L'EI n'est pas seul à piller le patrimoine syrien

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Selon les données récoltées par ce rapport, environ 26% des sites ont été pillés dans les régions tenues par les Kurdes ou d'autres groupes d'opposition.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
New York

Le groupe État islamique (EI) fait la une des journaux avec ses actions violentes et ses destructions de sites archéologiques, comme à Palmyre, mais il est loin d'être le seul à détruire le patrimoine antique de la Syrie, rapporte une étude mercredi.

Le régime syrien lui-même, mais aussi des groupes d'opposition commettent également de nombreuses destructions, selon un rapport rédigé par un spécialiste d'archéologie du Moyen-Orient de l'université de Dartmouth, dans le nord-est des États-Unis.

Ce document, publié par le journal Near Eastern Archaeology, se base sur l'analyse de données satellites qui montrent 1300 sites archéologiques sur les 8000 environ que compte la Syrie.

L'attention des médias «a conduit à une croyance répandue que le groupe EI est le principal coupable de pillages», indique Jesse Casana, professeur associé à Dartmouth. «Mais en utilisant les images satellites, nos études démontrent que les pillages sont en fait très communs à travers la Syrie».

Selon les données récoltées par ce rapport, environ 26% des sites ont été pillés dans les régions tenues par les Kurdes ou d'autres groupes d'opposition. Environ 21,4% des sites ont été endommagés dans les régions sous contrôle du groupe EI et 16,5% dans les zones tenues par le régime.

Toutefois, si des dégradations mineures sont constatées dans les régions tenues par les Kurdes et autres groupes d'opposition, le groupe EI se livre lui à des destructions majeures, note aussi l'étude: ainsi, 42,7% des dégradations opérées par l'EI peuvent être qualifiées de lourdes, contre 22,9% dans les zones tenues par la régime, 14,3% chez les groupes d'opposition et 9,4% dans les sites sous contrôle kurde.

«Un problème de guerre»

«Le groupe EI est terrible, atroce», dit encore M. Casana à l'AFP. «D'un autre côté des pillages sont constatés à une large échelle dans beaucoup d'autres sites à travers la Syrie».

Des dégradations très importantes ont été effectuées sur des sites archéologiques tenus par le régime, peut-être même par l'armée syrienne elle-même, qui n'ont pas été rapportées.

Le groupe EI s'est livré à des actes de destruction dans de nombreux sites antiques en Syrie et en Irak, notamment dans le prestigieux sanctuaire de Palmyre, tombé aux mains des djihadistes en mai dernier.

En septembre, la chaîne CBS News a raconté l'histoire de contrebandiers vendant des objets pillés pour aider à financer le groupe EI, dont une mosaïque prélevée dans la ville d'Apamée, dans l'ouest de la Syrie.

Jesse Casana précise que cette cité avait d'abord été pillée par les militaires du régime: les dégradations ont commencé en 2012 après que l'armée eut pris possession de la ville, et les dégradations les plus importantes ont été constatées dans la partie du site administrée par le gouvernement.

«L'armée américaine pourrait se débarrasser de tous les djihadistes mais ça ne mettrait pas un terme aux pillages. C'est un problème dû à la guerre, pas au groupe État islamique en lui-même», souligne encore M. Casana.

Ce dernier avait travaillé sur différents sites archéologiques en Syrie avant la guerre, qui a débuté en 2011 et fait plus de 250 000 morts. Il s'est lancé sur ce projet de répertorier les pillages il y a environ un an, grâce à une bourse du département d'État. Il souhaite à présent élargir ses travaux à d'autres sites en Syrie et dans le nord de l'Irak.

«Je pense qu'il est important de savoir ce qui se passe au cours de ce conflit. Je voulais vraiment faire quelque chose. J'ai longtemps travaillé en Syrie, je connais plein de gens là-bas... En utilisant les images satellites au moins on ne peut pas m'accuser de faire de la propagande», conclut-il.

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