Nouvelles frappes à Kobané, l'Irak priorité de Washington

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Le général Lloyd Austin, chef du Commandement militaire américain chargé de la région

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Fulya OZERKAN, Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
MURSITPINAR et BEYROUTH

La coalition internationale continue de frapper les jihadistes de l'État islamique à Kobané en Syrie, mais la priorité de Washington reste de combattre l'EI en Irak, où les forces de sécurité ont lancé vendredi deux offensives.

Les forces gouvernementales ont ainsi attaqué les jihadistes à Ramadi, à l'ouest de Bagdad, et au nord de Tikrit, ville tenue par les jihadistes depuis plus de quatre mois.

Devenue le symbole de la lutte contre l'EI, la cité kurde de Kobané a de nouveau été vendredi le théâtre de combats acharnés entre les forces kurdes et le groupe extrémiste sunnite.

Le général Lloyd Austin, chef du Commandement militaire américain chargé de la région (Centcom), qui supervise la campagne de frappes aériennes en Irak et en Syrie, a évoqué «des signes encourageants» après la centaine de raids menée depuis fin septembre autour de cette ville située à la frontière turque.

«Nous voyons les Kurdes se battre et regagner du terrain», s'est-il félicité, tout en tempérant tout excès d'optimisme, car il est encore tout à fait possible, selon lui, que la ville tombe aux mains des jihadistes.

D'après un responsable sur place, Anwar Moslem, la coalition, qui a mené de nouveaux raids vendredi, «a détruit beaucoup de véhicules et des pièces d'artillerie de l'EI. On voit les corps des combattants (de l'EI) dans les rues». «Nos forces renforcent de leur côté leurs positions défensives (...) mais le danger est encore là.»

Civils bloqués

Dans la journée, les jihadistes, qui contrôlent la moitié de la ville, ont lancé des attaques dans l'est et près du centre de Kobané tandis que la principale milice kurde, les YPG (Unités de protection du peuple), a mené des assauts dans le sud-ouest, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les combats à Kobané ont fait en un mois près de 700 morts et poussé à la fuite des centaines de milliers d'habitants de la région, selon l'ONG, qui s'appuie sur un large réseau d'informateurs et de militants sur le terrain.

En raison des tireurs embusqués de l'EI, les forces kurdes n'arrivent pas à évacuer les civils bloqués à l'intérieur de la cité, selon Anwar Moslem. Mais d'après l'OSDH, un grand nombre refuse de toute façon de partir, «préférant mourir dans leur ville plutôt que de s'exiler».

Prendre Kobané permettrait à l'EI, qui multiplie les exactions dans les zones sous son contrôle en Syrie et en Irak, de renforcer son emprise sur une longue bande continue de frontière syro-turque.

L'EI, qui a pris trois aéroports militaires depuis le début de l'année en Syrie, a fait voler trois avions saisis à l'armée du régime, grâce à l'aide de pilotes de l'ex-armée irakienne, d'après l'OSDH.

L'ONG a par ailleurs indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées dans des raids aériens du régime syrien contre la ville rebelle de Douma, près de Damas.

«Améliorer les choses en Irak»

Malgré l'engagement des États-Unis contre l'EI en Syrie, le général Lloyd Austin a souligné que l'Irak était la «priorité» de Washington et devait «le rester».

«Ce que nous faisons en ce moment en Syrie est fait avant tout pour améliorer les choses en Irak», a-t-il dit, évoquant la volonté de perturber ainsi les lignes d'approvisionnement de l'ennemi.

Appuyées par des frappes aériennes de la coalition, les forces irakiennes sont passées vendredi à l'offensive pour «libérer des zones au nord de la ville de Tikrit», à 160 km au nord de Bagdad, selon un responsable local.

Les forces de sécurité ont par ailleurs attaqué les jihadistes dans trois secteurs de Ramadi, ville qu'elles contrôlent partiellement, et ont repoussé un assaut dans le nord de la cité, selon un responsable provincial.

Ramadi est le chef-lieu d'une province, celle d'Al-Anbar (ouest), qui est désormais à 85% aux mains de l'EI.

Les États-Unis ont exclu l'envoi de troupes au sol pour combattre les jihadistes et cherchent à renforcer l'armée et les forces kurdes en Irak, ainsi que la rébellion et les Kurdes en Syrie.

Mais selon le général Austin, il faudra un certain temps avant que l'armée irakienne ne soit en mesure de mener d'importantes offensives pour reprendre le terrain perdu depuis le début de l'année.

Si la capitale irakienne est encore hors de portée des jihadistes, selon Washington, elle a néanmoins encore été frappée vendredi par trois attentats à la voiture piégée, qui ont fait 23 morts.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont condamné unanimement le «cercle vicieux» des attaques perpétrées par l'EI à Bagdad et dans ses environs.

Le Conseil a également appelé la communauté internationale à intensifier le soutien au gouvernement irakien et à ses forces de sécurité dans leur lutte contre les combattants islamistes.

Le Canada a fait savoir que ses six avions de chasse engagés contre l'EI en Irak seraient opérationnels début novembre.

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