Chute de Ramadi: à qui la faute?

Un soldat irakien en plein combat contre des... (PHOTO AHMAD AL-RUBAYE, ARCHIVES AFP)

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Un soldat irakien en plein combat contre des éléments du groupe armé État islamique dans le district de Garma, dans la province d'Al-Anbar, à l'ouest de Bagdad, le 19 mai.

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Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jean Marc MOJON
Agence France-Presse
BAGDAD

La Maison-Blanche a tenté d'apaiser lundi les tensions avec Bagdad, après les critiques portées par le secrétaire à la Défense sur l'armée irakienne, accusée d'un «manque de volonté» face aux djihadistes de l'État islamique (EI).

En Syrie, les combats se sont poursuivis autour de Palmyre après sa conquête par l'EI, qui a exécuté plus de 200 soldats et civils dans le centre du pays ces derniers jours selon une ONG.

Alors que l'EI s'est emparé le 17 mai de la ville clé de Ramadi, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter avait regretté dimanche sur CNN que l'armée irakienne n'ait «pas montré de volonté de se battre».

«Je suis surpris par ce qu'il a dit [...] Je suis sûr qu'il a reçu des informations inexactes», avait rapidement réagi le premier ministre irakien Haider al-Abadi sur la BBC.

Face à cette polémique, le vice-président américain Joe Biden a téléphoné lundi à M. Abadi pour rendre hommage à l'armée irakienne, reconnaissant «le courage et l'énorme sacrifice de [ses] soldats» face au groupe djihadiste, selon la Maison-Blanche. Il a aussi réaffirmé «le soutien des États-Unis au combat du gouvernement irakien contre» l'EI.

La chute de Ramadi, chef-lieu de la province d'Al-Anbar situé à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, a soulevé des questions sur la stratégie non seulement du gouvernement Abadi mais aussi de son allié américain.

Plus de 3000 raids aériens de la coalition internationale menée par Washington n'ont en effet pas empêché l'EI de continuer à renforcer son «califat» proclamé sur un vaste territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie.

Les États-Unis «n'ont rien fait»

La critique la plus vive est venue d'Iran où l'influent général Ghassem Souleimani a déclaré que les États-Unis n'avaient «rien fait» pour aider l'armée irakienne à Ramadi.

«M. [Barack] Obama, quelle est la distance entre Ramadi et la base al-Assad où les avions américains sont basés? Comment pouvez-vous vous installer là-bas sous prétexte de protéger les Irakiens et ne rien faire? Ceci n'est pas autre chose que d'être complice d'un complot», a déclaré le chef de la force Qods chargée des opérations extérieures de l'armée d'élite du régime.

Al-Assad est une base où sont stationnés des conseillers américains à une centaine de kilomètres de Ramadi.

«Pour lutter» contre l'EI, «il n'y a que la République islamique», a lancé le général Souleimani, qui a été actif en Irak, notamment lors de la reprise fin mars de Tikrit (nord) par l'armée et les milices irakiennes selon des médias iraniens.

Pour l'expert irakien Ahmed Ali, les critiques de M. Carter sont «surprenantes et sont susceptibles de peser sur le moral des forces de sécurité irakiennes», déjà affectées par les récents revers face à l'EI.

Après la débâcle de Ramadi, M. Abadi a fait appel aux puissantes milices chiites, jusque-là tenues à l'écart d'Al-Anbar pour éviter de s'aliéner la population majoritairement sunnite, et promis que la ville serait reprise «bientôt».

Les forces gouvernementales, renforcées par des tribus sunnites et des miliciens chiites, sont parvenues à reprendre ces derniers jours une partie du territoire perdu à l'est de Ramadi.

Intenses raids sur Palmyre

Et lundi, les forces irakiennes poursuivaient leur contre-attaque dans les environs de Ramadi, en attendant de lancer une vaste offensive pour chasser les djihadistes la ville.

En Syrie, l'armée de l'air du régime a mené lundi d'intenses raids sur la cité de Palmyre et sa banlieue, prise jeudi par les djihadistes de l'EI. Une source militaire a fait d'état de «plus de 160 objectifs» de l'EI visés.

Mais malgré ces frappes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'EI a continué d'avancer en direction de Damas, s'emparant, à 70 km au sud de Palmyre, des mines de phosphates de Khnaifess, les deuxièmes plus importantes du pays.

«Avec la suspension des exportations de pétrole, les phosphates représentaient l'une des dernières sources de revenus de l'État», selon l'hebdomadaire économique en ligne Syria Report.

Depuis qu'il s'est emparé il y a neuf jours d'une partie de la province de Homs qui inclut Palmyre, l'EI a exécuté au moins 217 personnes, dont 150 soldats, a rapporté l'OSDH. Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, a parlé de 450 civils tués par l'EI, en majorité des femmes et des enfants.



Intenses raids sur Palmyre

En Syrie, l'armée de l'air du régime a mené lundi d'intenses raids sur la cité antique de Palmyre et sa banlieue, prise jeudi par les djihadistes de l'EI. Une source militaire a fait état de «plus de 160 objectifs» de l'EI visés.

Mais malgré ces frappes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme(OSDH), l'EI a continué d'avancer en direction de Damas, s'emparant, à 70 km au sud de Palmyre, des mines de phosphates de Khnaifess, les deuxièmes plus importantes du pays.

«Avec la suspension des exportations de pétrole, les phosphates représentaient l'une des dernières sources de revenus de l'État», selon l'hebdomadaire économique en ligne Syria Report.

Depuis qu'il s'est emparé il y a neuf jours d'une partie de la province de Homs qui inclut Palmyre, l'EI a exécuté au moins 217 personnes, dont 150 soldats, a rapporté l'OSDH. Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, a parlé de 450 civils tués par l'EI, en majorité des femmes et des enfants.

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