La convention qui pourrait stopper Donald Trump

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Si Donald Trump ne se présente pas à la convention républicaine de Cleveland avec le nombre de délégués requis pour remporter l'investiture du Parti républicain, le tout déboucherait sur une convention dite contestée.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Commençons par une évidence : à moins d'un cafouillage magistral de sa part, Donald Trump est l'unique candidat républicain à la présidence susceptible de récolter la majorité des délégués mis en jeu durant la saison des primaires et des caucus. Mais qu'arriverait-il s'il se présentait à la convention républicaine de Cleveland, en juillet prochain, sans les 1237 délégués requis pour remporter l'investiture du parti d'Abraham Lincoln ?

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Le nom de Mitt Romney, ex-candidat présidentiel, a circulé ces derniers jours chez les républicains pour jouer un rôle de sauveur, si Trump n'arrive pas à se présenter avec les 1237 délégués requis pour remporter l'investiture du parti.

photo rick bowmner, archives associated press

Cette question ne tient plus de la politique-fiction. Elle se pose en fait avec une acuité accrue après les scrutins républicains tenus samedi dans quatre États. Ceux-ci n'ont pas seulement permis à Ted Cruz de remporter deux victoires décisives (dans le Kansas et le Maine). Ils ont également signalé un certain plafonnement des appuis à Trump, cible d'une fronde sans précédent de la part de l'élite républicaine.

D'où la possibilité d'un scénario dont rêvent tous les journalistes politiques depuis des décennies aux États-Unis. Faute d'un candidat ayant atteint le chiffre magique de délégués, la course à l'investiture républicaine déboucherait sur une convention dite contestée. En clair, cela signifierait qu'il faudrait plus d'un tour de scrutin avant qu'une majorité ne se dégage en faveur d'un candidat.

Ainsi, au lieu d'être une longue pub politique étalée sur quatre soirées, la convention républicaine donnerait lieu à une bataille en direct aussi chaotique qu'imprévisible entre les candidats et leurs partisans. Et Trump aurait l'occasion rêvée de prouver qu'il est vraiment le meilleur dans l'art de la négociation.

Il faut remonter à 1976 pour trouver une convention contestée du côté républicain. Le président Gerald Ford s'était alors présenté à la convention de Kansas City sans avoir réussi à récolter la majorité des délégués mis en jeu lors des primaires et des caucus. Candidat de l'establishment, il faisait face à Ronald Reagan, gouverneur de Californie et insurgé de l'époque. Après des ententes de coulisses et un suspense à couper le souffle, il avait été choisi de justesse dès le premier tour par 1187 voix contre 1070 pour Reagan.

Quant à la dernière convention républicaine ayant nécessité plus d'un tour de scrutin, elle remonte à 1948. Thomas Dewey l'avait emporté au troisième tour devant Robert Taft et Harold Stassen, entre autres. Le gouverneur de New York devait par la suite s'incliner devant son adversaire démocrate, le président sortant Harry Truman.

UNE NOUVELLE CANDIDATURE ?

Les règles régissant les conventions du Parti républicain ont changé depuis 1948 et 1976. Ainsi, la très grande majorité des délégués à la convention de Cleveland seront tenus de voter au premier tour de scrutin pour le candidat qui a gagné leur État ou leur circonscription. Cependant, si aucun des candidats n'obtenait une majorité, ils seraient libres par la suite de voter pour le candidat de leur choix.

Les règles permettraient en outre la mise en candidature d'une personne n'ayant pas participé à la course à l'investiture républicaine. C'est ainsi que les noms de Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, et de Mitt Romney, ex-candidat présidentiel, entre autres, ont été mentionnés au cours des derniers jours pour jouer le rôle de sauveur.

Les deux ont nié être intéressés par un tel rôle. Mais Romney s'est fait l'apôtre d'une convention contestée en encourageant le vote stratégique.

« Je voterais pour Marco Rubio en Floride, pour John Kasich en Ohio et pour Ted Cruz ou quiconque a la meilleure chance de battre M. Trump dans un État donné », a déclaré l'ancien gouverneur du Massachusetts jeudi dernier, après avoir qualifié Trump d'« escroc » et de « charlatan ».

Pour les adversaires républicains de Donald Trump, une convention contestée serait une arme à double tranchant. Elle pourrait certes empêcher l'ancienne star de la téléréalité de remporter l'investiture de leur parti. Mais elle pourrait aussi démobiliser ses partisans ou même l'inciter à briguer la présidence à titre d'indépendant.

Mais Trump aura l'occasion d'écarter la possibilité d'une convention contestée dès le 15 mars. S'il remporte les primaires tenues ce jour-là en Floride et en Ohio, deux États qui attribueront tous leurs délégués au vainqueur, il sera sur la bonne voie pour remporter la majorité des 2472 délégués mis en jeu d'ici la fin du marathon des primaires.

Sinon, le rendez-vous de Cleveland risque d'être épique.

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