L'offensive sur Mossoul gagne du terrain

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«La reconquête n'est pas une fin en soi. Nous devons d'ores et déjà anticiper les conséquences de la chute de Mossoul», a déclaré le président français François Hollande.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Sarah BENHAIDA, Ammar KARIM
Agence France-Presse
Qaraqosh et Bagdad

Les forces irakiennes continuaient mardi leur progression vers Mossoul avec le soutien de la coalition internationale, qui a fait le point sur l'opération contre le groupe EI et examiné ses conséquences notamment en Syrie où les préparatifs pour isoler Raqa ont commencé selon Washington.

La Turquie, de plus en plus impliquée dans le conflit irakien, a par ailleurs averti qu'elle pourrait lancer une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour éliminer toute «menace» contre ses intérêts.

Huit jours après le début de l'offensive sur Mossoul, les unités d'élite du contre-terrorisme (CTS) irakien continuaient à progresser dans la banlieue est du dernier bastion du groupe État islamique (EI) dans le pays.

«Sur notre front, nous sommes désormais à cinq ou six km de Mossoul», a affirmé le général Abdelghani al-Assadi, le commandant du CTS, à l'AFP. «Nous devons maintenant nous coordonner avec les forces des autres fronts pour lancer» un assaut «coordonné» sur Mossoul, a-t-il ajouté depuis la ville de Bartala.

Au nord-est, les peshmergas kurdes sont également proches de la ville mais sur le front sud les forces fédérales ont encore du chemin à parcourir avant d'atteindre sa banlieue.

«Tous les axes ont fait les progrès que nous attendions à ce stade de l'opération, certains sont même en avance sur le calendrier», s'est félicité Brett McGurk, l'émissaire américain auprès de la coalition.

Parallèlement, la situation devrait évoluer à l'ouest de Mossoul, un front jusqu'à présent calme. Les unités paramilitaires chiites de la mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) ont en effet reçu l'ordre de couper l'accès entre Mossoul et la Syrie.

«Notre mission est d'empêcher la fuite (de l'EI) vers la Syrie et d'isoler totalement Mossoul de la Syrie», a expliqué à l'AFP Jawad al-Tulaibawi, porte-parole des milices d'Asaib Ahl al-Haq. «Nous nous attendons à une bataille violente et difficile».

Ces puissantes milices chiites, qui ont joué un rôle clé contre l'EI, veulent également libérer la ville de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul, qui était majoritairement peuplée de chiites avant sa conquête par les djihadistes sunnites de l'EI en 2014.

La participation du Hachd al-Chaabi à l'offensive est source de tensions. Les dirigeants irakiens kurdes et arabes sunnites s'y opposent, tout comme Ankara, qui a déployé des soldats à l'est de Mossoul malgré les demandes répétées de Bagdad pour le retrait des troupes turques.

L'ONU a par ailleurs indiqué avoir reçu des informations «préliminaires» sur l'exécution de dizaines de personnes, dont 50 policiers, perpétrées par l'EI depuis le lancement de l'offensive. «Nous craignons beaucoup qu'il ne s'agisse pas des dernières informations sur de tels actes barbares commis par l'EI», a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville.

L'après-Mossoul en débat 

Les progrès de l'offensive sur Mossoul étaient analysés à la loupe par les ministres de la Défense de 13 pays de la coalition, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l'Australie, réunis à Paris.

«La reconquête n'est pas une fin en soi. Nous devons d'ores et déjà anticiper les conséquences de la chute de Mossoul», a déclaré François Hollande en ouvrant la réunion.

Le président français a appelé à la «vigilance face au retour des combattants étrangers» de l'EI dans leurs pays d'origine, ou face à ceux qui seraient tentés de se replier à Raqa, le fief du groupe en Syrie. «Nous devons donc clairement les identifier. Cela passe par un large partage de nos informations et de nos renseignements. C'est une absolue nécessité», selon lui.

Les estimations occidentales font état de 5000 à 6000 combattants de l'EI dans Mossoul.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé à Paris le début des «préparatifs pour isoler Raqa», simultanément à l'offensive en cours sur Mossoul.

A ses côtés, son homologue français Jean-Yves Le Drian a évoqué la «concomitance» des opérations prévues en Irak et en Syrie, sans pour autant s'engager sur un calendrier précis.

Il y aurait 3000 à 4000 combattants de l'EI à Raqa, selon des estimations. 

Mossoul comme Alep? 

Mais la situation militaire est encore plus complexe en Syrie qu'en Irak avec un territoire extrêmement morcelé et l'implication de multiples acteurs syriens et internationaux, dont la Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dressé un parallèle entre l'offensive à Mossoul et celle menée par le régime syrien et la Russie à Alep. «Hier, j'ai demandé à John Kerry au téléphone: qu'est-ce qui se passe à Mossoul? Ils préparent une opération pour libérer cette ville des terroristes. A Alep aussi, il faut libérer la ville des terroristes», a-t-il déclaré.

Mais selon M. Lavrov, son homologue américain lui a assuré que la situation était «complètement différente».

En Syrie comme en Irak, la Turquie affirme de plus en plus son intention de jouer un rôle clé dans la résolution des crises. Son chef de la diplomatie, Mevlüt Cavusoglu, a ainsi affirmé mardi qu'elle pourrait lancer une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour éliminer toute «menace» contre ses intérêts. Plusieurs centaines de soldats turcs sont déployés sur la base de Bachiqa.

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