La Fondation Clinton, l'arme anti-Hillary des républicains

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Jeremy TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington

Une organisation caritative dédiée à l'amélioration de «millions de vies»: sur le papier, la Fondation Clinton n'a rien de sulfureux, mais elle alimente pourtant de tenaces soupçons de conflits d'intérêts contre la candidate démocrate à la Maison-Blanche.

À trois mois de l'élection, les adversaires d'Hillary Clinton lâchent leurs coups et l'accusent quasi quotidiennement d'avoir usé de son influence quand elle était à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013) pour en faire profiter la fondation créée en 2001 par son mari et ancien président, Bill.

«Quand est-ce que l'on verra des reportages sur CNN sur la corruption de la Fondation Clinton», a récemment tweeté son rival républicain pour la Maison-Blanche, Donald Trump. Il avait déjà enjoint celle qu'il nomme «Hillary-la-crapule» à rembourser des millions de dollars de donations saoudiennes à la Fondation.

Mi-juillet, plus de 60 élus républicains au Congrès ont, eux, exhorté le FBI et le fisc à ouvrir une enquête pour faire la lumière sur une fondation jugée «sans foi ni loi» et au coeur «d'importantes questions de corruption publique», indiquent leur lettre obtenue par l'AFP.

Mme Clinton a, de son côté, toujours défendu son bon droit. «Il n'y a absolument aucune connexion entre mon action en tant que secrétaire d'État et la Fondation Clinton», a-t-elle redit fin juillet sur Fox News.

Généreux donateurs

Sans surprise, les attaques se concentrent sur le financement d'une organisation active dans l'éducation et la santé et dont les ressources ont flambé de près de 475% en dix ans pour dépasser les 337 millions de dollars, selon ses audits internes.

Ce sont notamment les généreuses contributions des donateurs (217 millions de dollars en 2014) qui font scandale, particulièrement celles venant de gouvernements étrangers: l'Arabie saoudite (entre 10 et 25 millions de dollars), le Koweït (jusqu'à 10 millions), le Qatar et les Émirats arabes unis (jusqu'à 5 millions), selon les chiffres de la fondation.

Des multinationales (Coca-Cola, Barclays, General Electric...) ont également soutenu financièrement les projets de cette organisation qui se targue notamment d'avoir facilité l'accès de 11,5 millions de personnes aux traitements anti-VIH.

Ces dons - dont la date de versement n'est pas précisée - n'ont rien d'illégal, mais certains soutiennent qu'ils ont été accordés en échange d'une oreille bienveillante des autorités américaines.

Dans un article paru en 2015, le New York Times avait ainsi laissé entendre que le département d'État, alors dirigé par Mme Clinton, avait approuvé aux côtés d'autres ministères le rachat par le russe Rosatom d'une entreprise canadienne, Uranium One, dont certains actionnaires étaient d'importants donateurs de la Fondation Clinton.

L'entourage de Mme Clinton avait dénoncé des accusations sans fondement.

Opacité

Mais cette affaire avait révélé un fait gênant: certaines donations n'ont pas été rendues publiques, contrairement aux engagements pris par Mme Clinton avant son arrivée au département d'État au début 2009 et son départ concomitant de la fondation.

Un mémorandum de décembre 2008 obligeait ainsi la fondation à révéler le nom de nouveaux donateurs voire à obtenir le feu vert du département d'État afin d'éviter tout conflit d'intérêts.

Ces règles ont toutefois été ignorées s'agissant d'une contribution de 500 000 dollars faite par l'Algérie en 2010, avait révélé le Washington Post en février 2015.

Cette même année, la fondation avait dû admettre des «erreurs» dans ses déclarations d'impôts, alimentant une nouvelle fois une volée de soupçons parfois surréalistes.

Lundi, l'équipe de campagne de Trump a ainsi blâmé la Fondation Clinton pour avoir accepté une donation d'une entreprise «entretenant des liens avec l'EI», en l'occurrence le groupe français Lafarge qui serait, selon Le Monde, actif dans des territoires contrôlés par le groupe Etat islamique.

«Les gens qui n'aiment pas les Clinton inventeront n'importe quoi pour attaquer la Fondation Clinton», affirme à l'AFP Daniel Borochoff, du Charity Watch, un groupe indépendant d'observation des organisations humanitaires, ajoutant que les donations de pays étrangers sont monnaie courante.

Si Mme Clinton est finalement élue à la présidence le 8 novembre, des changements s'imposeront toutefois à la fondation pour couper court aux soupçons, a reconnu son mari en juin. «Il faut faire attention à éviter des conflits d'intérêts actuels et potentiels.»

La Fondation Clinton n'a pas répondu aux nombreuses sollicitations de l'AFP.

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