Massacres et kidnappings de masse de l'EI à Mossoul

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Des familles qui ont fui les violences de Mossoul pour trouver refuge en Syrie se reposent près de la frontière iraquienne dans le gouvernorat d'Hassaké, le 28 octobre.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Safa MAJEED, W.G DUNLOP
Agence France-Presse
AL QAYYARAH, BAGDAD et GENÈVE

Plus de 250 personnes ont été massacrées et près de 8000 familles kidnappées par le groupe État islamique (EI) cette semaine, à Mossoul et dans ses alentours, alors que les troupes irakiennes s'approchaient de cette ville du nord de l'Irak, a annoncé vendredi à Genève l'ONU.

Selon une porte-parole du Haut-commissariat pour les droits de l'homme, les djihadistes ont exécuté par balles 24 anciens membres des forces armées irakiennes mardi et 190 le lendemain. Ces 190 personnes ont été massacrées à la base militaire d'Al-Ghazlani, dans la ville de Mossoul.

En outre, mercredi, « 42 personnes civiles ont été tuées d'une balle dans la tête dans la base militaire Al-Izza », en dehors de Mossoul, pour avoir apparemment refusé de suivre les instructions de l'EI.

Le Haut-commissariat pour les droits de l'homme a commencé en début de semaine à dresser une liste des atrocités qu'aurait commises l'EI, indiquant qu'il s'agissait d'informations « préliminaires » nécessitant plus de recherches. Selon sa porte-parole, Ravina Shamdasani, les dernières allégations « ont été corroborées dans la mesure du possible », et le nombre total de personnes tuées pourrait être supérieur.

Le Haut-commissariat a par ailleurs indiqué que les extrémistes avaient kidnappé près de 8000 familles autour de Mossoul. « Des informations crédibles » suggèrent que l'EI a « forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers » dans les districts autour de Mossoul, dans le but vraisemblable de se servir d'eux comme boucliers humains, selon l'ONU.

La porte-parole a ajouté que les djihadistes employaient « une stratégie dépravée et lâche » face à l'offensive des troupes d'élite irakiennes, soutenues par les États-Unis, lancée le 17 octobre pour reconquérir Mossoul, dernier bastion de l'EI en Irak.

L'ONU avait indiqué mardi avoir reçu des informations sur l'exécution de dizaines de personnes, dont 50 policiers, perpétrées par les djihadistes de l'EI à l'approche des troupes irakiennes de Mossoul.

L'étau se resserre sur Mossoul

Ces informations interviennent au lendemain de l'attribution du prestigieux prix Sakharov par le Parlement européen à deux victimes de la brutalité de l'EI.

Nadia Murad et Lamia Haji Bashar, qui ont survécu à une série de persécutions - enlèvement, viol, esclavage - sont devenues des symboles de la défense de la communauté yézidie persécutée par les djihadistes.

L'offensive pour reprendre à l'EI son dernier grand bastion en Irak leur a permis de resserrer l'étau sur Mossoul par le nord, l'est et le sud, mais le nombre de personnes fuyant l'organisation ultraradicale augmente.

Les organisations humanitaires s'affairaient vendredi à mettre en place des camps capables d'accueillir les civils.

« Nous avons constaté une augmentation spectaculaire dans les chiffres ces derniers jours, et [les civils] vont maintenant dans les camps récemment mis en place », a déclaré à l'AFP Karl Schembri, conseiller régional du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Selon lui, la situation « est déjà inquiétante » parce que les forces irakiennes ne sont pas encore entrées dans la ville. Au moment où cela arrivera, « on assistera à un déplacement de masse », a-t-il ajouté.

Un membre des forces spéciales irakiennes se tient... (PHOTO ZOHRA BENSEMRA, REUTERS) - image 3.0

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Un membre des forces spéciales irakiennes se tient à côté de graffitis, où il est écrit : « L'État islamique restera », à Bartilla, à l'est de Mossoul, le 27 octobre.

PHOTO ZOHRA BENSEMRA, REUTERS

« Indépendance » kurde

Mais les déplacés de guerre sont seulement l'un des nombreux problèmes qui vont continuer à hanter l'Irak après la fin des combats.

L'autre enjeu de taille concerne la relation entre Bagdad et la région autonome kurde, dont les forces peshmergas ont joué un rôle important dans la guerre contre l'EI, combattant les djihadistes mais aussi étendant les territoires qu'elles contrôlent au-delà de leur frontière officielle.

Cela poserait surtout problème si le Kurdistan fait pression pour son indépendance, un sujet que le premier ministre de cette région a dit vouloir remettre sur table après la prise de Mossoul.

« Aussitôt Mossoul libérée, nous allons nous réunir avec nos partenaires à Bagdad et discuter de notre indépendance », a affirmé Nechirvban Barzani au quotidien allemand Bild.

« Nous ne sommes pas arabes, nous sommes notre propre nation kurde. [...] À un moment, il y aura un référendum sur l'indépendance du Kurdistan et nous laisserons les gens décider », a-t-il ajouté, selon la traduction allemande.

Mais au 12e jour de l'offensive, la bataille de Mossoul est loin d'être terminée.

Soutenues par l'aviation de la coalition internationale sous commandement américain, les forces irakiennes fédérales et kurdes continuent leur progression et se sont déjà emparées de localités et villages aux environs de Mossoul.

Dans un entretien accordé à l'AFP, le général américain Joseph Votel, chef du Commandement central de l'armée américaine (CENTCOM), a estimé jeudi que les forces irakiennes avaient « probablement tué environ 800 à 900 combattants de l'EI » jusqu'à présent.

Selon des estimations américaines récentes, il y a entre 3000 à 5000 combattants djihadistes à Mossoul, ainsi que plus de 2000 autres dispersés à la périphérie de la ville.

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