Nucléaire iranien: reprise des négociations jeudi

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry... (Photo Susan Walsh, AP)

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Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, le 30 mai dernier, à Genève, en Suisse.

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Cécile FEUILLATRE, Philippe SCHWAB
Agence France-Presse
VIENNE

L'effervescence diplomatique autour du nucléaire iranien reprend de plus belle jeudi, entre Vienne, où la plupart des ministres se retrouvent une nouvelle fois, et Téhéran, où le chef de l'Agence internationale de l'Énergie atomique doit rencontrer le président iranien.

Cette intensification des tractations intervient alors que les négociateurs se sont donné jusqu'au 7 juillet pour parvenir à un accord, une date qui n'est cependant pas gravée dans le marbre (la conclusion des négociations, accord ou pas, peut intervenir avant ou après le 7, soulignent les protagonistes).

À Vienne, tous les chefs de la diplomatie impliqués dans les pourparlers, à l'exception du Russe Sergueï Lavrov reparti mardi soir, se retrouveront une nouvelle fois pour faire le point.

Depuis la reprise formelle des négociations vendredi dernier, les ministres du P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) et de l'Iran font des allers et retours dans la capitale autrichienne. Seul le secrétaire d'État américain John Kerry est resté sur place depuis une semaine.

Mercredi, M. Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, les deux principaux acteurs dans ce dossier, ont répété chacun, dans des termes quasiment identiques, le leitmotiv qui rythme les pourparlers depuis 20 mois: «progrès», mais toujours des «questions très difficiles» à résoudre.

La communauté internationale veut placer le programme nucléaire iranien sous contrôle étroit afin de s'assurer que Téhéran ne cherchera pas à se doter de l'arme atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales.

Amano à Téhéran

Signe que les choses s'accélèrent, le chef de l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, s'est envolé mercredi pour Téhéran, où il doit rencontrer le président Hassan Rohani et d'autres hauts responsables iraniens.

L'AIEA, agence onusienne, est appelée à jouer un rôle majeur en cas d'accord entre l'Iran et les grandes puissances, puisqu'elle devra vérifier le respect des engagements pris par Téhéran.

L'agence, qui déploie en moyenne quatre à dix inspecteurs quotidiennement en Iran, a déjà accès aux sites nucléaires. Mais la communauté internationale veut pouvoir renforcer et élargir le périmètre de ses inspections.

Le voyage de M. Amano se fait à l'invitation de Téhéran, qui veut aborder la question épineuse de la PMD (possible dimension militaire) du programme nucléaire iranien.

«Si les Iraniens l'ont invité, on peut imaginer qu'ils ont quelque chose à dire», souligne une source diplomatique occidentale.

L'AIEA soupçonne Téhéran d'avoir mené des recherches au moins jusqu'en 2003 pour se doter de la bombe atomique -ce que dément l'Iran- et cherche à avoir accès aux scientifiques impliqués, ainsi qu'aux documents et sites qui pourraient avoir abrité ces recherches.

Des demandes qui se sont heurtées au non catégorique du Guide suprême Ali Khamenei, mais l'Iran «proposera des solutions pour résoudre les différends», a indiqué l'agence de presse iranienne Isna, citant une source proche des négociations.

Pas d'accord à tout prix

Les pays du P5+1 sont engagés depuis 20 mois dans d'intenses tractations pour arracher un compromis historique sur ce contentieux vieux de plus de 10 ans.

L'accord, «à portée de main» selon le Russe Sergueï Lavrov, reste encore introuvable en raison du côté extrêmement technique et complexe du dossier, mais aussi du fait de ses potentielles répercussions internationales. Il pourrait consacrer un rapprochement entre les ennemis de 35 ans États-Unis et Iran, et marquer un renforcement de la position de la République islamique chiite sur les scènes régionale et internationale, à la grande inquiétude des régimes sunnites de la région et d'Israël.

Le président américain Barack Obama, qui a érigé ce dossier en priorité de son action, a toutefois prévenu mercredi soir qu'il refuserait «un mauvais accord».

Personne n'est prêt à «un accord à n'importe quel prix», a répondu jeudi en écho l'un des principaux négociateurs iraniens Abbas Arahgchi.

Outre l'inspection des sites suspects iraniens, d'autres questions clés restent à régler, comme la durée d'un accord. La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien pendant au moins dix ans, mais l'ayatollah Khamenei s'est élevé la semaine dernière contre une limitation trop longue dans le temps des capacités iraniennes.

La levée des sanctions est aussi un autre point capital non réglé, Téhéran souhaitant des mesures immédiates, quand le P5+1 veut une levée progressive et sous condition de ces sanctions.

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