Le clan Murdoch comparé à la mafia

Le président de News International James Murdoch (à... (Photo: Eddie Keogh, Reuters)

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Le président de News International James Murdoch (à droite), que l'on voit ici en compagnie de son célèbre père Rupert en mars 2010, a affirmé une nouvelle fois, hier, qu'il ignorait l'étendue des écoutes électroniques pratiquées au NOTW.

Photo: Eddie Keogh, Reuters

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Scandale des écoutes

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Scandale des écoutes

Le scandale des écoutes téléphoniques qui a sonné le glas de News of the World et qui secoue l'empire médiatique de Rupert Murdoch. »

Mali Ilse Paquin, collaboration spéciale
La Presse

(Londres) Incompétent ou menteur ? La carrière de James Murdoch était en jeu, hier, à sa deuxième audience devant le comité d'enquête parlementaire sur les pratiques illégales employées à News of the World. Il a eu droit à un interrogatoire musclé seulement deux jours après de nouvelles révélations-chocs concernant le prince William.

James Murdoch n'a pas seulement hérité du nom de son père. L'homme de 38 ans a fait preuve hier d'une obstination digne du magnat de la presse Rupert Murdoch, devant le comité parlementaire qui enquête sur l'affaire des écoutes téléphoniques. Même comparé à un chef mafieux, il n'a pas perdu son sang-froid.

Comme à sa première audience, en juillet dernier, James Murdoch a nié à répétition qu'il savait que le piratage téléphonique était répandu au News of the World (NOTW).

Or, deux anciens ténors du tabloïd, dont la publication a cessé, l'ont contredit en septembre. Ils assurent que James Murdoch a vu un courriel en juin 2008 qui démontrait que les écoutes illégales étaient généralisées.

Le directeur des affaires juridiques au NOTW, Tom Crone, soutient que James Murdoch en avait pris connaissance afin d'approuver le paiement de 1 million de dollars canadiens à une des victimes du tabloïd, l'ancien footballeur Gordon Taylor.

Murdoch fils est arrivé à la tête de News International, division britannique de News Corporation, en décembre 2007, après la fermeture de la première enquête de Scotland Yard.

Incompétence?

Au risque d'avoir l'air d'un président étourdi qui signe des chèques en blanc, James Murdoch a martelé hier qu'il n'avait pas été mis au courant et qu'il avait simplement suivi l'avis des avocats du journal. Comme en juillet dernier, il a soutenu que le NOTW n'était qu'un «petit» journal dans la filiale britannique, bien qu'il était tiré à 2,8 millions d'exemplaires.

Tom Watson, le plus virulent du comité de députés, l'a accusé d'observer l'omerta, loi du silence de la mafia.

«Vous êtes le premier patron de mafia qui ne savait pas qu'il dirigeait des activités illégales», s'est moqué Tom Watson, qui a lui-même été mis sur écoutes par NOTW.

À force de démentis, le jeune Murdoch a donné l'impression d'un chef d'entreprise négligent. Le député Philip Davies s'est étonné de son «manque de curiosité» devant ce qui se passait dans sa propre entreprise. «Comment un dirigeant peut-il agir de la sorte?», a-t-il demandé.

Un avis que de plus en plus d'actionnaires de News Corporation semblent partager. Les deux tiers d'entre eux se sont opposés à sa réélection au conseil d'administration, le mois dernier. La succession de James Murdoch à la tête de l'empire est compromise par un scandale qui s'amplifie chaque semaine.

Encore mardi, il a été révélé que le prince William et plus d'une centaine de personnalités publiques ont été suivis par un détective privé de NOTW en 2006. La filature de membres de la famille royale est extrêmement controversée au royaume depuis la mort de la princesse Diana, en 1997.

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