Le chef de l'EI appelle les djihadistes à «résister»

C'est à Mossoul qu'Abou Bakr al-Baghdadi a fait... (ARCHIVES REUTERS)

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C'est à Mossoul qu'Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri, détruite en juin avec son minaret par l'EI.

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Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
Beyrouth

Le chef du groupe État islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi a appelé ses combattants acculés de toutes parts en Syrie et en Irak à «résister» face à leurs ennemis, dans un enregistrement audio diffusé jeudi qui lui est attribué.

Dans son premier message présumé depuis près d'un an et après avoir été plusieurs fois donné pour mort, le chef de l'EI a enjoint ses partisans à multiplier les attaques et à cibler «les centres médiatiques» des pays combattant son groupe.

Les États-Unis ont indiqué effectuer des vérifications sur l'enregistrement audio, affirmant toutefois ne pas avoir de raisons de mettre en cause son authenticité.

«Les chefs de l'État islamique et ses soldats se sont rendus compte que pour obtenir la grâce de Dieu et la victoire, il faut faire preuve de patience et résister face aux infidèles quelles que soient leurs alliances», a affirmé le chef de l'EI.

On ignore la date d'enregistrement de ce discours diffusé par al-Fourqane, la «maison de production» de l'EI qui relaie les enregistrements et vidéos de l'organisation djihadiste la plus redoutée au monde.

«Nous resterons (présents), nous ferons preuve de résistance et de patience (...) nous ne cèderons pas, bien que nous soyons tués, emprisonnés et malgré nos blessures», a clamé le chef de l'EI.

Il a appelé «les soldats du califat et les héros de l'islam» à poursuivre leur «djihad» (guerre sainte) et leurs attaques. «Lancez la guerre contre votre ennemi (...) partout».

Le chef de l'EI les a même enjoint «à prendre pour cible les centre médiatiques des infidèles», sans plus de précisions.

Il a évoqué les défaites de son groupe en parlant du «sang versé à Mossoul, à Syrte, à Raqa, à Ramadi et à Hama».

L'EI a perdu la ville libyenne de Syrte en décembre 2016, la ville irakienne de Ramadi en février 2016 et Mossoul, deuxième ville d'Irak en juillet 2017. En Syrie, les dernières poches djihadistes sont sur le point de tomber à Raqa, leur ex-capitale dans le pays en guerre, et dans la province centrale de Hama.

Dans sa déclaration, Baghdadi s'en est pris aux «nations infidèles et en premier lieu l'Amérique, la Russie et l'Iran» qui mènent avec leurs alliés sur le terrain des offensives séparées contre le groupe ultraradical, lui infligeant une série de revers en Syrie et en Irak .

«Ce qui importe ce n'est pas le nombre, les équipements et la force» des adversaires, a-t-il par ailleurs souligné à l'adresse de ses partisans.

«Fantôme» 

La dernière manifestation d'Abou Bakr al-Baghdadi relayée par un média affilié à son groupe, remonte à novembre 2016.

Il était alors sorti d'un an de silence pour exhorter, dans un enregistrement sonore, ses hommes à résister jusqu'au martyre à l'assaut des forces irakiennes lancé en octobre pour reprendre la ville de Mossoul.

Le 16 juin, la Russie a dit avoir probablement tué Abou Bakr al-Baghdadi dans un raid fin mai de son aviation près de Raqa en Syrie. Elle a ensuite souligné qu'elle continuait de vérifier s'il était bien mort.

Le 1er septembre, un haut responsable militaire américain a affirmé que le chef de l'EI était sans doute encore en vie et se cachait probablement dans la vallée de l'Euphrate, dans l'est syrien.

C'est dans cette zone géographique que se déroule ce que Russes et Américains ont qualifié de dernière bataille contre l'EI.

Le chef de l'EI aurait quitté Mossoul début 2017, probablement pour la frontière irako-syrienne. Les États-Unis ont offert 25 millions de dollars pour sa capture.

Ses partisans l'appellent «le fantôme» tant ses apparitions sont rares.

C'est à Mossoul qu'il a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri, détruite en juin avec son minaret par l'EI.

En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

Aujourd'hui, son «califat», créé en 2014, vacille sous les offensives militaires, mais son groupe parvient à frapper avec des attentats sanglants à travers le monde.




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