Israël est décidé à poursuivre les combats

À Jérusalem, des soldats israéliens portent le cercueil... (Photo Sebastian Scheiner, Associated Press)

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À Jérusalem, des soldats israéliens portent le cercueil de Moshe Melako, tué lors d'une opération à Gaza.

Photo Sebastian Scheiner, Associated Press

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Jean-Luc RENAUDIE
Agence France-Presse
Jérusalem

Une atmosphère de deuil régnait lundi en Israël avec la mort de 25 soldats à Gaza depuis jeudi, mais ces pertes, les plus lourdes depuis huit ans, n'ont pas entamé la détermination de l'Etat hébreu à poursuivre son offensive.

En larmes, les proches et camarades des militaires ont assisté lundi aux obsèques de certains des soldats tués dans l'opération menée contre le mouvement islamiste Hamas, le plus sanglant des conflits ayant opposé les deux camps en près de dix ans.

Les médias faisaient leurs gros titres lundi sur la «journée noire» de la veille qui a vu 13 soldats tués. Depuis, sept autres sont morts, portant à 25 le nombre de militaires tués. Israël n'avait plus connu de telles pertes depuis la deuxième guerre du Liban contre le Hezbollah en 2006 et ses 121 morts.

Les journaux consacraient des articles nécrologiques à chacun des soldats tués dimanche qui appartenaient tous à la brigade Golani et auxquels le président Shimon Peres devait rendre hommage en allant voir leurs proches.

A l'antenne des radios et des télévisions, les familles des défunts pleuraient les leurs sans récrimination adressée au gouvernement: «Mon fils était un être extraordinaire (...) il a perpétué la tradition de son père qui était aussi dans (la brigade Golani)», racontait une mère éplorée.

Honorant les morts, Israël Hayom, le quotidien le plus diffusé, titrait en Une: «13 frères héroïques», considérant, comme de nombreux Israéliens, que ces soldats font partie de la «famille» de chacun dans un pays où les hommes doivent faire trois ans de service militaire et les femmes deux ans.

Sima Kadmon, dans le quotidien Yédiot Aharonot, évoquait un «sentiment oppressant» dans le pays. «La publication (...) des photos de ces jeunes gens pleins de confiance dans leur projet de vie illustrées d'un bref résumé de leur courte vie: c'est précisément cela que Benyamin Nétanyahou (le premier ministre) et Moshé Yaalon (le ministre de la Défense) voulaient éviter», soulignait l'éditorialiste.

Pour le moment, toutefois, le choc provoqué par la mort des soldats n'a pas entamé un large consensus sur la nécessité de prolonger cette énième guerre à Gaza contre le Hamas, qui a déjà fait plus de 570 morts du côté palestinien, dont une majorité de civils.

«Toutes les options» d'actualité

Qu'il s'agisse des militaires tombés au front ou des scènes de dévastation à Chajaya (banlieue est de la ville de Gaza), où plus de 70 Palestiniens ont été tués dimanche, M. Nétanyahou a insisté sur le bien-fondé de son offensive.

«Nous menons une opération complexe, intense et en profondeur à l'intérieur de la bande de Gaza qui est soutenue par le monde. Le soutien est très fort au sein de la communauté internationale», a affirmé le premier ministre israélien, malgré les nombreux appels au cessez-le-feu.

Interrogé par la radio publique, le ministre chargé des Services de renseignements Youval Steiniz a, pour sa part, réaffirmé que la journée sanglante de dimanche ne changeait rien: «toute les options restent d'actualité»

«J'estime que les combats risquent de durer longtemps, (...) il se peut que nous n'ayons d'autre choix que d'élargir les opérations, y compris jusqu'à prendre le contrôle de toute la bande de Gaza», a-t-il martelé en rendant visite à des militaires blessés.

Le ministre des Communications, Gilad Erdan, s'est montré tout aussi ferme: «ce n'est pas le moment de parler d'un cessez-le-feu», a-t-il souligné, excluant tout retrait en l'absence «d'arrangements à long terme (...) sur une démilitarisation de ce secteur».

Dans l'opposition travailliste, on jouait aussi la carte de l'union sacrée, évitant toute critique à l'adresse du gouvernement, même si l'on se refusait à une occupation de Gaza par l'armée.

«Il faut tout faire pour ne se pas se laisser aller à une dynamique qui nous amènerait au-delà des objectifs fixés au départ», a affirmé le député Naham Shaï, en se référant aux buts de l'opération: la fin des tirs de roquettes depuis Gaza et la destruction des tunnels allant vers Israël.

Amos Harel, un commentateur du quotidien d'opposition Haaretz, a lui aussi mis en garde contre «toute tentative de renverser le régime du Hamas» qui contrôle la bande de Gaza.




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