Rares évacuations sous supervision dans la Syrie en guerre

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Plus de 120 rebelles et civils, dont des blessés, ont quitté la ville de Zabadani lundi sous la supervision de l'ONU, du Croissant rouge et du Comité international de la Croix Rouge.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Layal ABOU RAHAL, Rim HADDAD
Agence France-Presse
BEYROUTH, DAMAS

Plus de 450 combattants et civils ont été évacués lundi de trois localités en Syrie dans le cadre d'un rare et complexe accord d'échange entre le régime et les rebelles, conclu sous l'égide de l'ONU.

Dans le même temps, des attentats ont visé un quartier favorable au président Bachar al-Assad à Homs (centre) faisant 32 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et au moins 19 morts selon les médias officiels syriens.

Dans le passé, le régime a conclu plusieurs trêves ponctuelles avec des groupes rebelles, mais l'évacuation de lundi est le fruit d'un des accords les plus complexes dans cette guerre qui a fait plus de 250 000 morts depuis 2011.

Conclu en septembre, l'accord prévoit une trêve à Zabadani, dernière ville tenue par les rebelles à la frontière syro-libanaise et assiégée depuis des mois par l'armée, ainsi qu'à Koua et Kafraya, les derniers villages chiites encore contrôlés par l'armée dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Après le cessez-le-feu dans ces trois secteurs et quelques livraisons d'aides humanitaires, l'opération plus sensible d'évacuation de civils et de combattants, dont des blessés, a eu lieu dans la journée.

Dans un communiqué conjoint, l'ONU en Syrie, le Croissant-Rouge syrien et le Comité international de la Croix-Rouge ont annoncé avoir facilité «avec succès» l'opération d'évacuation.

Selon le texte, «338 personnes ont été évacuées de Foua et Kafraya et 125 de Zabadani» et les deux groupes «ont été convoyés simultanément par voies aérienne et terrestre en Turquie et au Liban en vue de parvenir à leur destination finale agréée». Parmi eux figurent des blessés qui ont besoin de soins médicaux.

Les évacués de Zabadani, des rebelles pour la plupart, sont arrivés à bord de nombreuses ambulances et sept bus à l'aéroport de Beyrouth qu'ils ont quitté en soirée pour la Turquie, selon une source aéroportuaire. De là, ils doivent gagner des zones contrôlées par la rébellion en Syrie.

«Succès»

Les personnes évacuées des localités de Foua et Kafraya sont entrées en Turquie par le poste-frontière de Bab al-Hawa et devaient prendre l'avion pour Beyrouth où les attendaient lundi soir des ambulances de la Croix-Rouge. Elles doivent ensuite se rendre par voie terrestre à Damas, fief du régime.

Le communiqué des trois organisations a souhaité qu'après ces évacuations, «l'accès des humanitaires aux personnes restées dans les trois localités soit facilité».

Le médiateur de l'ONU Staffan de Mistura, qui espère pouvoir réunir à partir du 25 janvier à Genève régime et opposition pour des pourparlers de paix, s'est félicité de cet accord et affirmé que l'objectif de l'ONU est de parvenir «dès que possible à un cessez-le-feu global».

Al-Manar, la chaîne du Hezbollah chiite libanais, un mouvement qui soutient militairement le régime Assad, a diffusé des images de dizaines de rebelles, la plupart en habit militaire, massés devant des bus à Zabadani. Des blessés, certains marchant à l'aide de béquilles, ont été évacués par ambulance.

La chaîne a diffusé des images similaires de Foua et Kafraya, montrant des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, rassemblées près de bus et d'ambulances.

Attentats meurtriers à Homs

Selon l'OSDH, l'objectif de ces accords de «réconciliation locale» pour le régime syrien est de «sécuriser» les zones proches de la capitale Damas.

Mais certains ont tourné court. Ainsi un accord inédit qui prévoyait le départ samedi de trois quartiers sud de Damas de quelque 4000 civils et jihadistes appartenant au groupe Etat islamique (EI) et au Front Al-Nosra, a été suspendu, un jour après la mort du puissant chef rebelle Zahrane Allouche tué par un raid du régime.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s'est complexifié avec une multiplication d'acteurs, dont des grandes puissances, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Ailleurs en Syrie, au moins 19 personnes ont été tuées lundi et des dizaines blessées dans des attentats qui ont frappé une place centrale du quartier prorégime de Zahra à Homs, selon l'agence officielle Sana.

Deux voitures piégées ont explosé et un kamikaze a fait détoner sa ceinture d'explosifs dans ce quartier à forte population alaouite, la confession de M. Assad, selon la télévision officielle. L'OSDH a avancé un bilan de 32 morts.

Le 12 décembre, un attentat contre ce même quartier (16 morts) avait été revendiqué par l'EI.

«Ces attaques terroristes lâches interviennent en réaction à l'esprit de réconciliation nationale se développant en Syrie», a soutenu le premier ministre Waël al-Halqi.

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