Attaques simultanées des forces irakiennes sur des positions djihadistes à Mossoul

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Le groupe État islamique

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Ahmad MOUSSA, Ammar KARIM
Agence France-Presse
Erbil et Bagdad

Les autorités irakiennes ont annoncé samedi avoir lancé une offensive sur plusieurs quartiers de la ville septentrionale de Mossoul encore aux mains de l'organisation État islamique (EI), avec toujours la vieille ville en ligne de mire.

«Les forces armées ont attaqué le quartier al-Shifaa et l'Hôpital républicain», a indiqué le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui coordonne la lutte contre l'EI en Irak.

«La police fédérale (a attaqué) le quartier de Zinjili, et les forces du contre-terrorisme (CTS, unité d'élite, NDLR) ont attaqué le quartier al-Saha al-Oula», a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Ces trois quartiers se situent juste au nord de la vieille ville, un dédale de ruelles étroites densément peuplé, où les jihadistes se préparent à l'assaut final en retenant notamment environ 250 000 civils, selon des responsables humanitaires et d'organisations de droits de l'Homme, afin de servir de «boucliers humains».

Le JOC a annoncé en fin de journée la mort de deux colonels de l'armée irakienne dans la zone de Mossoul, sans plus de détails.

Vendredi, la police fédérale avait indiqué cibler des positions de l'EI avec «des bombardements lourds de roquettes Grad, d'artillerie de campagne et d'engins d'observation aérienne», probablement des drones armés.

Selon elle, il s'agissait d'une préparation à une attaque de la vieille ville «dans les prochaines heures».

Le JOC n'a, lui, fait aucune mention samedi d'une attaque sur la vieille ville elle-même.

Dans cette zone historique se trouve l'objectif symbolique de la mosquée al-Nouri, où le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a proclamé en juillet 2014 un «califat» sur les vastes territoires conquis en Syrie et en Irak.

Depuis octobre 2016, les forces de l'armée, du ministère de l'Intérieur et de la police, appuyées par une coalition internationale conduite par les États-Unis, mènent une vaste offensive pour reconquérir Mossoul, la deuxième ville d'Irak prise par l'EI en juin 2014.

Après s'être emparées fin janvier de la partie orientale de la ville, elles se sont lancées le 19 février à l'assaut de la partie ouest, dont elles ont repris une bonne partie.

Civils pris au piège

Plus tôt dans la semaine, les autorités militaires avaient annoncé avoir largué «des centaines de milliers de tracts» sur les quartiers encore tenus par l'EI pour demander «aux citoyens de rejoindre les forces de sécurité à travers des corridors sécurisés».

Cette annonce a suscité la «profonde inquiétude» de l'ONG Save The Children.

«Les appels à quitter Mossoul-Ouest exposent les civils, notamment les enfants, au danger d'être pris entre deux feux (...) Le gouvernement irakien doit s'assurer que les corridors de sortie sont véritablement sûrs», soulignait-elle.

Ces consignes «prennent le contre-pied total des précédentes directives qui leur demandaient de rester chez eux et d'attendre la fin de la bataille», ajoutait-elle.

Plus d'un demi-million d'habitants ont fui les violents combats et bombardements, qui ont fait de très nombreux morts civils.

Les États-Unis ont reconnu jeudi la pire bavure depuis le début de leur campagne anti-EI, avec 105 civils tués dans un bombardement le 17 mars.

L'enquête militaire américaine a toutefois attribué ce bilan à l'EI, qui avait piégé à l'explosif le lieu ciblé. Une «explosion secondaire» a fait s'effondrer tout le bâtiment, selon le rapport d'enquête.

Le ministère de l'Intérieur irakien a également annoncé enquêter sur des accusations de torture, d'exécutions sommaires et de viols menés par certains soldats de sa Force d'intervention rapide contre des prisonniers.

Un photojournaliste irakien embarqué avec cette unité d'élite affirme avoir été témoin de ces exactions, révélées par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et la chaîne américaine ABC. Elles étaient, selon lui, menées sur la base de «vagues soupçons» concernant des liens avec l'EI.




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