Washington doute de «la volonté de se battre» des Irakiens contre l'EI

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Depuis le début de l'offensive de l'EI en Irak en juin 2014, l'armée irakienne est accusée régulièrement de fuir devant l'ennemi - par manque de moyens affirment les soldats.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jean Marc MOJON, Anne RENAUT
Agence France-Presse
BAGDAD, Washington

L'armée irakienne n'a «pas montré de volonté de se battre» pour défendre la ville clé de Ramadi contre les djihadistes, a dénoncé dimanche le ministre américain de la Défense, en appelant les Irakiens et les tribus sunnites à «porter la victoire».

Les bombardements aériens de la coalition internationale menée par les États-Unis «sont efficaces mais (...) rien ne peut remplacer la volonté des forces irakiennes de se battre», a déclaré Ashton Carter sur CNN.

A Ramadi, situé seulement à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad et tombé il y a une semaine aux mains du groupe extrémiste sunnite État islamique (EI), les soldats irakiens «dépassaient largement en nombre les forces opposées» mais «ils ne sont pas parvenus à se battre» et «se sont retirés de la zone», a regretté le chef du Pentagone.

Il a défendu la stratégie des États-Unis qui ont mené, avec les autres pays de la coalition, quelque 3.000 frappes aériennes sur l'Irak et la Syrie depuis août 2014.

«Mais si nous leur fournissons un entraînement, des équipements et de l'aide, j'espère qu'ils se mettront à vouloir se battre parce que c'est seulement s'ils combattent que l'EI peut être vaincu», a fait valoir M. Carter.

A Doha, le ministre qatari des Affaires étrangères, Khaled Al-Attiya, a nié un échec de la campagne aérienne contre l'EI, mais a concédé que l'action militaire ne suffisait pas pour venir à bout du groupe djihadiste. Il a ainsi appelé «à renforcer et à hâter le dialogue en Irak» et «à trouver un moyen pour sauver le peuple syrien, pris entre la tyrannie du régime et la brutalité des terroristes».

L'EI contrôle la frontière 

Les djihadistes ont continué à avancer ce week-end, prenant dimanche à l'aube le contrôle total du poste-frontière d'Al-Walid entre la Syrie et l'Irak, quelque 72 heures après la prise de son pendant syrien, Al-Tanaf. L'EI s'assure de fait le contrôle de deux routes principales reliant l'immense province irakienne d'Al-Anbar à la Syrie.

Cette dernière victoire survient une semaine après la prise de Ramadi, chef-lieu d'Al-Anbar, et quelques jours après celle de Palmyre, cité antique du désert syrien inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, deux des plus importants succès des djihadistes depuis un an.

A l'aube, deux kamikazes ont attaqué Al-Walid «depuis le côté syrien», a affirmé Marwan al-Hadithi, un garde-frontière. «Nous avons essayé de leur tirer dessus à la mitrailleuse, mais ils étaient très lourdement armés (...) On connaît leur méthode. Ils commencent par des voitures piégées, puis ils entrent», a-t-il précisé à l'AFP depuis le poste-frontière de Trebil, avec la Jordanie, où il s'est retranché.

«Nous avions décidé que nous ne resterions qui si des renforts arrivaient, et que nous nous retirerions à la première attaque sinon», a-t-il ajouté, en précisant que son unité avait demandé des renforts à plusieurs reprises.

Depuis le début de l'offensive de l'EI en Irak en juin 2014, l'armée irakienne est accusée régulièrement de fuir devant l'ennemi - par manque de moyens, affirment les soldats.

Renforcée par des tribus sunnites et des miliciens chiites, elle est néanmoins parvenue à reprendre samedi Houssayba, à 7 km à l'est de Ramadi.

Des responsables à Haditha, dernière grande ville d'Al-Anbar aux mains du gouvernement, ont affirmé que l'EI avait exécuté la nuit passée 16 commerçants transportant des produits alimentaires sur une route reliant Baïji, au nord de Bagdad.

Sauver Palmyre «pour l'humanité» 

En Syrie, la prise le 21 mai de Palmyre pourrait permettre aux djihadistes de lancer des attaques contre Damas et Homs, troisième ville du pays, estiment des experts.

La sauver devrait constituer une «bataille pour l'Humanité tout entière», a estimé au Caire la mosquée-université d'Al-Azhar, l'une des institutions les plus influentes de l'islam sunnite.

Selon l'agence de presse officielle syrienne Sana, l'EI a exécuté 400 personnes à Palmyre, «en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées».

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation non gouvernementale, a pour sa part déclaré que 217 personnes, dont des civils, avaient été exécutées par l'EI en neuf jours dans la province de Homs, où se situe Palmyre.

Par ailleurs, dans la province d'Alep (nord) un hélicoptère de l'armée s'est écrasé, l'EI affirmant l'avoir abattu alors que la télévision officielle syrienne évoquait une «panne technique».

Au Liban, le chef du Hezbollah chiite, Hassan Nasrallah, a annoncé, pour la première fois, que sa formation combattait désormais partout en Syrie aux côtés de l'armée syrienne et appelé à l'union sacrée dans la région contre le «danger existentiel» que représente à ses yeux l'EI.

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