Kerry défend l'accord sur le nucléaire iranien

Les sanctions ne peuvent pas seules empêcher l'Iran... (PHOTO ANDREW HARNIK, AP)

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Les sanctions ne peuvent pas seules empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, a fait valoir le chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

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Robert MACPHERSON
Agence France-Presse
WASHINGTON

Accusé d'avoir été «plumé» et «embobiné» par l'Iran, le secrétaire d'État américain John Kerry a défendu sans faillir jeudi au Congrès l'accord sur le nucléaire iranien qui, à ses yeux, est «un bon compromis» qui mérite d'être approuvé par les élus, dont beaucoup y sont hostiles.

Les sanctions ne peuvent pas seules empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, a fait valoir le chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

«La vérité c'est que l'accord de Vienne apporte des moyens plus solides, plus complets et plus durables pour limiter le programme nucléaire iranien que toute autre alternative», a soutenu M. Kerry.

Si l'accord est validé, il mettra l'Iran «sous surveillance intense pour toujours» et gardera le monde uni pour s'assurer que les activités nucléaires de Téhéran «restent entièrement pacifiques», a-t-il ajouté.

«C'est un bon compromis pour le monde, un bon compromis pour l'Amérique, un bon compromis pour nos alliés et nos amis dans la région - et il mérite votre soutien», a-t-il martelé.

Le regard las derrière ses lunettes, Kerry a dû faire face à un tsunami de critiques par les républicains membres de la commission, où il était entendu publiquement pour la première fois depuis la validation lundi de l'accord par le Conseil de sécurité de l'ONU.

«On vous a plumés», a lancé le sénateur Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères, estimant que l'accord traçait «un chemin parfait» pour l'Iran vers la bombe nucléaire.

«Vous avez franchi un nouveau seuil dans la politique étrangère des États-Unis» en permettant à un «État qui soutient le terrorisme» de devenir une puissance nucléaire, a ajouté l'élu.

«Avec tout le respect que je vous dois, vous avez été embobinés et le peuple américain va le payer», a renchéri le sénateur James Risch. «Tous ceux qui croient que c'est un bon compromis ont rejoint en fait les rangs des personnes les plus naïves de la Terre», a-t-il estimé.

L'accord peut «disparaître»

L'accord a été conclu le 14 juillet au terme d'intenses négociations entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - France, Royaume-Uni, Chine, Russie, États-Unis, plus l'Allemagne.

Il prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales imposées depuis 2006 à l'Iran, en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

Mais il rencontre beaucoup de résistance au Congrès américain, qui est dominé par les républicains et a 60 jours pour l'examiner.

Le Congrès peut rejeter l'accord, mais le président Barack Obama a d'ores et déjà indiqué qu'il y opposerait son veto.

Kerry a été accueilli à son audition par une poignée de militants antinucléaires, vêtus de tee-shirts roses où on pouvait lire «paix avec l'Iran» et qui ont salué l'accord. «Quel travail impressionnant!», a lancé un militant.

Mais il a semblé irrité par l'agressivité des questions posées par les élus républicains, tous présents pour l'audition, y compris deux prétendants à la Maison-Blanche, Marco Rubio et Rand Paul.

«Cet accord c'est votre accord avec l'Iran», a affirmé M. Rubio, en notant que le texte ne résolvait en rien la question des violations des droits de l'homme dans la République islamique.

«Le prochain président n'a aucune obligation légale ou morale de respecter (l'accord) (...) qui peut disparaître quand le président quittera ses fonctions», a-t-il ajouté.

Les sénateurs démocrates ont apporté leur soutien au texte en espérant clairement que l'Iran respecte bien sa lettre et son esprit.

«Si vous ne respectez pas l'accord, je peux vous assurer que les conséquences ne seront pas belles à voir», a affirmé la sénatrice Barbara Boxer.

Un millier de personnes ont manifesté mercredi soir sur l'emblématique carrefour de Times Square à New York pour dénoncer un accord qui menace, selon elles, la sécurité mondiale et celle d'Israël, et pour appeler le Congrès à le rejeter.

Les Américains restent dubitatifs, puisque 48 % de ceux qui ont entendu parler de l'accord y sont défavorables, contre 38 % qui y sont favorables, et 14 % indécis, selon un sondage de l'institut Pew.

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