responsable des gardes-frontières, soulignant qu'auparavant, les militaires russes faisaient parfois des incursions jusqu'à quelques centaines de mètres de la frontière.

«A l'heure actuelle, nous ne pouvons pas confirmer», ce retrait, a par ailleurs déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa.

«Nous espérons que ces déclarations d'hommes politiques russes selon lesquelles les troupes (russes) doivent être retirées de la frontière ukrainienne ne resteront pas lettre morte», a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne, au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

La veille, Vladimir Poutine avait ordonné à ses troupes de rentrer dans leurs casernes. Mais mardi matin le ministère russe de la Défense a fait savoir que les troupes en étaient seulement au stade des préparatifs de départ.

Cette démonstration de force à la frontière alimente depuis mars la crainte d'une invasion de l'Ukraine après l'intégration en mars de la Crimée à la Russie au terme d'un déploiement de forces russes dans la péninsule suivi d'un référendum pour le rattachement à l'immense Fédération de Russie.

En visite à Bucarest, le vice-président américain Joe Biden a pour sa part une nouvelle fois condamné le rattachement de la Crimée estimant que «les frontières ne doivent pas changer à la pointe des fusils».

Akhmetov contre les séparatistes 

Alors que l'Est prend chaque jour un peu plus ses distances avec Kiev, l'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov, premier employeur de cette région, a appelé les Ukrainiens à s'opposer aux séparatistes. La prise de position ferme de l'oligarque en faveur de l'unité de l'Ukraine constitue un revers pour les séparatistes et un possible tournant dans la crise.

Rinat Akhmetov ménageait jusque là les autorités de Kiev et les séparatistes. Son ralliement à Kiev pourrait être lourd de conséquences dans l'Est où sa holding concentre des actifs dans la métallurgie, le charbon, la banque. Il possède également le club de football Shakhtar Donetsk dont les supporters jouent un rôle important dans la région.

«J'appelle l'ensemble de mes employés à travers le Donbass à sortir manifester pacifiquement devant les entreprises où ils travaillent», a annoncé l'homme le plus riche d'Ukraine dans un communiqué de sa holding System Capital Management (SCM).

«Les habitants en ont assez de vivre dans la peur et la terreur. Ils sont fatigués de se faire tirer dessus dans la rue. Des personnes se promènent avec des armes à feu et des lance-grenades. Les villes sont le théâtre d'actes de banditisme et de pillages», a fustigé M. Akhmetov qui pèse 12,2 milliards de dollars, selon le magazine américain Forbes.

Des rassemblements ont été organisés près des usines appartenant à l'oligarque, au moins à Marioupol et à Donetsk, ont constaté des journalistes de l'AFP. A Marioupol, qui abrite l'usine métallurgique Ilitch, l'un des fleurons de l'empire industriel de Rinat Akhmetov, des milliers d'ouvriers se sont réunis sur un terrain de foot au milieu des cheminées de l'immense complexe sidérurgique.

Les séparatistes prorusses ont, pour leur part, annoncé le début du processus de «nationalisation» des entreprises dans la région, notamment celles de Rinat Akhmetov.

Dans l'autre conflit, gazier celui-là, qui oppose Kiev à Moscou, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a annoncé qu'il rejetait l'exigence imposée par Moscou de prépaiement des livraisons.

Moscou demande à Kiev de payer à l'avance pour ses livraisons de gaz à partir de juin et a menacé de couper les approvisionnements vers l'Ukraine dès le 3 juin si ce pays ne réglait pas sa facture pour ce mois, qui s'établit à 1,66 milliard de dollars, au risque de perturber les livraisons vers l'Union européenne comme pendant les «guerres du gaz» de 2006 et 2009.

Enfin, la diplomatie américaine a mis en doute mardi le statut de deux journalistes russes détenus dans l'Est de l'Ukraine, les accusant d'avoir convoyé des armes dans leurs véhicules.




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