L'EI frappe à nouveau une mosquée chiite en Arabie saoudite

Le cousin de l'une des victimes de l'attentat-suicide... (PHOTO AFP/STR)

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Le cousin de l'une des victimes de l'attentat-suicide ayant frappé la mosquée chiite de Dammam, pris sur le lieu du drame, le 29 mai.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Ian Geoffrey TIMBERLAKE
Agence France-Presse
RIYAD

Un attentat-suicide meurtrier a frappé vendredi des fidèles chiites en Arabie saoudite, le deuxième en une semaine à être revendiqué par le groupe djihadiste sunnite État islamique (EI) malgré les mesures de sécurité renforcées.

Au moins trois personnes ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée devant une mosquée chiite à Dammam, dans l'est du royaume à majorité sunnite, a indiqué le ministère de l'Intérieur en soulignant que les forces de sécurité avaient réussi à mettre en échec une attaque plus grave.

«Les autorités ont déjoué un crime terroriste visant les personnes participant à la prière dans la mosquée Al-Anoud de Dammam», la capitale de la Province orientale où se concentre la minorité chiite, a-t-il dit dans un communiqué.

Le kamikaze qui tentait de garer de sa voiture dans le stationnement à proximité de la mosquée, «a détonné sa ceinture d'explosifs quand les responsables de la sécurité se sont dirigés vers lui», a-t-il ajouté.

L'explosion a tué trois personnes et blessé quatre autres, selon lui.

Elle a été revendiquée par l'EI sur Twitter. «Le soldat du califat Abou Jandal al-Jazrawi a réussi à atteindre sa cible malgré les importantes mesures mises en place pour protéger» la mosquée de Dammam, selon une déclaration de l'organisation djihadiste sur Twitter.

«Chasser les chiites»

Le kamikaze «a visé un monument du polythéisme que les Rafida (en référence aux chiites) ont construit sur une zone sunnite», écrit l'EI.

Selon un témoin, Nassima al-Sada, le kamikaze s'est fait exploser après que des membres volontaires des forces de sécurité ont voulu l'empêcher de pénétrer dans la partie de la mosquée réservée aux femmes.

La mosquée avait été était interdite aux femmes ce vendredi, pour des questions de sécurité après une précédente attaque contre une mosquée chiite la semaine dernière, a-t-elle ajouté.

Le 22 mai, un kamikaze de l'EI a commis un attentat lors de la prière musulmane hebdomadaire dans une mosquée chiite à Qatif, également dans la Province orientale faisant 21 morts et blessant une centaine de personnes.

C'était la première attaque revendiquée sur le sol saoudien par le groupe ultra-radical sunnite, qui sévit notamment en Irak et en Syrie.

Responsable d'attentats dans plusieurs pays arabes, l'EI qui exècre la communauté chiite avait alors menacé de «chasser les chiites de la péninsule arabique».

L'attentat du 22 mai, commis par un Saoudien lié à l'EI selon Riyad, était l'attentat le plus sanglant dans le royaume depuis la vague d'attentats d'Al-Qaïda entre 2003 et 2006.

Il a provoqué une onde de choc dans la société saoudienne, alors que les tensions confessionnelles sont déjà palpables sur les réseaux sociaux et dans le discours de certains religieux hostiles aux chiites.

L'attentat avait été condamné par le roi saoudien Salmane qui a promis que justice serait faite et que les auteurs recevraient «la punition qu'ils méritent».

Appels à davantage de protection

Après cette attaque, des résidants de la région avaient organisé des comités de sécurité pour fouiller les personnes qui entrent dans les moquées pendant les prières.

De nombreux habitants avaient alors dit craindre la répétition de tels attentats si rien n'était fait pour contrer «les discours de haine» contre les chiites sur les réseaux sociaux. Certains avaient en outre déploré le peu de protection fournie à leurs lieux de culte.

La minorité chiite se concentre dans l'est de l'Arabie saoudite, riche en pétrole, et se plaint de discrimination. Cette région a été secouée par un mouvement de contestation, dans le sillage du Printemps arabe en 2011, qui a fait une vingtaine de morts.

Ces attaques sur le sol saoudien ont eu lieu malgré les mesures de sécurité préventives motivées notamment par la participation de Riyad aux raids contre l'EI en Syrie et sa campagne aérienne, au sein d'une coalition arabe, contre les rebelles chiites au Yémen voisin.

Les autorités saoudiennes ont multiplié ces derniers mois les arrestations d'extrémistes sunnites soupçonnés de planifier des attaques pour «attiser les tensions confessionnelles».

L'EI, en dépit de son hostilité profonde aux chiites, affirme que l'Arabie saoudite s'est engagée au Yémen pour l'unique raison de faire plaisir aux Occidentaux.

«Leur guerre n'est rien d'autre qu'une tentative de se faire valoir vis-à-vis de leurs maîtres parmi lesquels les juifs» et les Occidentaux, a clamé le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, dans un message audio le 14 mai.

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