Pistorius doit aller en prison «pour payer»

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Kim Martin, cousine de la victime Reeva Steenkamp, est réconfortée par la mère de cette dernière, lors de l'énoncé du verdict, au tribunal de Pretoria, le 12 septembre.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

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Claudine RENAUD, Stéphanie FINDLAY
Agence France-Presse
PRETORIA

Oscar Pistorius «doit payer pour ce qu'il a fait» et aller en prison dès lors que sa sécurité y est assurée, a réclamé jeudi la famille de sa victime, estimant qu'une peine légère enverrait un message laxiste à toute l'Afrique du Sud.

«Je pense qu'il faut envoyer comme message à la société qu'on n'a pas le droit de faire ça et s'en tirer comme ça», a dit Kim Martin, la cousine chérie de Reeva Steenkamp, d'une voix étranglée par l'émotion, toujours au bord des larmes.

Selon elle, les excuses présentées au procès par le champion handisport sud-africain ne lui ont «pas paru sincères».

«Je pense vraiment que M. Pistorius doit payer pour ce qu'il a fait», a-t-elle répété, au lendemain d'un hommage poignant à sa cousine, jeune top-modèle de 29 ans abattue de quatre balles à travers une porte de toilettes alors qu'elle passait la nuit du 14 février 2013 chez Pistorius.

Le champion handisport sud-africain, héros des Jeux olympiques de Londres 2012 où il avait couru sur ses prothèses parmi les valides, a été reconnu coupable d'homicide involontaire, affirmant avoir voulu neutraliser un cambrioleur.

La juge Thokozile Masipa a toute latitude pour lui imposer une amende ou du sursis, comme le suggère la défense depuis la reprise des audiences lundi.

«Ma famille n'est pas de ceux qui veulent vengeance. On pense simplement que prendre la vie de quelqu'un, tirer derrière une porte sur quelqu'un qui n'est pas armé, inoffensif, mérite une sanction suffisante», a cependant insisté la cousine de Reeva.

«J'étais très inquiète tant que j'ai crû que les conditions en prison seraient mauvaises pour lui. Mais j'ai découvert que son processus de réhabilitation en prison serait humain et protégerait sa dignité d'être humain», a-t-elle ajouté.

«Tout le monde a souffert ici», a-t-elle continué, incluant la famille du champion.

Elle a souligné qu'une peine légère «favoriserait la criminalité» dans un pays dont c'est le principal problème de société, avec 47 homicides par jour en moyenne.

Prison médicalisée

Parant aux arguments de la défense qui affirme que Pistorius serait «brisé» en prison et mal suivi médicalement, la poursuite a ensuite fait témoigner un haut responsable de l'administration pénitentiaire Zacharia Modise.

«Je peux confirmer en toute confiance que si le tribunal, à n'importe quel moment, décide qu'il doit aller en prison, il y a des établissements où nous pouvons incarcérer et accueillir l'accusé», a déclaré ce haut fonctionnaire.

Il n'a pas caché l'existence de «problèmes», l'Afrique du Sud démocratique ayant hérité de l'apartheid de bâtiments très vieux, conçus principalement pour enfermer, sans le souci à l'époque de réhabiliter les détenus.

Beaucoup de prisons manquent de gardiens, et l'État est régulièrement accusé de ne pas en faire assez pour garantir la sécurité des détenus en prison, notamment là où les gangs font la loi.

Mais les prisons - plus de 230 - ne sont pas toutes les mêmes, a souligné le procureur Gerrie Nel qui a laissé entendre que l'aile médicalisée de la prison centrale de Pretoria «Kgosi Mampuru» ferait parfaitement l'affaire.

«Y a-t-il des cellules individuelles?», a-t-il demandé. «Oui, avec toilettes, un lit avec un matelas, une couverture, des draps et un oreiller», a répondu le responsable pénitentiaire. «Et un placard individuel?», a relancé le procureur Gerrie Nel. «Oui», a certifié M. Modise.

«Nous pouvons assurer que ses droits fondamentaux sont respectés, et concernant sa santé, il peut être pris en charge correctement», a-t-il dit, avant que l'avocat de Pistorius, Barry Roux, ne lui jette à la figure les cas de tortures en prison, de douches aux portes cassées ou encore, l'absence de baignoires.

«Votre honneur, j'affirme qu'il y a des baignoires dans notre unité médicalisée», a rétorqué M. Modise. «Il n'y a pas de baignoires pour les détenus normaux».

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